La renaissance de The Handmaid's Tale | Eponine & Azelma

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« The Handmaid’s Tale » : la série événement adaptée du roman de Margaret Atwood, le propulse en tête des ventes

Le 4 mai dernier, la plate-forme de VOD Hulu, annonçait le renouvellement pour une seconde saison de The Handmaid’s Tale, leur nouvelle série à succès. A peine une semaine après que le premier épisode a été mis en ligne, les fans ont donc pu être rassurés sur l’avenir de ce petit chef d’oeuvre.

Une précipitation de la part des producteurs, qui en dit long sur l’engouement qu’a suscité The Handmaid’s Tale depuis sa mise en ligne.

Il faut dire que la série est adaptée d’un livre qui a connu un succès mondial et dont les ventes ne font que croître, trente ans après sa parution.

 

De quoi ça parle ?

En 1985, la romancière canadienne Margaret Atwood publie The Handmaid’s Tale (VF: « La Servante Ecarlate » traduit par Sylviane Rué en 1987, éd. Robert Laffont), roman d’anticipation, et point d’orgue de sa longue carrière d’écrivain. Trente ans plus tard, le livre est devenu une référence et connaît une seconde jeunesse : d’une part grâce à l’actualité, et les mesures anti-féministes prises par Donald Trump, et d’autre part grâce à son adaptation en une excellente série TV (prévue bien avant l’élection de Donald Trump).

 

La série, disponible sur Hulu, est diffusée depuis fin avril en version originale. Elle sera visible en France sur OCS Max à partir du 27 juin prochain. Au casting on retrouve entre autres Elisabeth Moss, Samira Wiley, Joseph Fiennes, ou Alexis Bledel.

 

L’adaptation, créée par Bruce Miller, reprend exactement la trame du livre : une vision dystopique et tyrannique d’un monde ou la religion a fini par dominer la politique. Les personnages évoluent dans une société totalitaire et machiste, au taux de natalité très bas, dénommée la République de Gilead. Les hommes y occupent essentiellement des positions de pouvoir, et les femmes sont déchues de leurs droits de citoyennes. Celles-ci sont considérées comme des moins que rien et reléguées à trois fonctions : Epouse (femme mariée), Martha (femme de ménage) , ou Servante (reproductrice). Toutes les autres sont tuées ou déportées.

Offred a été séparée de son mari et de sa fille, pour servir de reproductrice à une famille de bourgeois. C’est elle qui nous raconte son histoire, sa vie, et le quotidien des femmes sous le régime violent qui a été mis en place à Gilead.

Elisabeth Moss (dans le rôle de Offred) – The Handmaid’s Tale

La série a été extrêmement bien accueillie par les critiques et le public : c’est l’une des plus grosses productions de la plate-forme Hulu. L’esthétique, la réalisation, l’histoire qui résonne différemment depuis la Marche des Femmes au lendemain de l’élection de Trump… un faisceau d’éléments réussis qui lui assurent un succès assourdissant. La série est néanmoins très violente, à l’image du roman, et certaines scènes sont difficiles à supporter.

Le hasarda a voulu que cette série sorte alors même que l’actualité remet en lumière le livre de Margaret Atwood, une double raison de s’intéresser au texte original.

 

L’histoire d’un best-seller

Le roman a toujours été perçu comme un symbole de résistance : il a d’ailleurs été écrit en plein Berlin Ouest, où vivait l’auteur dans les années 80. Margaret Atwood s’est donc inspirée des régimes totalitaires, de la privation de libertés et de l’oppression pour inventer la République de Gilead. L’invention d’un monde sans pitié pour les femmes, mais qui reste crédible de par ses repères familiers, et ses métaphores, était inédit dans le registre de la dystopie et de la science-fiction. A sa sortie il fut même comparé à 1984 de George Orwell ou encore au Brave New World de Aldous Huxley.

The Handmaid’s Tale – Margaret Atwood

Le texte cinglant de The Handmaid’s Tale lui valut d’ailleurs le prix Arthur C. Clarke en 1987 (prix anglo-saxon récompensant le meilleur roman de science-fiction), et une nomination dans bon nombre d’autres récompenses.

Le mélange entre le puritanisme américain (ambiance chasse aux sorcières de Salem), et le régime dictatorial, le tout soupoudré de féminisme, en firent un best-seller et une référence.

 

Le succès de ce livre ne se dément pas aujourd’hui au contraire : l’actualité l’a fait repartir de plus belle dans le circuit des meilleures ventes ! Les prises de position très misogynes de Donald Trump ont fait ressurgir l’appréhension d’un monde où les femmes verraient leurs droits supprimés. Parmi les décisions anti-féministes du Président des Etats-Unis on compte la restriction des fonds alloués aux organismes d’aide à l’avortement, ou la limitation de la prise en charge des frais de contraception par les entreprises.

Un recul des droits des femmes qui a immédiatement donné envie aux connaisseurs de se re-plonger dans l’histoire de la République de Gilead, et de le recommander autour d’eux.

D’ailleurs en mars dernier, deux projets de loi visant à restreindre le droit à l’avortement ont été votés au Sénat du Texas : des activistes texanes s’étaient alors déguisées en « servantes écarlates » afin de dénoncer ces textes (photo ci-dessous).

Activistes texanes défendant le droit à l’avortement au Sénat du Texas en mars dernier

Comme avec 1984 de George Orwell, ou encore It Can’t happen Here de Sinclair Lewis, les anglo-saxons ont remis en lumière The Handmaid’s Tale,  pour combattre les idées régressives de Donald Trump et illustrer un futur incertain et lugubre. malgré son manque de culture, il contribue quelque part, à la bonne santé des classiques anglo-saxons !

La série TV vient donc s’ajouter aujourd’hui à la liste des raisons qui font de The Handmaid’s Tale un livre à relire, en gardant en tête que tout est possible, que les catastrophes se renouvellent éternellement et que pour les prévenir, rien de mieux que d’en mesurer les conséquences éventuelles, grâce à la littérature et aux grands écrivains.

 

Happy reading 😉 !

 

 

 

 

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