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The Power by Naomi Alderman
Prix

« The Power » par Naomi Alderman remporte le Baileys Women’s Prize For Fiction 2017

Nous connaissons enfin le nom de la gagnante du Baileys Women’s Prize For Fiction 2017 : il s’agit de la britannique Naomi Alderman avec The Power, livre publié par les édictions Viking. C’est la première fois qu’un ouvrage de science-fiction remporte le prix.

Elle a été couronnée le 7 juin dernier au Royal Festival Hall, Southbank Centre à Londres, et a reçu un joli chèque de 30.000 £, des mains de Tessa Ross, présidente du jury de l’édition 2017. Cette dernière a déclaré que le jury a eu beaucoup de mal à se décider , et ne cessait de revenir à The Power. Cette dystopie féministe les a conquis, et ils ont salué les « grandes idées » et « l’imagination fantastique » de Naomi Alderman. Ils ont perçu « l’urgence et la résonance » qui émanent de cette fiction, et ont prédit que ce livre deviendrait un « classique du futur« .

Naomi Alderman remporte le Bailey’s Women’s Prize for Fiction 2017 pour son roman « The Power » (Photo de John Phillips/Getty Images For Baileys)

 

 

J’avais rédigé un article il y a quelques mois pour vous présenter la shortlist , et The Power faisait partie de mes favoris, malgré quelques réserves au sujet du caractère un peu « jeunesse » de ce roman que je trouvais un peu trop calibré comme une série tv pour adolescent.

 

Le pitch est le suivant : plusieurs femmes ou adolescentes à travers le monde, se réveillent un matin avec un pouvoir ; l’électricité jaillit de leurs mains et leur permet de tuer, de blesser, de détruire, donc d’être extraordinairement puissantes. L’auteur nous fait suivre quatre personnages en particulier : Roxy, fille de mafieux londoniens, Tunde, étudiante en journalisme qui vit à Lagos, Allie une jeune femme américaine au lourd passé familial, et enfin Margot, femme politique américaine dont l’ambition se trouve décuplée grâce à son nouveau pouvoir.

Ce pouvoir contamine de plus en plus de femmes, et le phénomène commence à faire peur aux hommes. L’équilibre s’inverse donc dans la société : les hommes sont obligés de se cacher, de ne pas faire de vague, de raser les murs, ils deviennent vulnérables. Les femmes possèdent donc le « pouvoir » dans tous les sens du terme : elles s’imposent comme le sexe fort grâce à ces nouvelles facultés.

 

Naomi Alderman questionne ici la capacité des lecteurs à s’imaginer ce que serait un monde si la violence émanait essentiellement des femmes, et ce qu’elles feraient de cette opportunité. Puisque l’on suppose toujours que les hommes sont à l’origine des guerres et des phénomènes violents, que se passerait-il si le pouvoir s’inversait ? Comment les genres influent-ils sur la perception que l’on a de l’origine de l’agressivité et de la férocité chez les humains ? 

Qui possède vraiment le pouvoir et que doit-on en faire, lorsqu’il se retrouve (littéralement) entre nos mains ?

 

Voilà toutes les questions qui se retrouvent au coeur du roman : comme je l’avais déjà expliqué sur le blog, j’ai beaucoup aimé le côté « science-fiction féministe » de ce roman. Sans pourtant se situer dans un environnement totalement fictif, puisque tout se passe dans ce monde-ci, dans notre quotidien, il arrive à mélanger dystopie et réalité. Le roman est une métaphore entière de la société patriarcale dans laquelle nous vivons plus ou moins. Et le déroulé des événements, même s’il est complètement imaginaire, permet de comprendre comment la puissance d’un groupe peut oppresser le reste du monde. Et souvent le reste du monde ce sont les femmes.

Naomi Alderman, gagnante du Baileys Women’s Prize for Fiction 2017 – Royal Festival Hall, le 7 juin 2017, London, England. (Photo de Tabatha Fireman/Getty Images For Baileys)

 

Sans être spécialement féministe, je trouve que The Power tombe à point nommé pour essayer de comprendre les combats des femmes aujourd’hui, et pour visualiser les conséquences que peuvent causer la concentration et la possession du pouvoir entre les mains de personnes peu scrupuleuses.

Ce prix arrive néanmoins dans un contexte particulier : comme je le décrivais dans mon précédent article sur The Handmaid’s Tale de Margaret Atwood revenu en tête des ventes ces derniers jours, la mode est au combat par le livre. Nous vivons dans un monde de plus en plus dur à l’égard des minorités, et lorsque les grandes puissances occidentales, tels que les Etats-Unis, se mettent à réduire des droits chèrement acquis par les femmes, les lecteurs se tournent vers la science-fiction et les dystopies pour essayer de comprendre.

“my life would be more possible with the women’s movement existing and no running water than the other way around … And I suppose one of the things the book is about is that the support and the power of other women has been more vital to me than electricity.” (Naomi Alderman, lors de son discours à la réception de son prix, le 7 juin dernier).

“ma vie me semblerait plus supportable avec le féminisme et sans eau courante que l’inverse… Et ce que dit mon livre c’est que le soutien et le pouvoir des femmes m’est bien plus vital que l’électricité. » (Naomi Alderman, lors de son discours à la réception de son prix, le 7 juin dernier).

 

Si l’idée du livre est géniale, et le côté « thriller » très prenant, je déplore juste le côté un peu simplet du déroulement de l’action : les chapitres sont assez courts, et l’on saute vite d’un personnage à un autre ; et j’aurais aimé que les protagonistes soient un peu plus développés. 

c’est un roman très « télévisuel » qui est d’ailleurs en phase de développement pour une adaptation en feuilleton : il est actuellement entre les mains de Sister Pictures, la société de production à l’origine de la série à succès Broadchurch.

 

Naomi Alderman est une habituée des récompenses littéraires et est déjà un écrivain accompli : elle a publié trois autres romans, reçu l’Orange Award for New Writers (qui n’existe plus aujourd’hui) en 2006 pour son premier livre Disobedience (VF: « La désobéissance » traduit par Hélène Papot, éd. de L’Olivier) et le Sunday Times Young Writer of the Year Award.

Félicitations donc à Naomi, mais aussi aux 5 autres nommées de cette année ! Vous pouvez retrouver la shortlist de l’édition 2017 ici si vous souhaitez lire toute la sélection !

 

Happy reading 😉 !

Les nommées au Bailey’s Prize 2017 (de gauche à droite et sans C.E Morgan pour The Sport Of Kings, qui n’était pas présente à la remise du prix) : Naomi Alderman, avec »The Power », Linda Grant, avec « The Dark Circle », Ayobami Adebayo, avec « Stay With Me », Gwendoline Riley, avec « First Love » et Madeleine Thien, avec « Do Not Say We Have Nothing » – Royal Festival Hall, Londres, 7 juin 2017. (Photo de John Phillips/Getty Images For Baileys)

Prix

Baileys Women’s Prize For Fiction 2017 : la shortlist

On connaît enfin les 6 romans nommés pour le Baileys Women’s Prize For Fiction 2017 ! Ils ont été révélés lundi soir et si le choix fût difficile pour le jury, il a pu en surprendre quelques-uns, moi compris!

La liste

Sans plus attendre voici la liste des sélectionnés :

Stay With Me par Ayọ̀bámi Adébáyọ̀̀  (éd. Canongate, Nigérianne)

The Power par Naomi Alderman (éd. Viking, Britannique)

The Dark Circle par Linda Grant (éd. Virago, Britannique)

The Sport of Kings par C.E. Morgan (éd. 4th Estate, Américaine)

First Love par Gwendoline Riley (éd. Granta, Britannique)

Do Not Say We Have Nothing par Madeleine Thien (éd. Granta, Canadienne)

 

Baileys Women’s Prize Prize For Fiction 2017 -Shortlist

 

 

Je vous avais parlé de la longlist ici  et les 16 nommés avaient ravi tout le monde. Cette sélection était particulièrement formidable. Le choix final ne pouvait donc décevoir personne, mais il est surprenant à plus d’un titre.

Plusieurs romans sortis de cette liste avaient pourtant fait l’unanimité chez les critiques, et dans les librairies : il s’agit plus précisément de The Essex Serpent (Sarah Perry), The Lesser Bohemians (Eimear McBride), ou encore de Hag-Seed (Margaret Atwood).

Ces trois-là ne sont donc pas sélectionnés au grand étonnement de tous ! Mais qu’importe ils ont déjà remporté quelques prix et ont été nommés à plusieurs autres prix.

D’autres ont été conservés dans la shortlist alors qu’ils n’étaient pas forcément attendus comme The Sport of Kings (C.E. Morgan), ou encore Do Not Say We Have Nothing (Madeleine Thien), le premier pour son sujet pas forcément grand public (une saga familiale d’élevage de chevaux de courses), le second car il a déjà été nommé pour la longlist du Man Booker Prize 2017 et n’avait pas été sélectionné dans la shortlist.

Cela laisse finalement de la place aux romans dont on a moins entendu parler cette année.

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Prix

Baileys Women’s Prize For Fiction 2017 : la « longlist »

Ce 8 mars est la Journée Internationale des Droits des Femmes ; et si on vous parle de féminisme ou d’égalité salariale dans la plupart des médias, sur ce blog je vais vous parler de littérature féminine, avec l’annonce de la 1ère sélection du Baileys Women’s Prize For Fiction !

Ce prestigieux prix féminin, annonce tous les ans sa « longlist » autour du 8 mars, c’est donc une tradition ; mais loin d’être un prix  féministe, le Baileys récompense n’importe quelle oeuvre de fiction, rédigée en anglais par une femme, et sortie entre le 1er avril de l’année précédente et le 31 mars de l’année en cours. Je vous en avais expliqué tous les détails dans cet article il y a quelques mois.

Cette année les juges avaient annoncé 12 nommées, au final il y en a 16 ! Signe que la littérature féminine anglo-saxonne se porte bien et que le choix fût difficile.

La longlist a été annoncée à 00h01, heure anglaise, donc 01h01, heure française et je suis, bien sûr, restée éveillée car c’est un prix que j’adore : on y déniche de fabuleux romans et l’ambiance et la communication autour de ce prix est toujours très sympathique.

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