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Man Booker Prize 2017 : la « longlist »

Si en France, l’automne va de pair avec la rentrée littéraire et sa déferlante de récompenses, au Royaume-Uni, c’est l’été que les choses sérieuses se préparent : le Man Booker Prize est le prix littéraire le plus prestigieux du monde anglophone et c’est toujours à la fin du mois de juillet que le jury annonce sa 1ère sélection.

Pour rappel le Man Booker récompense les romans de fiction écrits en langue anglaise, provenant de n’importe quel pays pourvu qu’ils aient été publiés au Royaume-Uni.

 

Nous connaissons donc depuis hier, 27 juillet, les 13 titres en compétition et si vous suivez ce blog, vous allez forcément reconnaître certains romans dont je vous ai déjà parlé cette année !

 

Treize à la douzaine

Man Booker Prize 2017 – Longlist

 

4 3 2 1 par Paul Auster (US) (Faber & Faber)
Cela fait sept années que l’auteur new-yorkais n’avait pas publié un roman… 4 3 2 1 c’est l’histoire des quatre vies parallèles de Archibald Isaac Ferguson : 866 pages qui couvrent différents choix et donc 4 destins différents pour un seul personnage. Un réel tour de force littéraire qui couvre un demi-siècle de l’Histoire des Etats-Unis, auquel s’est attelé l’auteur de Sunset Park et de The New York Trilogy. 

Vous pouvez retrouver une interview de Paul Auster traduite par mes soins pour le Eponine & Azelma ici.

 

Days Without End par Sebastian Barry (Irlande) (Faber & Faber)
Le jeune Thomas McNulty, âgé de 17 ans à peine, arrive aux Etats-Unis, seul, au début des années 1850, après avoir fui la Grande Famine irlandaise, sa famille ayant péri des suites de cette catastrophe. Sans le sou, il débarque dans le Missouri et fait la connaissance d’un autre adolescent solitaire : John Cole. Ils finissent tous deux par tomber amoureux et s’engagent dans l’armée américaine qui se bat alors contre les amérindiens. Ils vont alors vivre au rythme des combats et tenter de fonder une famille atypique pour l’époque.

Ma critique de Days Without End est disponible par ici.

 

The History of Wolves  par Emily Fridlund (US) (Weidenfeld & Nicolson)
Il s’agit d’un premier roman : on suit les premiers pas dans l’adolescence de Linda, âgée de 14 ans, une jeune fille un peu gauche et différente, au sein d’une communauté rurale du Minnesota.

 

Exit West par Mohsin Hamid (Pakistan-UK) (Hamish Hamilton)
L’histoire se déroule dans un pays sans nom, en plein Moyen-Orient : un jeune couple démarre une relation amoureuse en pleine guerre civile. Ils doivent trouver un moyen de sortir du pays, au fur et à mesure que le conflit s’embrase.

Solar Bones par Mike McCormack (Irlande) (Canongate)
Le roman se compose d’une seule phrase de 200 pages : Marcus Conway, attablé dans la cuisine se remémore les grandes phases de sa vie.

Reservoir 13 par Jon McGregor (UK) (4th Estate)
Rebecca, 13 ans, disparaît alors qu’elle est en vacances avec sa famille dans le centre de l’Angleterre. Les villageois de Peak District se mettent à rechercher la jeune fille, mais la vie doit reprendre son cours en parallèle. On suit alors l’activité du village et les difficulté que vont éprouver ses habitants à reprendre leur activité, tout en n’abandonnant pas les recherches.

Elmet par Fiona Mozley (UK) (JM Originals)
C’est également un premier roman : Daniel et Cathy sont frère et soeur et grandissent seuls dans une maison bâtie par leur père. L’atmosphère tourne au vinaigre entre leur père et les habitants du village.

 

The Ministry of Utmost Happiness par Arundhati Roy (Inde) (Hamish Hamilton)
Il s’agit d’un roman qui traite de la région du Cachemire, disputée par l’Inde et le Pakistan. Une saga indienne qui démarre dans les rues de New Delhi et qui va suivre une batterie de personnages.

Lincoln In The Bardo par George Saunders (US) (Bloomsbury)
Habitué des nouvelles, George Saunders publie là son 1er roman : le fils du président Abraham Lincoln vient de mourir ; Willie entame alors un dialogue avec son père endeuillé.

Home Fire par Kamila Shamsie (UK-Pakistan) (Bloomsbury)
Isma arrive aux Etats-Unis afin de terminer ses études, interrompues lors de la mort de sa mère. Issue d’une fratrie de 3 enfants, elle s’inquiète pour ses frères et soeurs restés à Londres, notamment pour son petit frère disparu alors qu’il voulait vivre comme son père, djihadiste lui aussi disparu. Elle rencontre alors Eamonn, le fils d’un politicien britannique, de confession musulmane. Les destins de leurs deux familles vont alors s’entrechoquer.

 

Autumn par Ali Smith (UK) (Hamish Hamilton)
Il s’agit du premier tome d’une série de quatre livres, comme les quatre saisons.  Autumn est le premier ouvrage de fiction « post-Brexit ». Le roman est ambitieux : il se veut une analyse sociale et une méditation sur 2016. Et cette prise de distance passe par des personnages : Daniel est centenaire, sa voisine Elisabeth née en 1984 a l’avenir devant elle, dans un pays divisé par le référendum et laissé en pièces juste avant l’été. L’histoire de cette amitié possède en vérité plusieurs couches et de flashback en flashback, Ali Smith essaie de comprendre la société d’aujourd’hui : ces murs, ces barrières, qui se dressent petit à petit entre les peuples, ces divisions qui rendent fou…et le temps qui passe.

Vous pouvez aller lire une interview d’Ali Smith que j’ai traduite à l’automne dernier par ici.

Swing Time par Zadie Smith (UK) (Hamish Hamilton)
Le livre est un grand roman social sur l’amitié entre deux filles aux origines diverses, dans le Londres des années 80 à 2000. Tracey et la narratrice (qui n’est jamais nommée) se rencontrent à l’adolescence. Elles ont une passion commune pour la danse. Seul problème : Tracey a beaucoup de talent mais la narratrice n’en a pas autant, elle a les pieds plats. Tracey parvient à ses fins en intégrant une compagnie de danse, tandis que son amie abandonne les chorégraphies et part sur les routes, devenant l’assistante personnelle d’une chanteuse à succès. Le roman repose sur les différences entre les deux amies et leurs destins respectifs : est-on plus heureux lorsque l’on quitte son pays pour réussir ? Comment gérer l’échec ? Au centre du livre  également, la relativisation des étiquettes sociales de chacun des personnages. Et évidemment l’amitié féminine, l’adolescence et la famille.

The Underground Railroad par Colson Whitehead (US) (Fleet)
La star de cette année 2016/2017 : The Underground Railroad a déjà remporté le National Book Award et le Prix Pulitzer (article sur le Prix Pulitzer 2017 ici).
Le roman chronique le parcours d’une jeune esclave, Cora, qui décide de s’évader d’une plantation, en 1812. Dans sa fuite, Cora tue un jeune garçon blanc et devient alors une criminelle recherchée. Elle prend un train pour s’enfuir de ce Sud oppressant. Le train en question, va s’arrêter dans plusieurs états qui représenteront chacun une façon différente de traiter l’esclavage aux Etats-Unis.
Dans une sorte de « Voyage de Gulliver » , Cora va arpenter le territoire américain et entamer une odyssée sans fin dans un monde pré-guerre civile. Le roman souligne la volonté féroce de Cora de s’en sortir dans cette Amérique brutale et sans concession pour les afro-américains, et sa quête de liberté.

The Underground Railroad paraîtra le 23 août prochain aux Éditions Albin Michel, traduit de l’anglais par Serge Chauvin.

 

Qu’en penser ?

144 publications ont été soumises au jury : le résultat combine, comme souvent, premiers romans et habitués, il n’y a donc pas de grosse surprise.

On compte donc 4 américains, 4 britanniques, 2 britanno-pakistanais, 2 irlandais et une indienne. Arundhati Roy, justement, a déjà remporté le Booker Prize il y a 20 ans ; pour leur part Ali Smith, Zadie Smith, Sebastian Barry et Mohsin Hamid ont déjà plusieurs fois été sélectionnés pour le prix sans toutefois le remporter.

Les deux outsiders sont Fiona Mozley et Emily Fridlund, qui sont les moins connus de la liste. Mais comment passer devant Paul Auster, Zadie Smith ou encore Colson Whitehead ?

Avec The Underground Railroad, Colson Whitehead emporte tout sur son passage depuis sa publication fin 2016, y aura-t-il donc un réel suspense cette année ?

Il faut noter que le Man Booker Prize a été ouvert aux américains en 2014. Paul Beatty a été le premier auteur de cette nationalité à le remporter l’année dernier avec The Sellout. Si cette décision a permis de faire connaître un bon nombre d’auteurs issus des Etats-Unis aux lecteurs britanniques, il faut dire qu’à rassembler tous les auteurs anglophones dans les mêmes prix, on se retrouve vite avec les mêmes gagnants.

Si Colson Whitehead mérite amplement son succès et ses récompenses, je serais, pour ma part, ravie qu’une petite place soit laissée à un autre gagnant cette fois, comme Sebastian Barry dont j’ai adoré le Days Without End.

C’est le seul que j’ai vraiment lu de toute la liste, mais je possède dans ma bibliothèque AutumnSwing Time, The Underground RailroadThe Ministry of Utmost Happiness, et 4 3 2 1

Je vais donc pouvoir commencer à lire certains d’entre eux, et attendre la shortlist !

La liste resserrée sera annoncée le 13 septembre prochain, et le grand gagnant sera révélé le 17 octobre !

Hop sur la pile !

Hop sur la pile #4

Une fois n’est pas coutume, voici quelques livres acquis dernièrement. Il y a parmi eux, des livres achetés à Londres lors d’un déplacement en janvier, et d’autres que j’avais commandé en ligne et que je viens de recevoir.

Il y a beaucoup de classiques, ce n’est pas fait exprès, mais cela change un peu. Après tout, les classiques font de toute façon partie de l’actualité littéraire, et ils sont indémodables.

Je vous laisse donc découvrir ces nouvelles acquisitions, qui vont trouver leurs places sur mes étagères ! Et si vous voulez les acheter, vous pouvez cliquer sur leurs titres, les liens vous dirigeront vers le site www.bookdepository.com.

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Hop sur la pile !, News

Calendrier Littéraire de l’Avent 2016

Joyeux Noël à tous et je vous souhaite plein de beaux livres sous le sapin !69-425x356-santa-reading-i

 


Décembre oblige, voici le premier Calendrier Littéraire de l’Avent d’Eponine & Azelma !

Les meilleurs livres de l’année 2016 vont défiler sur 25 jours… Certains ont déjà eu l’honneur d’un post sur le blog, mais d’autres, pas du tout. Il n’y a aucun classement de compétition ; je vous les présente par ordre de parution. Tous ont connu un énorme succès cette année dans les pays angle-saxons. Voici donc l’occasion de vous faire une petite liste, et pourquoi pas d’en mettre quelques-uns sous le sapin !

Bonus : 25 Décembre 
Harry Potter and The Cursed Child – J.K Rowling

Harry Potter and the cursed child, par J. K. Rowling, Jack Thorne, John Tiffany

Harry Potter and the cursed child, par J. K. Rowling, Jack Thorne, John Tiffany

Je sais, le calendrier de l’Avent est censé se terminer le 24 décembre, mais j’ai eu envie de boucler cette liste par un best-seller de l’année qui colle bien avec le matin de Noel : Harry Potter and The Cursed Child ! On ne présente plus le sorcier le plus célèbre du monde et d’ailleurs ! On a tout lu et entendu sur ce dernier « tome » de la saga. Pas vraiment un livre, pas vraiment la suite, pas vraiment bien… bref toujours est-il que le script de cette pièce n’est pas très long et une histoire de sorciers, même ayant grandi, reste une histoire d’Halloween parfaite et une lecture de circonstance. Comme tout le monde le sait, Harry Potter a grandi, employé du Ministère de la Magie il est père de trois enfants. Albus Potter, l’un des trois, a du mal à gérer son héritage et son entrée à Pouillard va être un peu bousculée. Pour certains c’est une grande déception, pour d’autres un plaisir régressif, peu importe Harry Potter c’est incontournable ! Alors à défaut de pouvoir aller voir la pièce à Londres, on se contente de ce 8ème opus.

Harry Potter and the cursed child – J. K. Rowling, Jack Thorne, John Tiffany
Editeur : Little Brown
Pages : 352 pages
Année : 2016

24 Décembre
Moonglow, par Michael Chabon

Cover de Moonglow - Michael Chabon

Moonglow – Michael Chabon

Moonglow est une sorte d’ovni littéraire : il s’agit de mémoires, racontées par le petit-fils d’un vieil homme mourant. Les confessions grand-père ont été inspirées par la vie du propre grand-père de l’auteur, le romancier juif-américain Michael Chabon, et par les multiples anecdotes qu’il lui a racontées à la veille de sa mort. Le livre fourmille donc de flashbacks, de questions sur l’identité, et de secrets de famille… Le personnage du grand-père et même celui de la grand-mère du narrateur, sont tous deux admirablement bien construits et émouvants. Evidemment on ne connaît pas la part de vrai et de faux dans ces histoires, mais est-il nécessaire d’en savoir plus ? Le roman brasse des sujets, et des moments de vie aussi divers que l’Holocauste, la santé mentale, la passion des fusées… Bref un joyeux désordre qui forme une vie et qui a construit la famille du narrateur. Michael Chabon tient là l’un de ses meilleurs romans, lui qui ne l’oublions pas, a remporté le Prix Pulitzer en 2001.

Moonglow – Michael Chabon
Editeur : Harper
Pages : 448
Année : 2016

23 Décembre
The Mothers, par Britt Bennett

Cover de The Mothers - Brit Bennett

The Mothers – Brit Bennett

The Mothers est un premier roman dont l’intrigue se noue autour d’un secret : après le suicide de sa mère, la jeune Nadia lycéenne, âgée de 17 ans, s’entiche de Luke, le fils du pasteur. Nadia tombe enceinte et part à la clinique pour avorter. Elle ne dit rien à personne et ment à tout son entourage, ainsi qu’à Aubrey sa meilleure amie qui n’a elle-même jamais connu sa mère.
On suit ensuite le destin de ces trois personnages : Nadia, Luke, et Aubrey, dans leur vingtaine. Les relations sont compliquées : Luke et Aubrey se sont mariés et Nadia les voit construire leur relation et ne peut s’empêcher de se projeter. Doit-elle regretter les ratés de sa relation avec Luke ? Son avortement ? Le livre s’appelle The Mothers car finalement c’est une histoire, basée non pas sur la maternité, mais sur les mères : la mère absente d’Aubrey, la suicide de la mère de Nadia, l’avortement de cette dernière… Tous les personnages ont vécu des traumatismes, et dans cette petite communauté chrétienne et afro-américaine, il y a des événements qu’il vaut mieux ne pas révéler.  La jeune voix de Brit Bennett est rafraîchissante et elle brosse le portrait de ses personnages avec une grande acuité : les difficultés à sortir de l’adolescence, les choix à assumer. Ce livre a été très bien accueilli par les critiques et Brit bennette est clairement une jeune auteure de 26 ans à surveiller !

The Mothers – Brit Bennett
Editeur : Riverhead Books
Pages : 288
Année : 2016


22 Décembre

Swing Time, par Zadie Smith

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Hop sur la pile !, News

Halloween BOOks !

En ce week-end d’Halloween, il me paraît indispensable de vous donner quelques idées de livres à lire près des citrouilles, et sous quelques toiles d’araignée ! En plus, au cas où vous l’auriez oublié, nous avons gagné une heure dimanche et j’imagine qu’au lieu de la passer à dormir vous avez envie de la passer à lire ! Une heure de bonus pour tourner des pages ça ne se refuse pas ! 

Je ne suis pas fan de littérature fantastique ou d’horreur donc je ne vais pas vous faire des recommandations spécialisées je vous rassure ! Mais j’ai juste quatre livres à vous proposer pour passer un bon 31 octobre, sur le thème du sang, des sorcières et du mystère. 

 

The Penguin Book Of Witches, par Katherine Howe 

Couverture du Penguin Book Of Witches

The Penguin Book Of Witches, par Katherine Howe

 

Si ça ce n’est pas un livre pour Halloween, je ne sais plus quoi vous recommander ! The Penguin Book Of Witches, c’est un condensé de témoignages historiques sur la sorcellerie, et surtout sur les accusations de sorcellerie qui ont émaillé l’Histoire, avec notamment le célèbre procès des sorcières de Salem de 1692. Des dépositions des « sorcières » jusqu’aux témoignages, en passant par les textes signés de la main du Roi James… 300 ans de chasse aux sorcières compilés dans ce petit livre de poche. Au-delà de ces compte-rendus, et histoires effrayantes, le livre essaie de nous faire comprendre ce qui se cachait vraiment derrière cette paranoïa puritaine américaine. La haine d’une certaine communauté de femmes différentes évidemment, pour la plupart célibataires, ou médecins (ce qui était très mal vu à l’époque), mais aussi un sursaut d’autorité de la part du Gouvernement qui aurait organisé ces persécutions pour instaurer un climat de haine et de peur. Finalement l’histoire se répète éternellement, et si la chasse aux sorcières est terminée depuis bien longtemps, la mise au ban de certaines communautés ou l’isolement des personnes différentes pourraient constituer la déclinaison moderne du procès de Salem. Diviser et propager la haine et le doute pour mieux régner !

Fans de chaudrons et de balais, passez votre chemin, mais férus d’histoire foncez ! 

 

The Penguin Book Of Witches – Katherine Stowe
320 pages
Penguin Classics 
2014

 

 

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Photo cover Autumn by Ali Smith
Articles traduits, News

L’ « Observer » (supplément week-end du Guardian) a rencontré Ali Smith, qui publie « Autumn » son 8ème roman – Traduction.

En Grande-Bretagne chaque sortie d’un livre d’Ali Smith est un événement. Elle est moins connue chez nous, où seulement quatre de ses livres ont été publiés en français. 

Née en 1962, elle est écossaise mais vit aujourd’hui à Cambridge. 

Elle publie son premier recueil de nouvelles en 1995 : « Free Love and Other Stories«  . Elle remporte alors le Saltire First Book of the Year Award. Depuis sa cote auprès des lecteurs n’a pas cessé de grimper et les récompenses pleuvent ! Elle fait des allers-retours entre les nouvelles et le roman. Son premier roman « Like » est sorti en 1997. Suivront « Hotel World« , « The Accidental« , « There but for The« , et « How To Be Both« , le dernier paru, en 2014. 

Certains la qualifient de digne héritière de Virginia Woolf, en tout cas sa langue est riche, elle n’hésite pas à jouer avec les perspectives à la manière d’un peintre. Elle couvre toujours des thèmes ambitieux mais avec souvent une pointe d’humour. Elle s’égare parfois dans les jeux de mots et l’imagination. 

En 2015 elle a été faite Commandeur de l’Ordre de l’Empire Britannique. 

« Autumn » est sorti le 20 octobre dernier, est sera le premier roman d’une série de quatre (comme les quatre saisons mais est-ce bien utile de le préciser…) . Il s’agit du premier livre « post-Brexit ». Le roman est ambitieux : il se veut une analyse sociale et une méditation sur 2016, cette année presque écoulée. Et cette prise de distance passe par des personnages : Daniel est centenaire, sa voisine Elisabeth née en 1984 a l’avenir devant elle, dans un pays divisé par le référendum et laissé en pièces juste avant l’été. 

L’histoire de cette amitié possède en vérité plusieurs couches et de flashback en flashback, Ali Smith essaie de comprendre la société d’aujourd’hui : ces murs, ces barrières, qui se dressent petit à petit entre les peuples, ces divisions qui rendent fou…et le temps qui passe. (Je vous laisse apprécier le « see you next week » sur la page de garde ;))

Dédicace d'Ali Smith au début de son livre: "see you next week"

« See you next week »

 

 

Traduction (libre) de l’article d’Olivia Laing, daté du 16 octobre 2016 et paru dans The Observer (édition du dimanche du Guardian).

Ali Smith dans son jardin

Ali Smith chez elle à Cambridge, Octobre 2016 – Photo: Antonio Olmos pour l’Observer

Chez Ali Smith, la porte d’entrée est entrouverte. Elle vit à Cambridge, dans une maison, presque à l’abri des regards, au milieu d’un lotissement de cottages victoriens. Les jardins se font face, les barrières ayant été retirées depuis longtemps. Nous sommes à la fin du mois de septembre, et le pommier qu’elle aime tant est encore chargé de fruits. Un pull vert jeté sur ses épaules, elle me fait signe de monter la rejoindre jusqu’à son studio pour admirer un dernier rayon de soleil.

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Les 6 nommés pour le Man Booker Prize 2016
News, Prix

Man Booker Prize 2016 – Shortlist

Le 13 septembre dernier, le jury du Man Booker Prize 2016 a choisi ses 6 derniers auteurs en compétition après avoir dévoilé cet été une liste de 13 nommés. (http://eponineazelma.com/man-booker-prize-2016-longlist)

Voilà les 6 livres en question :

 

6 Couvertures des nommés pour le Man Booker Prize 2016

Man Booker Prize 2016- Shortlist

 

The Sellout – Paul Beatty (US) ; éd. One world
{« Moi contre les États-Unis d’Amérique », traduit par Nathalie Bru, Cambourakis, 2015}
Pour servir ce qu’il croit être le bien de sa propre communauté, un afro-américain va aller jusqu’à rétablir l’esclavage et la ségrégation à l’échelle d’un quartier, s’engageant dans une forme d’expérience extrême et paradoxale qui lui vaudra d’être trainé devant la Cour suprême.

 

Hot Milk – Deborah Levy (UK) ; éd. Hamish Hamilton
Une mère et sa fille arrivent dans une petite ville espagnole à la recherche de médecins : la mère de Sofia souffre d’une paralysie spontanée qui la cloue à une chaise roulante.  Sofia, elle a joué les détectives pendant une bonne partie de sa vie cherchant à comprendre d’où vient la maladie qui ronge sa mère. Arrivée au fin fond de ce désert espagnol, Sofia va surveiller le Docteur Gomez et ses étranges méthodes qui vont l’affecter également…

 

His Bloody Project – Graeme Macrae Burnet (UK) ; éd. Contraband
En 1869, un adolescent âgé de 17 ans est arrêté, accusé de triple meurtre. Il n’y a aucun doute sur sa culpabilité en revanche on ne connaît pas ses motivations. Pourquoi a-t-il tué ces trois personnes ? Est-il complètement fou ?

 

Eileen – Otessa Moshfegh (US) ; éd. Jonathan Cape
{« Eileen », traduit par Françoise du Sorbier, Fayard, 2016}
Une vieille femme se souvient avec un cynisme minutieux de la semaine qui a fait basculer sa vie cinquante ans plus tôt.

 

All That Man Is – David Szalay (Canada) ; éd. Jonathan Cape
On suit la vie de neuf hommes, à un âge et à un stade différent de leurs vies, dans des villes différentes. Les neuf parties des vies de ces neuf hommes vont former comme un arc qui veut nous faire comprendre le sens de l’existence, les failles de l’homme moderne et nous emmener à travers plusieurs pays d’Europe.

 

Do Not Say We Have Nothing – Madeleine Thien (Canada) ; éd. Granta Books
A Vancouver en 1990, un an après le suicide inexplicable de son père, Marie ainsi que sa mère reçoivent la visite de Ai-ming, une jeune femme ayant fuit la Chine suite aux protestations de Tiananmen. A travers Ai-ming, Marie va essayer de reconstituer son histoire : l’amitié qui lia leurs pères, alors talentueux musiciens au Conservatoire de Shanghai, et les pérégrinations de leurs deux familles à travers la Révolution culturelle de la Chine.

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Hop sur la pile !

Peut-on trouver plus jolie que cette édition de Peter Pan ?

Je crois que je sais ce que je vais lire ce week-end…

Aujourd’hui je suis tombée complètement par hasard, sur cette édition de PETER PAN :

Couverture de Peter Pan by J.M Barrie (Penguin - Puffin Books)

Peter Pan by J.M Barrie (Penguin – Puffin Books)

 

Je crois que c’est le plus joli livre de poche que j’ai jamais vu !

Il est tout mignon, avec sa couverture à l’ancienne et ses pages faussement râpées.

Peter Pan by J.M Barrie (Penguin - Puffin Books)

Peter Pan by J.M Barrie (Penguin – Puffin Books)

Je ne connaissais pas du tout cette collection de chez Penguin US. Le livre fait apparemment partie de la série Puffin Chalks, qui ne compte que quelques titres pour l’instant comme “Alice au Pays des Merveilles” ou “Le Magicien d’Oz”.

Dommage qu’il n’y en ait pas plus, car ils sont vraiment irrésistibles !

Je n’ai jamais lu Peter Pan, comme beaucoup d’autres sûrement qui se sont contentés du dessin animé de Walt Disney. Alors c’est l’occasion je vais rattraper mon retard !

Et comme dirait J.M Barrie…

Peter Pan by J.M Barrie (Penguin - Puffin Books)

Peter Pan by J.M Barrie (Penguin – Puffin Books)