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Man Booker Prize 2017 : la « longlist »

Si en France, l’automne va de pair avec la rentrée littéraire et sa déferlante de récompenses, au Royaume-Uni, c’est l’été que les choses sérieuses se préparent : le Man Booker Prize est le prix littéraire le plus prestigieux du monde anglophone et c’est toujours à la fin du mois de juillet que le jury annonce sa 1ère sélection.

Pour rappel le Man Booker récompense les romans de fiction écrits en langue anglaise, provenant de n’importe quel pays pourvu qu’ils aient été publiés au Royaume-Uni.

 

Nous connaissons donc depuis hier, 27 juillet, les 13 titres en compétition et si vous suivez ce blog, vous allez forcément reconnaître certains romans dont je vous ai déjà parlé cette année !

 

Treize à la douzaine

Man Booker Prize 2017 – Longlist

 

4 3 2 1 par Paul Auster (US) (Faber & Faber)
Cela fait sept années que l’auteur new-yorkais n’avait pas publié un roman… 4 3 2 1 c’est l’histoire des quatre vies parallèles de Archibald Isaac Ferguson : 866 pages qui couvrent différents choix et donc 4 destins différents pour un seul personnage. Un réel tour de force littéraire qui couvre un demi-siècle de l’Histoire des Etats-Unis, auquel s’est attelé l’auteur de Sunset Park et de The New York Trilogy. 

Vous pouvez retrouver une interview de Paul Auster traduite par mes soins pour le Eponine & Azelma ici.

 

Days Without End par Sebastian Barry (Irlande) (Faber & Faber)
Le jeune Thomas McNulty, âgé de 17 ans à peine, arrive aux Etats-Unis, seul, au début des années 1850, après avoir fui la Grande Famine irlandaise, sa famille ayant péri des suites de cette catastrophe. Sans le sou, il débarque dans le Missouri et fait la connaissance d’un autre adolescent solitaire : John Cole. Ils finissent tous deux par tomber amoureux et s’engagent dans l’armée américaine qui se bat alors contre les amérindiens. Ils vont alors vivre au rythme des combats et tenter de fonder une famille atypique pour l’époque.

Ma critique de Days Without End est disponible par ici.

 

The History of Wolves  par Emily Fridlund (US) (Weidenfeld & Nicolson)
Il s’agit d’un premier roman : on suit les premiers pas dans l’adolescence de Linda, âgée de 14 ans, une jeune fille un peu gauche et différente, au sein d’une communauté rurale du Minnesota.

 

Exit West par Mohsin Hamid (Pakistan-UK) (Hamish Hamilton)
L’histoire se déroule dans un pays sans nom, en plein Moyen-Orient : un jeune couple démarre une relation amoureuse en pleine guerre civile. Ils doivent trouver un moyen de sortir du pays, au fur et à mesure que le conflit s’embrase.

Solar Bones par Mike McCormack (Irlande) (Canongate)
Le roman se compose d’une seule phrase de 200 pages : Marcus Conway, attablé dans la cuisine se remémore les grandes phases de sa vie.

Reservoir 13 par Jon McGregor (UK) (4th Estate)
Rebecca, 13 ans, disparaît alors qu’elle est en vacances avec sa famille dans le centre de l’Angleterre. Les villageois de Peak District se mettent à rechercher la jeune fille, mais la vie doit reprendre son cours en parallèle. On suit alors l’activité du village et les difficulté que vont éprouver ses habitants à reprendre leur activité, tout en n’abandonnant pas les recherches.

Elmet par Fiona Mozley (UK) (JM Originals)
C’est également un premier roman : Daniel et Cathy sont frère et soeur et grandissent seuls dans une maison bâtie par leur père. L’atmosphère tourne au vinaigre entre leur père et les habitants du village.

 

The Ministry of Utmost Happiness par Arundhati Roy (Inde) (Hamish Hamilton)
Il s’agit d’un roman qui traite de la région du Cachemire, disputée par l’Inde et le Pakistan. Une saga indienne qui démarre dans les rues de New Delhi et qui va suivre une batterie de personnages.

Lincoln In The Bardo par George Saunders (US) (Bloomsbury)
Habitué des nouvelles, George Saunders publie là son 1er roman : le fils du président Abraham Lincoln vient de mourir ; Willie entame alors un dialogue avec son père endeuillé.

Home Fire par Kamila Shamsie (UK-Pakistan) (Bloomsbury)
Isma arrive aux Etats-Unis afin de terminer ses études, interrompues lors de la mort de sa mère. Issue d’une fratrie de 3 enfants, elle s’inquiète pour ses frères et soeurs restés à Londres, notamment pour son petit frère disparu alors qu’il voulait vivre comme son père, djihadiste lui aussi disparu. Elle rencontre alors Eamonn, le fils d’un politicien britannique, de confession musulmane. Les destins de leurs deux familles vont alors s’entrechoquer.

 

Autumn par Ali Smith (UK) (Hamish Hamilton)
Il s’agit du premier tome d’une série de quatre livres, comme les quatre saisons.  Autumn est le premier ouvrage de fiction « post-Brexit ». Le roman est ambitieux : il se veut une analyse sociale et une méditation sur 2016. Et cette prise de distance passe par des personnages : Daniel est centenaire, sa voisine Elisabeth née en 1984 a l’avenir devant elle, dans un pays divisé par le référendum et laissé en pièces juste avant l’été. L’histoire de cette amitié possède en vérité plusieurs couches et de flashback en flashback, Ali Smith essaie de comprendre la société d’aujourd’hui : ces murs, ces barrières, qui se dressent petit à petit entre les peuples, ces divisions qui rendent fou…et le temps qui passe.

Vous pouvez aller lire une interview d’Ali Smith que j’ai traduite à l’automne dernier par ici.

Swing Time par Zadie Smith (UK) (Hamish Hamilton)
Le livre est un grand roman social sur l’amitié entre deux filles aux origines diverses, dans le Londres des années 80 à 2000. Tracey et la narratrice (qui n’est jamais nommée) se rencontrent à l’adolescence. Elles ont une passion commune pour la danse. Seul problème : Tracey a beaucoup de talent mais la narratrice n’en a pas autant, elle a les pieds plats. Tracey parvient à ses fins en intégrant une compagnie de danse, tandis que son amie abandonne les chorégraphies et part sur les routes, devenant l’assistante personnelle d’une chanteuse à succès. Le roman repose sur les différences entre les deux amies et leurs destins respectifs : est-on plus heureux lorsque l’on quitte son pays pour réussir ? Comment gérer l’échec ? Au centre du livre  également, la relativisation des étiquettes sociales de chacun des personnages. Et évidemment l’amitié féminine, l’adolescence et la famille.

The Underground Railroad par Colson Whitehead (US) (Fleet)
La star de cette année 2016/2017 : The Underground Railroad a déjà remporté le National Book Award et le Prix Pulitzer (article sur le Prix Pulitzer 2017 ici).
Le roman chronique le parcours d’une jeune esclave, Cora, qui décide de s’évader d’une plantation, en 1812. Dans sa fuite, Cora tue un jeune garçon blanc et devient alors une criminelle recherchée. Elle prend un train pour s’enfuir de ce Sud oppressant. Le train en question, va s’arrêter dans plusieurs états qui représenteront chacun une façon différente de traiter l’esclavage aux Etats-Unis.
Dans une sorte de « Voyage de Gulliver » , Cora va arpenter le territoire américain et entamer une odyssée sans fin dans un monde pré-guerre civile. Le roman souligne la volonté féroce de Cora de s’en sortir dans cette Amérique brutale et sans concession pour les afro-américains, et sa quête de liberté.

The Underground Railroad paraîtra le 23 août prochain aux Éditions Albin Michel, traduit de l’anglais par Serge Chauvin.

 

Qu’en penser ?

144 publications ont été soumises au jury : le résultat combine, comme souvent, premiers romans et habitués, il n’y a donc pas de grosse surprise.

On compte donc 4 américains, 4 britanniques, 2 britanno-pakistanais, 2 irlandais et une indienne. Arundhati Roy, justement, a déjà remporté le Booker Prize il y a 20 ans ; pour leur part Ali Smith, Zadie Smith, Sebastian Barry et Mohsin Hamid ont déjà plusieurs fois été sélectionnés pour le prix sans toutefois le remporter.

Les deux outsiders sont Fiona Mozley et Emily Fridlund, qui sont les moins connus de la liste. Mais comment passer devant Paul Auster, Zadie Smith ou encore Colson Whitehead ?

Avec The Underground Railroad, Colson Whitehead emporte tout sur son passage depuis sa publication fin 2016, y aura-t-il donc un réel suspense cette année ?

Il faut noter que le Man Booker Prize a été ouvert aux américains en 2014. Paul Beatty a été le premier auteur de cette nationalité à le remporter l’année dernier avec The Sellout. Si cette décision a permis de faire connaître un bon nombre d’auteurs issus des Etats-Unis aux lecteurs britanniques, il faut dire qu’à rassembler tous les auteurs anglophones dans les mêmes prix, on se retrouve vite avec les mêmes gagnants.

Si Colson Whitehead mérite amplement son succès et ses récompenses, je serais, pour ma part, ravie qu’une petite place soit laissée à un autre gagnant cette fois, comme Sebastian Barry dont j’ai adoré le Days Without End.

C’est le seul que j’ai vraiment lu de toute la liste, mais je possède dans ma bibliothèque AutumnSwing Time, The Underground RailroadThe Ministry of Utmost Happiness, et 4 3 2 1

Je vais donc pouvoir commencer à lire certains d’entre eux, et attendre la shortlist !

La liste resserrée sera annoncée le 13 septembre prochain, et le grand gagnant sera révélé le 17 octobre !

Prix

Baileys Women’s Prize For Fiction 2017 : la shortlist

On connaît enfin les 6 romans nommés pour le Baileys Women’s Prize For Fiction 2017 ! Ils ont été révélés lundi soir et si le choix fût difficile pour le jury, il a pu en surprendre quelques-uns, moi compris!

La liste

Sans plus attendre voici la liste des sélectionnés :

Stay With Me par Ayọ̀bámi Adébáyọ̀̀  (éd. Canongate, Nigérianne)

The Power par Naomi Alderman (éd. Viking, Britannique)

The Dark Circle par Linda Grant (éd. Virago, Britannique)

The Sport of Kings par C.E. Morgan (éd. 4th Estate, Américaine)

First Love par Gwendoline Riley (éd. Granta, Britannique)

Do Not Say We Have Nothing par Madeleine Thien (éd. Granta, Canadienne)

 

Baileys Women’s Prize Prize For Fiction 2017 -Shortlist

 

 

Je vous avais parlé de la longlist ici  et les 16 nommés avaient ravi tout le monde. Cette sélection était particulièrement formidable. Le choix final ne pouvait donc décevoir personne, mais il est surprenant à plus d’un titre.

Plusieurs romans sortis de cette liste avaient pourtant fait l’unanimité chez les critiques, et dans les librairies : il s’agit plus précisément de The Essex Serpent (Sarah Perry), The Lesser Bohemians (Eimear McBride), ou encore de Hag-Seed (Margaret Atwood).

Ces trois-là ne sont donc pas sélectionnés au grand étonnement de tous ! Mais qu’importe ils ont déjà remporté quelques prix et ont été nommés à plusieurs autres prix.

D’autres ont été conservés dans la shortlist alors qu’ils n’étaient pas forcément attendus comme The Sport of Kings (C.E. Morgan), ou encore Do Not Say We Have Nothing (Madeleine Thien), le premier pour son sujet pas forcément grand public (une saga familiale d’élevage de chevaux de courses), le second car il a déjà été nommé pour la longlist du Man Booker Prize 2017 et n’avait pas été sélectionné dans la shortlist.

Cela laisse finalement de la place aux romans dont on a moins entendu parler cette année.

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Prix

Baileys Women’s Prize For Fiction 2017 : la « longlist »

Ce 8 mars est la Journée Internationale des Droits des Femmes ; et si on vous parle de féminisme ou d’égalité salariale dans la plupart des médias, sur ce blog je vais vous parler de littérature féminine, avec l’annonce de la 1ère sélection du Baileys Women’s Prize For Fiction !

Ce prestigieux prix féminin, annonce tous les ans sa « longlist » autour du 8 mars, c’est donc une tradition ; mais loin d’être un prix  féministe, le Baileys récompense n’importe quelle oeuvre de fiction, rédigée en anglais par une femme, et sortie entre le 1er avril de l’année précédente et le 31 mars de l’année en cours. Je vous en avais expliqué tous les détails dans cet article il y a quelques mois.

Cette année les juges avaient annoncé 12 nommées, au final il y en a 16 ! Signe que la littérature féminine anglo-saxonne se porte bien et que le choix fût difficile.

La longlist a été annoncée à 00h01, heure anglaise, donc 01h01, heure française et je suis, bien sûr, restée éveillée car c’est un prix que j’adore : on y déniche de fabuleux romans et l’ambiance et la communication autour de ce prix est toujours très sympathique.

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News, Prix

Man Booker Prize 2016 – Longlist

Le 27 juillet dernier le jury du Man Booker Prize a annoncé les titres des 13 romans en compétition cette année pour la remise du prix littéraire le plus prestigieux dans le monde anglophone.

Qu’est-ce que le Man Booker Prize ?

ManBookerPrize_2016

Il s’agit d’un prix littéraire créé en 1968, qui récompense les romans de fiction écrits en langue anglaise, provenant de n’importe quel pays pourvu qu’ils aient été publiés au Royaume-Uni.

Le prix portait à l’origine le nom de Booker-McConnell Prize, jusqu’à ce qu’il soit sponsorisé par Man Group en 2002 et change donc de nom.

Depuis cette période, le gagnant remporte la modique somme de 50.000£ (un peu plus de 58.000 euros), et évidemment une gloire internationale puisque le livre lauréat est en général ensuite traduit dans des dizaines de langues.

Il s’agit de la plus forte récompense associée à une œuvre de fiction.

A titre de comparaison, le gagnant du Goncourt remporte lui aussi une renommée certaine, mais assortie d’un simple chèque de … 10 euros.

Parmi les gagnants on peut citer les célèbres :

  • Salman Rushdie en 1981 avec Midnight’s Children (« Les Enfants de Minuit » chez Stock en 1983)
  • Kingsley Amis en 1986 avec The Old Devils (« Les Vieux Diables » chez  Littérature européenne, coll. Douze étoiles en 1988)
  • Margaret Atwood en 2000 avec The Blind Assassin (« Le Tueur Aveugle » chez Robert Laffont en 2000)
  • Julian Barnes en 2011 avec The Sense of an Ending (« Une fille, qui danse, » chez Mercure de France en 2013)

En 2015, c’est le jamaïcain Marlon James qui a remporté le Man Booker Prize avec A Brief History Of Seven Killings. Le livre sortira le 17 août prochain en France sous le titre « Brève Histoire de sept meurtres » aux éditions Albin Michel.

Brève Histoire de sept meurtres par marron James (Man Booker Prize 2015) - éd. Albin Michel

Brève Histoire de sept meurtres par marron James (Man Booker Prize 2015) – éd. Albin Michel

A brief History Of Seven Killings by Marlon James (Man Booker Prize 2015) - éd. OneWorld Publications

A brief History Of Seven Killings by Marlon James (Man Booker Prize 2015) – éd. OneWorld Publications

De quoi ça parle ? En 1976, 7 hommes font irruption dans la chambre d’hôtel de Bob Marley en Jamaïque et lui tirent dessus le blessant en plusieurs endroits.  Deux jours plus tard le chanteur donne un concert comme si de rien n’était. Mais il disparaît ensuite du pays et ne revint pas avant deux ans. marron James imagine alors une biographie de ces hommes racontée par les témoins voire certains fantômes, par les tireurs, par les membres du gouvernement… bref plus de 600 pages racontant la drogue, les complots, mettant en scène la CIA et le FBI autour de dizaines de personnages. Une vraie fresque rocambolesque… Et du coup la couverture française du livre me semble bien pauvre par rapport à l’édition anglaise et son vinyl plus évocateur de l’époque. Mais c’est mon avis !

Qui sont les 13 sélectionnés cette année ?

Man Booker Prize - Longlist 2016

Man Booker Prize – Longlist 2016

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