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« The Handmaid’s Tale » : la série événement adaptée du roman de Margaret Atwood, le propulse en tête des ventes

Le 4 mai dernier, la plate-forme de VOD Hulu, annonçait le renouvellement pour une seconde saison de The Handmaid’s Tale, leur nouvelle série à succès. A peine une semaine après que le premier épisode a été mis en ligne, les fans ont donc pu être rassurés sur l’avenir de ce petit chef d’oeuvre.

Une précipitation de la part des producteurs, qui en dit long sur l’engouement qu’a suscité The Handmaid’s Tale depuis sa mise en ligne.

Il faut dire que la série est adaptée d’un livre qui a connu un succès mondial et dont les ventes ne font que croître, trente ans après sa parution.

 

De quoi ça parle ?

En 1985, la romancière canadienne Margaret Atwood publie The Handmaid’s Tale (VF: « La Servante Ecarlate » traduit par Sylviane Rué en 1987, éd. Robert Laffont), roman d’anticipation, et point d’orgue de sa longue carrière d’écrivain. Trente ans plus tard, le livre est devenu une référence et connaît une seconde jeunesse : d’une part grâce à l’actualité, et les mesures anti-féministes prises par Donald Trump, et d’autre part grâce à son adaptation en une excellente série TV (prévue bien avant l’élection de Donald Trump).

 

La série, disponible sur Hulu, est diffusée depuis fin avril en version originale. Elle sera visible en France sur OCS Max à partir du 27 juin prochain. Au casting on retrouve entre autres Elisabeth Moss, Samira Wiley, Joseph Fiennes, ou Alexis Bledel.

 

L’adaptation, créée par Bruce Miller, reprend exactement la trame du livre : une vision dystopique et tyrannique d’un monde ou la religion a fini par dominer la politique. Les personnages évoluent dans une société totalitaire et machiste, au taux de natalité très bas, dénommée la République de Gilead. Les hommes y occupent essentiellement des positions de pouvoir, et les femmes sont déchues de leurs droits de citoyennes. Celles-ci sont considérées comme des moins que rien et reléguées à trois fonctions : Epouse (femme mariée), Martha (femme de ménage) , ou Servante (reproductrice). Toutes les autres sont tuées ou déportées.

Offred a été séparée de son mari et de sa fille, pour servir de reproductrice à une famille de bourgeois. C’est elle qui nous raconte son histoire, sa vie, et le quotidien des femmes sous le régime violent qui a été mis en place à Gilead.

Elisabeth Moss (dans le rôle de Offred) – The Handmaid’s Tale

La série a été extrêmement bien accueillie par les critiques et le public : c’est l’une des plus grosses productions de la plate-forme Hulu. L’esthétique, la réalisation, l’histoire qui résonne différemment depuis la Marche des Femmes au lendemain de l’élection de Trump… un faisceau d’éléments réussis qui lui assurent un succès assourdissant. La série est néanmoins très violente, à l’image du roman, et certaines scènes sont difficiles à supporter.

Le hasarda a voulu que cette série sorte alors même que l’actualité remet en lumière le livre de Margaret Atwood, une double raison de s’intéresser au texte original.

 

L’histoire d’un best-seller

Le roman a toujours été perçu comme un symbole de résistance : il a d’ailleurs été écrit en plein Berlin Ouest, où vivait l’auteur dans les années 80. Margaret Atwood s’est donc inspirée des régimes totalitaires, de la privation de libertés et de l’oppression pour inventer la République de Gilead. L’invention d’un monde sans pitié pour les femmes, mais qui reste crédible de par ses repères familiers, et ses métaphores, était inédit dans le registre de la dystopie et de la science-fiction. A sa sortie il fut même comparé à 1984 de George Orwell ou encore au Brave New World de Aldous Huxley.

The Handmaid’s Tale – Margaret Atwood

Le texte cinglant de The Handmaid’s Tale lui valut d’ailleurs le prix Arthur C. Clarke en 1987 (prix anglo-saxon récompensant le meilleur roman de science-fiction), et une nomination dans bon nombre d’autres récompenses.

Le mélange entre le puritanisme américain (ambiance chasse aux sorcières de Salem), et le régime dictatorial, le tout soupoudré de féminisme, en firent un best-seller et une référence.

 

Le succès de ce livre ne se dément pas aujourd’hui au contraire : l’actualité l’a fait repartir de plus belle dans le circuit des meilleures ventes ! Les prises de position très misogynes de Donald Trump ont fait ressurgir l’appréhension d’un monde où les femmes verraient leurs droits supprimés. Parmi les décisions anti-féministes du Président des Etats-Unis on compte la restriction des fonds alloués aux organismes d’aide à l’avortement, ou la limitation de la prise en charge des frais de contraception par les entreprises.

Un recul des droits des femmes qui a immédiatement donné envie aux connaisseurs de se re-plonger dans l’histoire de la République de Gilead, et de le recommander autour d’eux.

D’ailleurs en mars dernier, deux projets de loi visant à restreindre le droit à l’avortement ont été votés au Sénat du Texas : des activistes texanes s’étaient alors déguisées en « servantes écarlates » afin de dénoncer ces textes (photo ci-dessous).

Activistes texanes défendant le droit à l’avortement au Sénat du Texas en mars dernier

Comme avec 1984 de George Orwell, ou encore It Can’t happen Here de Sinclair Lewis, les anglo-saxons ont remis en lumière The Handmaid’s Tale,  pour combattre les idées régressives de Donald Trump et illustrer un futur incertain et lugubre. malgré son manque de culture, il contribue quelque part, à la bonne santé des classiques anglo-saxons !

La série TV vient donc s’ajouter aujourd’hui à la liste des raisons qui font de The Handmaid’s Tale un livre à relire, en gardant en tête que tout est possible, que les catastrophes se renouvellent éternellement et que pour les prévenir, rien de mieux que d’en mesurer les conséquences éventuelles, grâce à la littérature et aux grands écrivains.

 

Happy reading 😉 !

 

 

 

 

Prix

Baileys Women’s Prize For Fiction 2017 : la shortlist

On connaît enfin les 6 romans nommés pour le Baileys Women’s Prize For Fiction 2017 ! Ils ont été révélés lundi soir et si le choix fût difficile pour le jury, il a pu en surprendre quelques-uns, moi compris!

La liste

Sans plus attendre voici la liste des sélectionnés :

Stay With Me par Ayọ̀bámi Adébáyọ̀̀  (éd. Canongate, Nigérianne)

The Power par Naomi Alderman (éd. Viking, Britannique)

The Dark Circle par Linda Grant (éd. Virago, Britannique)

The Sport of Kings par C.E. Morgan (éd. 4th Estate, Américaine)

First Love par Gwendoline Riley (éd. Granta, Britannique)

Do Not Say We Have Nothing par Madeleine Thien (éd. Granta, Canadienne)

 

Baileys Women’s Prize Prize For Fiction 2017 -Shortlist

 

 

Je vous avais parlé de la longlist ici  et les 16 nommés avaient ravi tout le monde. Cette sélection était particulièrement formidable. Le choix final ne pouvait donc décevoir personne, mais il est surprenant à plus d’un titre.

Plusieurs romans sortis de cette liste avaient pourtant fait l’unanimité chez les critiques, et dans les librairies : il s’agit plus précisément de The Essex Serpent (Sarah Perry), The Lesser Bohemians (Eimear McBride), ou encore de Hag-Seed (Margaret Atwood).

Ces trois-là ne sont donc pas sélectionnés au grand étonnement de tous ! Mais qu’importe ils ont déjà remporté quelques prix et ont été nommés à plusieurs autres prix.

D’autres ont été conservés dans la shortlist alors qu’ils n’étaient pas forcément attendus comme The Sport of Kings (C.E. Morgan), ou encore Do Not Say We Have Nothing (Madeleine Thien), le premier pour son sujet pas forcément grand public (une saga familiale d’élevage de chevaux de courses), le second car il a déjà été nommé pour la longlist du Man Booker Prize 2017 et n’avait pas été sélectionné dans la shortlist.

Cela laisse finalement de la place aux romans dont on a moins entendu parler cette année.

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Prix

Baileys Women’s Prize For Fiction 2017 : la « longlist »

Ce 8 mars est la Journée Internationale des Droits des Femmes ; et si on vous parle de féminisme ou d’égalité salariale dans la plupart des médias, sur ce blog je vais vous parler de littérature féminine, avec l’annonce de la 1ère sélection du Baileys Women’s Prize For Fiction !

Ce prestigieux prix féminin, annonce tous les ans sa « longlist » autour du 8 mars, c’est donc une tradition ; mais loin d’être un prix  féministe, le Baileys récompense n’importe quelle oeuvre de fiction, rédigée en anglais par une femme, et sortie entre le 1er avril de l’année précédente et le 31 mars de l’année en cours. Je vous en avais expliqué tous les détails dans cet article il y a quelques mois.

Cette année les juges avaient annoncé 12 nommées, au final il y en a 16 ! Signe que la littérature féminine anglo-saxonne se porte bien et que le choix fût difficile.

La longlist a été annoncée à 00h01, heure anglaise, donc 01h01, heure française et je suis, bien sûr, restée éveillée car c’est un prix que j’adore : on y déniche de fabuleux romans et l’ambiance et la communication autour de ce prix est toujours très sympathique.

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Critiques

« East West Street: On the Origins of Genocide and Crimes Against Humanity » par Philippe Sands

 

Salle 600 du Palais de Justice de Nuremberg. Automne 1946.

Hersch Lauterpacht et Hans Frank, tous deux avocats, sont à l’intérieur. Ce lieu héberge le procès le plus connu du monde, celui de Nuremberg.
Mais tous deux ne sont pas là pour les mêmes raisons. Ils ont en commun leur métier, mais aussi une ville: Lviv aujourd’hui située en Ukraine, mais polonaise pendant la guerre (anciennement Lemberg, ou Lwow), dans laquelle ils ont tous deux séjourné à des époques différentes de leurs vies.

Hersch Lauterpacht, est l’un des procureurs de l’équipe anglaise. Il est à l’origine de l’introduction de la notion de « crime contre l’Humanité » dans le Statut de Nuremberg.
Hans Frank, qui se tient sur le banc des accusés aux côtés de ses 20 autres collègues, a ordonné pendant la guerre, l’exécution, entre autres, de centaines de milliers de juifs polonais, dont beaucoup étaient originaires de Lviv/Lemberg.
Il est l’ancien avocat d’Hitler, et le chef du gouvernement de la Pologne occupée. Il sera pendu le 16 octobre 1946, pour crimes contre l’Humanité.

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Book Cover de The Muse de Jessie Burton
Critiques

The Muse, par Jessie Burton

« I’ve seen what success does to people, Isaac, how it separates them from their creative impulse, how it paralyses them. They can’t make anything that isn’t a horrible replica of what came before, because everyone has opinions on who they are and how they should be. »

« J’ai vu ce que le succès faisait aux gens, Isaac, comment il les éloigne de leur impulsion créative, comment il les paralyse. Ils ne peuvent plus produire autre chose qui ne soit pas une horrible réplique de ce qu’ils ont déjà fait, car tout le monde possède une opinion sur ce qu’ils sont et ce qu’ils devraient être. »

Cette phrase issue de The Muse, résume bien à quel point il est difficile de publier un 2ème roman après un fantastique succès! Jessie Burton le sait bien et grâce à ces quelques mots, elle nous prévient, en quelque sorte, d’avance que ce roman ne va sûrement pas arriver à la cheville du premier…

Et effectivement elle était attendue au tournant avec cette nouvelle fiction : son premier livre, The Miniaturist (VF: « Miniaturiste » traduit par Dominique Letellier chez Gallimard) a été l’un des romans les plus vendus au monde en 2015. Il a même dépassé J.K Rowling (l’auteur de la saga Harry Potter) au Royaume-Uni : une vraie prouesse littéraire et commerciale !

Book Cover de The Miniaturist par Jessie Burton

The Miniaturist – Jessie Burton

Elle revient donc aujourd’hui avec The Muse, sorti il y a quelques semaines, et déjà en bonne place sur la liste des best-sellers anglo-saxons. Il trouvera sûrement des amateurs au pied du sapin auquel il est joliment assorti … Comme je le dis souvent sur le blog, les maisons d’édition anglo-saxonnes font de vrais efforts pour rendre les couvertures de livres attrayantes. Et The Muse n’échappe pas à la règle ; il a une allure folle en bleu nuit avec ces symboles colorés rappelant une broderie. Un véritable tableau…

Book Cover de The Muse de Jessie Burton

The Muse – Jessie Burton

 

Allons tout de même au-delà des apparences pour savoir ce qu’il vaut.


The Muse, captivant mais décevant

Londres, 1967 : Odelle est une jeune femme originaire de Trinidad, en recherche d’ emploi. Elle finit par décrocher un poste de sténo dans la galerie d’art Skelton à Londres. Sa vie bascule lorsqu’un jeune homme débarque à la galerie avec un tableau, apparemment perdu depuis des décennies. Cette oeuvre aurait été peinte par un certain Isaac Roblès en 1936 pendant la guerre d’Espagne. Mais plusieurs mystères entourent cette découverte : la supérieure d’Odelle, Marjorie Quick semble elle-même, avoir du mal à s’en remettre…

Arazuelo (Espagne), 1936 : Olive Schloss, 19 ans, fille d’un riche galériste juif viennois, et d’une mère anglaise, s’ennuie dans l’immense propriété que ses parents louent dans le village. Ils sont anglais, mais suite à la dépression de Sarah, la mère d’Olive, la famille s’est exilée en Espagne. Teresa et Isaac, demi-frère et soeur, sont les employés de la maison. Teresa et Olive vont devenir inséparables tandis que la jeune fille et Isaac , tous deux passionnés par la peinture, vont entamer une liaison passionnée. Ils vont alors, suite à un quiproquo, partager un secret…


Odelle & Olive, des vies parallèles

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Critiques

3 Book Reviews

J’ai lu ces trois livres ce mois-ci, trois livres fortement recommandés par les critiques, les booktubers, les libraires etc… Donc trois livres que je m’attendais à adorer ce qui n’est finalement pas le cas pour tous. C’est pour cette raison que je ne leur accorde pas un post entier à chacun.

Sachez que ces trois livres sont très différents les uns des autres, n’ont rien à voir entre eux que ce soit au niveau du genre, de l’histoire, des personnages etc… mais pourquoi pas en parler dans un même article !

 

The Essex Serpent, par Sarah Perry : mon préféré.

The Essex Serpent by Sarah Perry - éd. Serpent's Tail

The Essex Serpent by Sarah Perry – éd. Serpent’s Tail

 

Comment ne pas acheter ce livre juste pour la couverture ?? Les toqué(e)s de bouquins comme moi savent que parfois il suffit d’un rien pour déclencher un achat, et la couverture de ce livre est absolument sublime et donne envie de se balader avec dans le métro, rien que pour le plaisir d’avoir l’objet à la main, comme une pochette ou un petit sac.

Bon, passés ces commentaires très peu littéraires, ce livre est génial et je vous le recommande chaudement. Nous sommes dans l’Angleterre victorienne de la fin du 19ème siècle et nous partons à la rencontre de Cora Seaborne, fraîchement veuve et plutôt soulagée… Mariée à, feu, un aristocrate anglais et vivant dans un manoir en plein coeur de Londres, elle décide de s’exiler, à la mort de son mari un peu violent, à la campagne avec son petit garçon. Elle choisit le village de Aldwinter, dans l’Essex. Pourquoi ? Parce que Cora s’intéresse fortement à la biologie et à l’archéologie et qu’une rumeur fait état d’une drôle de créature peuplant les côtes d’Aldwinter, baptisée par les habitants « Essex Serpent« .

Elle s’y installe donc avec son fils, et sa « gouvernante », la jeune Martha. Elle va alors rencontrer le pasteur du village, William Ransome, marié avec enfants. Une relation amicale va alors naître entre ces deux-là que tout oppose : Cora est une naturaliste qui ne croit pas à la religion et qui croit en l’existence de la bête affreuse dont on lui a parlé ; William lui pense que l’existence de l’Essex Serpent ne peut être démontrée et que cette rumeur provient de la perte de foi des habitants du village qui trouvent dans cette créature une façon de croire à autre chose, et une raison de se réunir autour du sentiment de panique.

S’en suivront des conversations à n’en plus finir, des lettres, des situations cocasses qui donneront envie au lecteur qu’il se passe quelque chose entre les deux…

En dehors de ces deux fortes personnalités, on trouvera également plusieurs autres personnages tels que le médecin de feu Monsieur Seaborne, de qui Cora et Martha sont restées très proches, ou le couple d’amis de Cora qui lui présenteront le pasteur et sa famille.

Je ne vous en dis pas plus sur l’histoire pour ne pas spoiler ! Les personnages sont extrêmement bien construits, l’histoire est tortueuse mais on rentre dedans très vite grâce au fabuleux décor que nous dresse Sarah Perry : d’abord le Londres des années 1890, puis l’Essex terre natale de l’auteur, charmante campagne anglaise que l’on a l’impression de parcourir. Et surtout Cora représentée comme une forte tête, intelligente, cultivée, qui ne pleure pas la mort de son mari sous des chapeaux à la mode… Elle se fiche bien des apparences, et se moque de la bienséance, tout en composant une héroïne parfaite de la fin du 19ème siècle. on croirait presque que le roman a été écrit cent ans plus tôt. le livre est drôle, ironique, aborde des sujets fantastiques tels que la superstition et la foi, mais aussi la société des années 1890, l’amitié.

Sarah Perry n’est pas une inconnue des étagères de best-sellers des librairies anglaises puisqu’elle a rencontré un énorme succès avec son premier roman After Me Comes The Flood en 2014. Avec The Essex Serpent, Sarah Perry a reçu des critiques élogieuses des plus grands quotidiens nationaux britanniques, elle a même été comparée à Bram Stocker ou Charles Dickens par le poète John Burnside sur la 4ème de couverture.

« The Essex Serpent »

Auteur : Sarah Perry
Editeur : Serpent’s Tail
Pages : 418

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News, Prix

Baileys Women’s Prize For Fiction : la shortlist.

Nous ne connaissons pas très bien les prix littéraires anglo-saxons ici en France, ils sont pourtant très reconnus et souvent attribués à des auteurs très talentueux.
Après la shortlist de l’International Dylan Thomas Prize, dont je vous parlais la semaine dernière, c’est le Baileys Women’s Prize For Fiction qui a annoncé sa dernière liste d’écrivains en compétition avant la remise du prix, le 8 juin prochain.
Et comme le nom du prix l’indique il ne s’agit que de femmes, chez les nommées comme dans le jury !

Baileys Women's Prize for Fiction 2016 - le Jury

Baileys Women’s Prize for Fiction 2016 – Jury

 

Qu’est-ce que le Baileys Women’s Prize For Fiction ?

Le Baileys Women’s Prize For Fiction récompense chaque année la meilleure oeuvre de fiction, par une femme, rédigée en anglais, dans le monde.
L’histoire de la création du prix remonte à 1992, lorsqu’un groupe de journalistes, libraires, et critiques littéraires ont remarqué que l’année précédente le prestigieux Man Booker Prize n’avait gardé aucune femme dans sa shortlist.
Encore mieux, ils ont réalisé que seulement 10 pour cent de femmes faisaient partie des shortlists pour le Booker Prize, depuis sa création !
Le prix a donc été créé et lancé en 1996. Il s’est d’abord appelé le « Orange Prize for Fiction » et a été attribué pour sa première édition à Helen Dunmore pour A Spell of Winter.
Il change ensuite de nom en 2013, lorsque les fondateurs du prix décident d’avoir recours à des fonds privés, et devient le « Women’s Prize For Fiction ».
Un an après BAILEYS devient le sponsor officiel du prix et depuis il porte le nom du Baileys Women’s prize for Fiction.

Parmi ses lauréates on peut citer : Carol Shields (1998) Chimamanda Ngozi Adichie (2007), Marilynne Robinson (2009).
La gagnante de l’année dernière était Ali Smith pour How To Be Both.

Couverture du livre How To be Both par Ali Smith

How To Be Both by Ali Smith – Winner of the 2015’s Baileys Women’s Prize For Fiction

 

La Shortlist 2016

Baileys Women's Prize for Fiction 2016 - Shortlist

Baileys Women’s Prize for Fiction 2016 – Shortlist

 

  • The Green Road by Anne Enright (Vintage Publishing)

Les enfants de Rosaleen Madigan, tous expatriés, reviennent en Irlande lorsque leur mère leur annonce qu’elle veut vendre la maison de famille. Ils se retrouvent tous alors pour un dernier Noel dans le bien familial, chacun avec leur vie, leurs griefs les uns contre les autres et surtout contre leur mère qui ne les a jamais épargnés…

Anne Enright est un auteur irlandais lauréate du Man Booker Prize 2007 pour The Gathering. Elle a déjà obtenu plusieurs prix avec The Green Road sorti en mai dernier chez Vintage Publishing.

The Green Road par Anne Enright

The Green Road by Anne Enright

 

  • The Improbability Of Love by Hannah Rothschild (Bloomsbury Publishing PLC)

Lorsqu’Annie McDee tombe sur une affreuse peinture en cherchant un cadeau pour un homme peu recommandable elle ne se rend pas compte de l’importance de sa découverte.
Elle se retrouve propulsée malgré elle dans la vie artistique londonienne, au milieu de riches oligarques russes, d’acheteurs désespérés et d’escrocs qui veulent tous mettre la main sur son tableau-un chef d’oeuvre du 18ème siècle qui a pour titre « The Improbability of Love ».
A force d’enquêter sur l’origine de son tableau, Annie va non seulement découvrir la liste des prestigieux anciens propriétaires, mais aussi de sombres secrets de l’Histoire européenne. Le long chemin qu’elle emprunte va également lui redonner envie de tomber amoureuse…

C’est le 1er livre d’Hannah Rothschild, philanthrope et réalisatrice britannique. Elle connaît son sujet puisqu’en août 2015, elle est devenue présidente du conseil d’administration de la National Gallery à Londres. c’est la première femme à accéder à ce poste prestigieux. Cela faisait 25 ans qu’elle travaillait à ce premier roman, salué par la critique.

The Improbability Of Couverture de The Improbability Of Love by Hannah Rothschild

The Improbability Of Love by Hannah Rothschild

 

  • A Little Life by Hanya Yanagihara (Pan Macmillan)

Willem, JB, Malcolm et Jude quatre amis qui se sont connus à l’université dans le Massachusetts s’installent ensemble à New York afin de trouver un job.
Au fil des années, leurs relations deviennent plus compliquées, tendues par le succès et l’orgueil. Bientôt c’est Jude qui va leur poser problème, devenu un avocat très talentueux mais un homme brisé et dépressif, traumatisé par une enfance affreuse dont il pense qu’elle va le hanter pour toujours.

Ce livre assez long et décrit comme dépressif par beaucoup de lecteurs est pourtant devenu l’un des best-sellers de l’année en 2015! Toutes les critiques sont unanimes pour louer les qualités littéraires de l’auteur américaine dont c’est le 2ème livre. Elle arrive à dépeindre avec émotion les relations humaines, les limites de l’amitié, le masochisme et la souffrance. Mais aussi la réussite et l’ascension professionnelle.

Couverture de A Little Life by Hanya Yanagihara

A Little Life by Hanya Yanagihara

 

  • The Glorious Heresies by Lisa McInerney (John Murray General Publishing Division)

Un meurtre va affecter la vie de cinq marginaux en Irlande.
Ryan, 15 ans, est un dealer qui ne veut pas mal tourner comme son alcoolique de père, dont l’obsession pour son voisin détraqué menace de ruiner sa famille.
Georgie est une prostituée dont la volonté de se convertir va avoir de dangereuses répercussions.
Maureen, la meurtrière accidentelle, revient à Cork après 40 ans d’exil et découvre que son fils Jimmy est devenu l’un des plus grands gangsters de la ville.
En cherchant l’expiation pour son crime, Maureen menace de détruire tout ce pour quoi son fils a travaillé, tandis que ses actions risquent de donner un coup de projecteur à la pègre irlandaise.

The Glorious Heresies a été nommé Livre de l’année par The Irish Times, Sunday Independent et le Sunday Business Post en 2015 et est apparu sur la liste de plusieurs prix cette année.

Il s’agit du premier roman de Lisa McInerney écrivain irlandais, qui s’est fait connaître en tenant un blog sur la classe ouvrière.

The Glorious Heresies by Lisa McInerney

The Glorious Heresies by Lisa McInerney

 

  • Ruby by Cynthia Bond (Hodder & Stoughton General Division)

Ephram Jennings n’a jamais oublié la jolie fille aux longues tresses qui courait à travers les bois de Liberty, leur petite ville d’enfance du Texas profond. Pour Ruby Bell, Liberty n’était qu’un lieu de violence et d’abus qu’elle a fui pour le New York glamour des 50’s. Des années plus tard, de retour chez elle, Ruby 30 ans doit faire face à nouveau au racisme de son enfance et à la haine de toute une ville. Témoin de cet acharnement, Ephram doit choisir entre la loyauté à sa soeur qui l’a élevé, et l’amour de la femme qu’il aime depuis tout petit.

Comparée à Toni Morrison et louée par Oprah Winfrey, Cynthia Bond dénonce ici le racisme ordinaire d’une petite ville du sud des Etats-Unis et arrive à parler d’amour et de religion dans un contexte violent et sordide. Peut-on échapper à son destin ?

Couverture pour Ruby de Cynthia Bond

Ruby by Cynthia Bond

A noter, le livre est paru en France, sous le même titre, traduit de l’anglais par Laurence Kiefé, aux éditions Christian Bourgois.

 

  • The Portable Veblen by Elizabeth McKenzie (HarperCollins)

Veblen est une anti-consumériste convaincue. Elle est passionnée, enthousiaste, traductrice amateur de Norvégien, et elle croit fermement que l’écureuil gris qui la suit partout peut comprendre plus de choses qu’il n’y paraît.

Son fiancé Paul est un neuro-scientifique, fils de hippies, qui n’a pas trop le temps pour les écureuils. Ses travaux récents l’ont rapproché de Cloris Hutmacher, une sacrée séductrice, héritière d’un empire pharmaceutique, promise à la gloire et au succès grâce à un sombre contrat la liant au Secrétariat de la Défense. Tout va alors se compliquer…

Il s’agit du 2ème roman de l’américaine Elisabeth McKenzie, dont la lecture s’avère, pour les critiques, agréable et amusante. Un roman sur les familles dysfonctionnelles et surtout l’engagement et le mariage.

The Portable Veblen by Elizabeth McKenzie

The Portable Veblen by Elizabeth McKenzie

 

 

Hop sur la pile !

Hop Sur La Pile #1

Il y a quelques jours j’ai commandé ces trois livres et je les attends avec impatience ! La prochaine chronique sera peut-être sur l’un de ceux-là.

  • “The Little Red Chairs” par Edna O’Brien (Faber & Faber) 320p.
  • “The Long Shadow Of Small Ghosts” par Laura Tillman (Scribner) 256p.
  • “The Year of the Runaways” par Sunjeev Sahota (Picador) 480p.

 

« The Little Red Chairs« 

Le dernier et 24ème livre d’Edna O’Brien était très attendu, le précédent remontant à plus de dix ans. L’auteur, d’origine irlandaise, s’est inspiré du personnage de Radovan Karadzic, le Boucher des Balkans, pour nous parler du mal et de la fascination qu’il exerce sur l’Homme.

The Little Red Chairs by Edna O' Brien (Faber & Faber)

The Little Red Chairs by Edna O’ Brien (Faber & Faber)

Plot

Vlad, un soi-disant guérisseur venu tout droit d’Europe de l’Est, s’installe dans un village irlandais et au fil des jours suscite la fascination des habitants. Une femme en particulier, Fidelma, s’amourache du « docteur ». Mais tout s’écroule lorsque l’homme est arrêté : il n’est pas guérisseur mais criminel de guerre. Direction donc La Haye et son Tribunal, où il sera non seulement confronté à ses crimes mais aussi à Fidelma qui a traversé l’Europe pour le retrouver.

Il va sans dire que chaque livre d’Edna O’Brien se doit d’être lu, donc sans même savoir ce que je peux en attendre je l’ai commandé et j’espère le lire vite. Les critiques sont plutôt élogieuses et le sujet semble prenant donc… à voir !

 

« The Long Shadow Of Small Ghosts« 

Il s’agit du 1er livre de Laura Tillman, (@latillman) journaliste originaire du New jersey, ayant travaillé pour The New York Times, The Wall Street Journal, ou The Nation  entre autres.

The Long Shadow Of Small Ghosts

The Long Shadow Of Small Ghosts by Laura Tillman (Scribner)

Plot

Le 11 mars 2003, à Brownsville au Texas (l’une des villes les plus pauvres des Etats-Unis), un couple assassine ses trois jeunes enfants. A la suite de cet horrible fait divers, certains voisins décident qu’il faut détruire l’immeuble où a eu lieu le crime, le décrivant comme un immeuble hanté. Cinq ans plus tard Laura Tillman couvre l’histoire pour le journal local et se pose cette question : peut-on parler d’ « immeuble du mal » ? Son enquête va la mener bien plus loin que cette simple question.  Ses recherches vont l’emmener sur les traces de cette famille dysfonctionnelle, et la faire s’interroger sur les effets à long terme d’un crime sur toute une communauté. Une fois que les reporters et le chagrin détalent, que reste-t-il du fait divers et de ses conséquences ?

J’ai beaucoup vu passer ce livre dans les articles résumant les sorties du mois et les livres à lire absolument et son sujet m’a intrigué. Je ne suis pas absolument sûre que ce crime affreux possède un très grand intérêt littéraire, du moins sur 250 pages, mais l’angle me plaît bien et le travail journalistique de Laura Tillman semble très abouti. La qualité littéraire demeure un mystère, mais je l’ai mis dans mon panier et je l’attends avec impatience !

« The Year of the Runaways« 

Le 2ème roman de Sunjeev Sahota sorti il y a 6 mois a déjà été sélectionné pour plusieurs prix littéraires dont le Man Booker Prize 2015 (raté de peu), et l’International Dylan Thomas Prize 2016,(IDTP, la shortlist 2016) et c’est ce qui a attiré mon attention.

Book cover of The year of The Runaways by Sunjeev Sahota

« The year Of The Runaways » by Sunjeev Sahota (Picador)

Plot

Le livre raconte l’histoire d’une indo-britannique et de trois jeunes indiens immigrés en Angleterre, la façon dont ils y sont arrivés, les raisons qui les y ont amenés et la manière dont ils vont survivre. Colocataires dans une maison à Sheffield où vivent treize personnes expatriées comme eux et cherchant à s’en sortir, les trois hommes se battent pour se faire une place dans leur pays d’accueil, tout en faisant face à la violence, au racisme et au système de castes qui a émigré avec eux.

Le roman est plus que jamais d’actualité, et Sunjeev Sahota est maintenant un habitué de ce genre de thèmes puisqu’il s’est fait connaître en Grande-Bretagne en traitant d’un autre sujet brûlant : le terrorisme.

Son 1er roman « Ours Are the Streets » inspiré par les attentats du 7 juillets 2005 à Londres, a remporté le prix Granta en 2013 qui récompense les meilleurs jeunes auteurs britanniques.

Toutes les critiques que j’ai pu lire pour l’instant encensent l’ouvrage, mais elles précisent bien qu’il faut s’accrocher les cent premières pages… Je vous tiens au courant !