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Cover de Days Without End - Sebastian Barry
Critiques

« Days Without End » par Sebastian Barry

Days Without End est une fresque historique, mêlant guerre et histoire d’amour homosexuelle dans les Etats-Unis des années 1850. Ambitieux n’est-ce pas ?

Non seulement le pari est réussi, mais le livre est un petit chef d’oeuvre, car il a ce petit quelque chose en plus qui distingue les bons livres des grands livres. Preuve en est, il a remporté les Costa Book Awards, offrant ainsi à son auteur Sebastian Barry, une seconde récompense, fait inédit dans l’histoire du prix.

Le romancier Sebastian Barry, gagnant du Costa Book Awards 2016

Sebastian Barry, gagnant du Costa Book Awards 2016

 

Ce récit est raconté à la première personne par un vieux Thomas McNulty, une cinquantaine d’années après les faits.

Le jeune Thomas, âgé de 17 ans à peine, arrive aux Etats-Unis, seul, au début des années 1850, après avoir fui la Grande Famine irlandaise, sa famille ayant péri des suites de cette catastrophe.

Sans le sou, il débarque dans le Missouri et fait la connaissance d’un autre adolescent solitaire : John Cole. Ils empruntent tous les deux la piste de l’Oregon pour se rendre dans l’Ouest. Sur la route ils rencontrent Monsieur Noone, qui tient un saloon, et qui les engage pour divertir ses clients : ils devront se déguiser en femmes pour danser avec la clientèle masculine qui manque de présence féminine. Jeunes et beaux ils passent sans problème le test et gagnent leur vie en dansant tous les soirs.

Ils finissent tous deux par tomber amoureux et dès les trente premières pages, leur relation naît. Quelques mois passent ainsi, et l’adolescence s’éloignant, les deux jeunes hommes doivent trouver un autre job, leurs traits ne pouvant plus leur permettre de se déguiser en jeunes filles.

Ils s’engagent dans l’armée américaine qui se bat alors contre les amérindiens.

Ils sont envoyés en Californie, puis dans le Nebraska et enfin en Virginie. Plus tard, ils s’engageront dans la guerre de Sécession. Les combats sont affreux, l’armée massacre les Indiens, ils voient ce qu’ils n’auraient jamais pu imaginer… Thomas et John vont alors rencontrer une amérindienne orpheline, Winona, qu’ils vont adopter. Ils vont former une famille, complètement originale pour l’époque. Ils vont se séparer au rythme des combats et des périodes de repos, mais toujours se retrouver et s’accrocher l’un à l’autre au rythme du coeur battant de l’Amérique en construction.

 

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Le livre "Days Without End" (éd. Faber & Faber) gagnant du Costa Book Awards
News, Prix

Sebastian Barry remporte le Costa Book Awards 2016

And the winner is …. : Sebastian Barry pour « Days Without End »

Cover de Days Without End - Sebastian Barry

Days Without End – Sebastian Barry

Je vous avais parlé de la shortlist dans cet article-ci. Le lauréat a donc été annoncé ce 31 janvier au soir ; et c’est la première fois dans l’histoire du Costa Book Awardsqu’un romancier remporte deux fois le prix du livre de l’année. Sebastian Barry avait déjà obtenu le titre  2008 avec The Secret Scripture (VF: Le Testament caché, trad. de Florence Lévy-Paoloni, Paris, Éditions Joëlle Losfeld).

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Hop sur la pile !

Hop Sur La Pile #3

J’ai fait quelques emplettes la semaine dernière sur Waterstones , le site internet de la librairie du même nom. Et voilà le résultat, 3 nouveaux bouquins ! J’ai été plutôt raisonnable , mais cela fait quand même un sacré rajout à ma pile à lire !

 

Swing Time, par Zadie Smith

Book cover de Swing Time par Zadie Smith

Swing Time – Zadie Smith

 

C’est LE livre de cet automne. On en parle partout : sur les blogs, dans les librairies, dans les pages littérature des quotidiens britanniques… bref c’est celui qu’il ne faut pas rater. Très attendu donc, il est sorti au Royaume-Uni le 15 novembre dernier. Je l’avais donc pré-commandé et je l’ai reçu assez rapidement. Et cerise sur le gâteau, j’ai eu une édition signée s’il vous plaît !

Alors de quoi parle Swing Time ?
Il s’agit de l’histoire de deux amies, métisses, vivant à Londres dans les années 80. Tracey et la narratrice (qui n’est jamais nommée) se rencontrent à l’adolescence. Elles ont une passion commune pour la danse. Seul problème : Tracey a beaucoup de talent mais la narratrice n’en a pas autant, elle a les pieds plats. Tracey parvient à ses fins en intégrant une compagnie de danse, tandis que son amie abandonne les chorégraphies et part sur les routes, devenant l’assistante personnelle d’une chanteuse à succès. Le roman repose sur les différences entre les deux amies et leurs destins respectifs : est-on plus heureux lorsque l’on quitte son pays pour réussir ? Comment gérer l’échec ? Au centre du livre  également, la relativisation des étiquettes sociales de chacun des personnages. Et évidemment l’amitié féminine, l’adolescence et la famille.

C’est le 5ème roman de Zadie Smith qui a été beaucoup récompensée par le passé : elle a reçu plusieurs prix pour  son 1er roman White Teeths (VF : « Sourires de Loup », traduit par Claude Demanuelli, éd. Gallimard), et est également lauréate du Orange Prize For Fiction pour On Beauty (VF: « De La Beauté » traduit par Philippe Aronson, éd. Gallimard). L’accession à l’âge adulte est l’un des thèmes préférés de cette féministe convaincue, qui crée dorénavant l’engouement à chaque sortie de roman.

 

« Swing Time » – Zadie Smith
Pages : 464
Editeur : Penguin Press
Date : 2016

 

Between The World And Me, par Ta-Nehisi Coates

Book cover of Between The World And Me - Ta-Nehisi Coates

Between The World And Me – Ta-Nehisi Coates

 

Ce livre sorti en 2015 est en fait une lettre écrite par l’auteur à destination de son fils. Il lui apprend ce que c’est qu’être noir aux Etats-Unis : les réalités du quotidien, le racisme ambiant et la place des noirs dans l’histoire du pays . Coates s’est inspiré de James Baldwin, écrivain noir-américain, qui avait publié The Fire Next Time en 1963. Dans l’un des deux essais du livre, Baldwin s’adressait à son neveu sous forme de lettre en lui parlant de la ségrégation. Coates a souhaité reprendre la même forme pour lui rendre hommage et en quelque sorte continuer la discussion. L’idée lui est venue après une rencontre avec Barack Obama et une discussion assez agitée sur la condition des afro-américains au 21ème siècle. Le livre est très franc et brutal. Il ne laisse pas forcément place à un éventuel rayon de soleil. Coates a voulu un livre cruel et réaliste et pas un traité rempli d’espoir. Au contraire il met en garde son fils sur ce qu’il attend dans sa vie.. Salué par la critique et adoubé par la grande Toni Morrisson ,  le livre a reçu le National Book Award dans la catégorie « non-fiction » en 2015. Il a également été finaliste du Prix Pulitzer cette année.

Il a été traduit en français par Thomas Chaumont et publié au début de l’année 2016 par les éditions Autrement : « Une colère noire : lettre à mon fils »

« Between The World and Me » – Ta-Nehisi Coates
Pages : 176
Editeur : Spiegel & Grau
Date : 2015

Girls Will Be Girls, par Emer O’Toole

Book Cover de Girls Will Be Girls - Emer O' Toole

Girls Will Be Girls – Emer O’ Toole

 

Rien à voir avec les deux précédents, si ce n’est pour le féminisme bien présent dans Swing Time, Girls Will Be Girls explore la féminité. L’auteure s’interroge sur ce qui pousse les femmes à embrasser leur genre : comment devient-on féminine ? A quel moment décide-t-on de faire comme les autres et de se déguiser en fille ? Le livre nous démontre à quel point les choix des femmes, supposément libres, sont en fait tous déterminés par la pression de la société et par la bien-pensance. La façon de parler, les vêtements, l’allure, l’hygiène des femmes… tout est en fait pré-déterminé. Très provocateur, cet essai explore les racines du féminisme et les symboles de celle-ci qui nous sont aujourd’hui imposés. Elle joue sur les codes et fait partager sa propre expérience. Le livre est également sorti en 2015, j’ai donc un peu de retard mais je vais rattraper ça vite fait !

 

 

 

 

 

« Girls Will Be Girls » – Emer O’Toole
Pages : 263
Editeur : Orion
Date : 2015

J’espère que mes résumés de ces derniers achats vous donneront envie de les découvrir aussi, et je souhaite surtout pouvoir les lire très vite !

Couverture de The Glorious Heresies by Lisa McInerney (éd. John Murray - Paperback)
News, Prix

Lisa McInerney, gagnante du Baileys Women’s Prize For Fiction 2016, pour « The Glorious Heresies »

Le Baileys Women’s prize For Fiction, l’équivalent du prestigieux Man Booker Prize pour les femmes,  a été remporté hier soir par cette auteure irlandaise.

Comme je l’ai déjà expliqué sur le blog ici (http://eponineazelma.com/baileys-womens-prize-for-fiction-shortlist) , le BWPFF a été créé afin de récompenser les romans en anglais écrits par des femmes, n’importe où dans le monde. 6 écrivains étaient en concurrence jusqu’à hier soir, et Lisa McInerney faisait partie des favorites du public et des blogueurs et vlogueurs anglo-saxons .

Elle remporte donc la somme de 30.000 £ (38.000 €) ainsi qu’un « Bessie » la petite statuette symbolisant le prix.

Qui est Lisa McInerney ?

Portrait de Lisa McInerney, gagnante du Baileys Women Prize for Fiction 2016

Lisa McInerney, gagnante du Baileys Women Prize for Fiction 2016

Lisa McInerney a débuté en tant que blogueuse !  En 2006, alors âgée de 25 ans, elle relate la vie d’une petite bourgade irlandaise, Galway, du point de vue de la « working class » avec pas mal de cynisme. Le blog s’appelle alors Arse End of Ireland,  et remporte trois années d’affilée le titre de meilleur Blog Irlandais. Elle se fait alors remarquée dans le milieu littéraire et commence sa carrière d’auteure en écrivant quelques nouvelles. The Glorious Heresies est son premier roman écrit en 2013 mais publié en 2015.

« The Glorious Heresies »

The Glorious Heresies by Lisa McInerney (éd. John Murray - Hardcover)

The Glorious Heresies by Lisa McInerney (éd. John Murray – Hardcover)

Le roman tourne autour de la vie de plusieurs protagonistes impliqués de près ou de loin dans un meurtre. Tout se déroule dans la ville de Cork en Irlande ; on y rencontre un ado de 15 ans dealer de drogue, son père alcoolique, une prostituée ou encore un chef de gang. Décrit comme exubérant, généreux, et osé, par The Guardian à sa sortie, c’est en effet un concentré d’humour noir. Lisa McInerney a même regretté à l’époque de sa publication, que le roman ait été taxé de roman « masculin », comme si une femme ne pouvait pas écrire un roman tapageur, à l’humour féroce.  (http://www.irishtimes.com/culture/books/lisa-mcinerney-on-what-baileys-prize-means-1.2678249)

Le jury du Baileys Women’s Prize For Fiction, lui, a trouvé le livre « frais et vibrant« , « superbement original » et salue Lisa McInerney qui utilise « l’humour et le talent pour nous permettre de pénétrer dans les vies sombres de ces personnages« .

Ce n’était le choix le plus conventionnel pour ce jury qui a du écarter de sa décision finale, entre autres, le best-seller A Little Life by Hanya Yanagihara, et une autre auteure irlandaise déjà titulaire du Man Booker Prize, Anne Enright avec son passionnant The Green Road.

The Glorious Heresies a été nommé livre de l’année par The Irish Times, le Sunday Independent et le Sunday Business Post en 2015.

Vous pouvez retrouver les autres nommés de la shortlist du Baileys Women’s Prize For Fiction ici sur mon blog : http://eponineazelma.com/baileys-womens-prize-for-fiction-shortlist

Baileys Women's Prize For Fiction 2016 - Shortlist

Baileys Women’s Prize For Fiction 2016 – Shortlist