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Critiques, Prix

Lincoln In The Bardo de George Saunders, gagnant du Man Booker Prize 2017

Si le Prix Goncourt 2017 a déjoué tous les pronostics des critiques littéraires, des lecteurs, et des libraires d’ailleurs, prouvant ainsi que les favoris n’arrivent pas toujours sur le podium, le Man Booker Prize a fait totalement l’inverse cette année !

La victoire de George Saunders, avec Lincoln In The Bardo, récompense un livre déjà best-seller dans tous les pays où il a été publié : il était l’un des favoris cette année, avec Autumn d’Ali Smith. La popularité de ce récit est d’autant plus étonnante qu’il n’est pas si facile à aborder… mais les anglo-saxons sont plutôt téméraires lorsqu’il s’agit de récompenses, et la forme de l’ouvrage est sûrement ce qui lui a permis de sortir du lot.

Man Booker Prize Winner : Lincoln In The Bardo par George Saunders (éd. Bloomsbury)

Lincoln In The Bardo par George Saunders – Gagnant du Man Booker Prize 2017 (éd. Bloomsbury)

Ça raconte quoi ?

Lincoln In The Bardo, littéralement Lincoln dans le Bardo, a bien pour protagoniste le président américain Abraham Lincoln… mais ce n’est pas lui qui se retrouve dans le « bardo », c’est son fils Willie, âgé de 12 ans.

 

Nous sommes en février 1862, un an après le début de la Guerre de Sécession, et le petit Willie Lincoln meurt de la fièvre typhoïde. Les époux Lincoln sont inconsolables, à tel point qu’Abraham décide de veiller le corps de son fils dans la crypte du cimetière Oak Hill à Gerogetown, où Willie doit être enterré. Il y passe des heures, tenant le corps sans vie de son fils dans ses bras.

Willie n’est plus, mais son esprit rôde dans le cimetière, et il assiste à la scène touchante de son père ne lâchant pas son corps en le pleurant. Willie est en fait coincé dans le « bardo » : mot tibétain qui désigne cet état transitionnel entre la mort et la renaissance, entre le moment ou l’esprit quitte le corps et son élévation vers un hypothétique « ailleurs ».

 

Il n’est pas seul : ils sont des dizaines d’esprits à peupler le cimetière en attendant de passer « de l’autre côté ». La plupart de ces fantômes sont dans un état de déni par rapport à leur mort : ils se croient simplement malades, désignant même leurs cercueils comme des « boîtes à malades » (« sick-boxes »). On les entend tous les uns après les autres, ils se succèdent et s’invitent dans l’histoire, formant un roman choral complètement fou.

Emus et impressionnés par le tableau du président américain tenant le corps de son enfant dans ses bras, les esprits veulent s’occuper de Willie qui, lui, refuse obstinément de partir : il attend sur sa tombe, les jambes croisés, que son père revienne le voir.

 

Mais rester trop longtemps dans cet état transitionnel n’est pas bon pour les jeunes esprits : les anciens lui apprennent que s’il ne part pas au plus vite vers l’au-delà, il se détériorera : il sera emportée par des âmes damnées et sa conscience sera dégradée.

Deux des acolytes de Willie , les fantômes Hans Vollman et Roger Bevins III, vont alors prendre les choses en main et tenter de retrouver Abraham Lincoln, essayer de le ramener dans la crypte en pénétrant son esprit, afin qu’il puisse enfin dire au revoir à son fils une dernière fois, et le convaincre de passer de l’autre côté…

 

Qui est George Saunders ?

George Saunders avec son livre, ‘Lincoln in the Bardo’ à Londres le 17 octobre 2017.

George Saunders est parti d’une anecdote qui lui a été rapportée par un membre de sa famille il y a déjà une vingtaine d’années : la veillée du corps de Willie Lincoln par son père au soir de sa mort. Impossible de savoir si l’histoire est vraie, les historiens ne sont pas d’accord sur le sujet. En tout cas ce qui est sûr c’est que le président américain a beaucoup pleuré son fils qu’il adorait, alors qu’au moment de son décès, il vit dans un contexte politique compliqué, embourbé dans la Guerre Civile.

 

On a déjà tout écrit sur Abraham Lincoln, la figure américaine à qui est consacrée un nombre incalculable de biographies, il s’agissait donc pour George Saunders de relever un défi :  écrire sur Abraham à travers le personnage de Willie.

Lincoln In The Bardo est le premier roman de George Saunders, qui n’est pourtant pas un inconnu des lettres américaines, au contraire.

Ce « master of short stories » (maître de la nouvelle) est très réputé pour ses écrits courts outre-atlantique. Ce roman était donc très attendu et a reçu un bel accueil à sa sortie l’hiver dernier, en devenant immédiatement un best-seller aux Etats-Unis.

George Saunders, né en 1958, n’a pas toujours écrit que des fictions… : son premier métier c’est rédacteur technique en géophysique d’exploration. Dans les années 90, il commence à rédiger des histoires d’abord pour le plaisir, et sur son temps de travail, ce qui explique le choix d’histoires courtes qui n’interféraient alors pas trop avec ses ennuyeux rapports à rendre.

Il se lance ensuite dans le journalisme, puis consacre très vite tout son temps libre à l’écriture et finit par en vivre.

Son premier ouvrage, CivilWarLand in Bad Decline paraît en 1996. Il écrit ensuite 7 autres recueils de nouvelles avant de s’attaquer à Lincoln In The Bardo. Parmi eux, Pastoralia en 2000, ou Tenth of December : stories en 2013. Il n’est pas beaucoup traduit en français mais ce dernier livre et a été publié chez nous aux éditions de l’Olivier en 2015, sous le titre de « Dix Décembre » , traduit par Olivier Deparis. Ses nouvelles abordent en général les thèmes de la société de consommation et évoquent une satire de l’Amérique.

 

Pourquoi c’est bien ?

Dans  Lincoln In The Bardo , George Saunders aborde donc le thème de la mort, de l’au-delà et du lâcher-prise, des sujets qu’il a déjà abordés auparavant dans ses recueils de nouvelles par petites touches dans plusieurs histoires,  par le biais de certains personnages, des fantômes, qui se demandent pourquoi ils sont là, et ont du mal à accepter leur mort.

Mais à un degré plus élevé, on peut voir dans ce livre, une évocation des morts de la Guerre de Sécession et de l’empathie que Lincoln a pu éprouver pour ses soldats, à travers le deuil de son fils.

La question de la mort et de ce qu’il y a après obsède beaucoup George Saunders, et ce roman est en quelque sorte un condensé de tout le talent de Saunders qui sait habilement combiner l’humour et la noirceur. 

 

 

La mort tournée en dérision

Si le livre est centré sur la mort, et la façon dont l’être humain peut se trouver dans le déni de ce qui va lui arriver, il est peuplé de personnages hauts en couleurs. Certains ont connu une mort violente, d’autres plutôt drôle, et leur recul sur ce qui leur est arrivé, la façon qu’ils ont de le raconter est parfois hilarante.  

 

Les personnages ont tous raté quelque chose, manqué des opportunités… Ils se plaignent de leur condition, ne se remettent pas de leur décès, n’y croient pas pour la plupart…La solitude et l’égoisme de certains d’entre eux reflètent nos préoccupations de tous les jours, nos défauts, nos craintes les plus extrêmes.

 

On y rencontre un ancien soldat, un révérend déshonoré, un monsieur qui s’est pris le plafond sur la tête alors qu’il allait consommer son mariage, un chasseur d’ours… bref une belle galerie de personnages.

 

En fait c’est un cimetière qui prend vie et c’est bien là toute l’originalité du concept…

 

Le deuil de la nation

La famille Lincoln, Willie est le deuxième en partant de la gauche.

La Guerre de Sécession aura duré 4 ans (entre 1861 et 1865) et aura fait au total plus de 615.000 morts dans les deux camps : les partisans de l’Union et les Confédérés.

La perte de Willie coïncide avec les premiers mois de cette guerre civile, qui fit tomber très vite des centaines de soldats, dont les propres frères de Mary, la femme d’Abraham Lincoln. La période est donc très difficile pour le président américain qui se sent responsable de la perte de son fils, de ses beaux-frères, et des centaines d’adolescents arrachés à leurs parents, pendant le conflit.

 

Les corps s’empilent au fur et à mesure des batailles et des milliers de familles américaines se retrouvent en deuil du jour au lendemain.

 

Lorsque Lincoln se rend sur la tombe de Willie, il ne pleure donc pas seulement la mort de son fils, mais celle de tous « ses » fils : les soldats, qu’ils soient nordistes ou sudistes. Le livre de George Saunders nous permet de comprendre à quel point il fut compliqué pour Abraham Lincoln de retrouver l’envie et le courage de diriger ses troupes au milieu de tous ces fantômes.

 

On le comprend encore mieux lorsque les esprits essaient de le convaincre de s’éloigner du cimetière, de laisser Willie partir, comme une façon de le pousser vers  la « lumière » et de le convaincre de résister aux épreuves. Tandis que lui, réalise que son chagrin est universel, et que d’autres familles sont en train de vivre la même chose que lui.

His mind was freshly inclined toward sorrow,” (…) “toward the fact that the world was full of sorrow, that everyone labored under some burden of sorrow; that all were suffering; that whatever way one took in this world, one must try to remember that all were suffering (none content; all wronged, neglected, overlooked, misunderstood), and therefore one must do what one could to lighten the load of those with whom one came into contact; that his current state of sorrow was not uniquely his, not at all, but, rather, its like had been felt, would yet be felt, by scores of others, in all times, in every time, and must not be prolonged or exaggerated, because, in this state, he could be of no help to anyone and, given that his position in the world situated him to be either of great help or great harm, it would not do to stay low, if he could help it.

Une forme inédite et déconcertante

L’ambiance du livre est tout à fait unique et fantastique, c’est aussi grâce à la forme ultra-originale du texte de Saunders , qui accompagne ce folklore de personnages.

Extrait de « Lincoln In The Bardo » par George Saunders

On croit tenir dans les mains un scénario, voire une pièce de théâtre : les dialogues s’enchaînent, les esprits vont et viennent, racontent leur histoire chacun leur tour, et il y a en fait très peu de passages qui ne soient pas « parlés ».

Il faut vraiment passer les trente premières pages pour apprécier l’oeuvre : on entre complètement déconcerté par cette histoire, comme si l’on ouvrait un plan sans rien comprendre à la route. Lorsqu’on entend « roman » on pense « histoire », « prose », « construction des personnages », rien de tout ça ici, rien n’est conforme à ce que l’on peut attendre d’un roman sur Abraham Lincoln ou sa famille.

 

Plus de 150 personnages vont peupler le cimetière de Oak Hill, ainsi que notre cerveau, puisqu’il est très compliqué de gérer toutes ces voix qui s’expriment les unes après les autres, voire en même temps.

 

C’est là que réside le tour de force de ce roman : amener le lecteur dans une histoire construite, y introduire de l’émotion, des sentiments, de la réflexion et beaucoup de créativité, mais par le biais d’une construction théâtrale, voire cinématographique.

 

Pour couronner le tout, George Saunders s’amuse beaucoup avec les références historiques : il source à peu près toutes ses descriptions … mais certaines références sont complètement fausses et inventées. Au lecteur de s’y retrouver !

 

C’est donc un Man Booker Prize mérité, populaire et pointu en même temps. Vous pouvez d’ailleurs retrouver les autres nommés par ici.

C’est la deuxième année de suite qu’un américain est couronné du Man Booker, même si cela ne fait que quatre ans que le prix est ouvert aux auteurs d’origine américaine. Beaucoup pensaient donc que le prix reviendrait à un ou une britannique cette année, afin de calmer les esprits, surtout ceux qui n’étaient pas ravis de l’ouverture du prix à un plus vaste panel d’auteurs.

Livre trop populaire, auteur non-britannique, bref rien n’était joué pour George Saunders bien qu’il soit parti favori… comme quoi en France, en Grande-Bretagne ou ailleurs, personne ne peut prévoir le résultat d’un prix littéraire… de toute façon peu importe, ce qui compte c’est de lire ce qui vous plaît…!

Sachez néanmoins si vous désirez vous lancer dedans, que le livre audio de Lincoln In The Bardo est très sympa : les 160 personnages sont joués par différents acteurs comme David Sedaris, Lena Dunham, ou encore Ben Stiller. George Saunders lui-même, participe…

Et pour ceux qui ne voudraient pas s’y risquer en V.O, sachez qu’il sortira l’année prochaine chez Fayard en français.

 

Happy reading 😉 !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prix

Man Booker Prize 2017 : la shortlist

La sélection finale du Man Booker Prize est tombée hier ! Ô surprise, pas de Colson Whitehead (les autres vont donc avoir une chance de gagner ;)), ni de Sebastian Barry (déçue), et pas non plus de Kamila Shamsie…

 

La sélection

4 3 2 1 par Paul Auster (US) (Faber & Faber)

The History of Wolves  par Emily Fridlund (US) (Weidenfeld & Nicolson)
Publié en français chez Gallmeister sous le titre « Une histoire des loups« , traduit par Juliane Nivelt.

Exit West par Mohsin Hamid (Pakistan-UK) (Hamish Hamilton)

Elmet par Fiona Mozley (UK) (JM Originals)

Lincoln In The Bardo par George Saunders (US) (Bloomsbury)

Autumn par Ali Smith (UK) (Hamish Hamilton)

 

Les auteurs sélectionnés sur la shortlist du Man Booker Prize 2017 : Paul Auster, Emily Fridlund, Mohsin Hamid, Ali Smith, George Saunders et Fiona Mozley.

 

  • Il y 3 auteurs américains et 3 auteurs britanniques : depuis 2013, les écrivains américains ont le droit de participer au Man Booker Prize, ce qui a permis à Paul Beatty de gagner l’année dernière. Cette décision a fait polémique et aujourd’hui encore, avec cette sélection, certains se demandent si les américains ne vont pas dominer un prix historiquement britannique. La réponse du jury est simple : ses membres ne jugent que la qualité du livre, et non la nationalité de l’auteur. De plus seuls 30% des auteurs pré-sélectionnés cette année étaient américains.
  •  Sur les 6 auteurs sélectionnés, 2 sont des primo-romancières. Il s’agit de la britannique Fiona Mozley, et de l’américaine Emily Fridlund.
    Fiona Mozley est née en 1988 à York. C’est lors d’un trajet en train entre Londres et sa ville natale que lui vient l’idée de son premier roman Elmet  (tout comme une certaine J.K Rowling d’ailleurs…). Elmet raconte l’histoire de John, un montagnard retiré du monde, qui vit dans une maison qu’il a construit seul, avec ses enfants. Il leur apprend à vivre de sa terre, à chasser, à pêcher… Seulement, il se rend compte un peu tard qu’il n’est pas propriétaire du sol sur lequel il a choisi de vivre. Les problèmes vont commencer lorsque le vrai propriétaire va venir frapper à sa porte… Le roman traite principalement de la possession, et de la famille. Le style et l’ambiance du livre de Fiona Mozley rappellent Cormac McCarthy, Thomas Hardy ou Emily Bronte.Emily Fridlund a grandi dans le Minnesota. Elle est titulaire d’un doctorat en littérature et creative writing de l’Université de Californie, et professeur à Cornell. Elle a déjà publié beaucoup de textes, et de nouvelles dans différentes revues, mais elle publie là son premier roman. The History of Wolves est un thriller psychologique centré sur une adolescente un peu décalée, mal dans sa peau, en quête de bonheur familial. Madeline, issue d’une communauté hippie, vit dans une cabane avec ses parents au bord d’un lac. En face, sur l’autre rive, un couple et son enfant emménagent. Madeline est vite attirée par cette famille qui représente tout l’inverse de la sienne, et va se rapprocher très vite de la mère et de son fils Paul avec qui elle joue les baby-sitters. Mais elle va finalement sentir que quelque chose ne tourne pas rond dans cette famille et ses rapports avec ses nouveaux voisins vont devenir étranges.

 

  • C’est le grand retour de Paul Auster. Les juges ont qualifié son roman de « magistral ». Qualificatif qui s’applique déjà à la taille du livre… et à son poids croyez-moi. J’ai hâte de me plonger dedans car cela fait des mois que je l’ai acheté, mais impossible de l’emmener avec moi où que ce soit, tellement il prend de place… Donc c’est un peu difficile de le balader et de ne se consacrer qu’à lui! En dehors de ces considérations logistiques, 4 3 2 1 est un tour de force littéraire : l’auteur y retrace les 4 vies différentes d’un même personnage. Evidemment, comme c’est du Paul Auster, on y parle de destin, de hasard, de choix, et on y retrouve surtout des morceaux de… la vie de Paul Auster. La construction du roman est donc exceptionnelle, mais je me méfie plus du contenu qui semble encore un poil autobiographique alors que ses deux derniers livres l’étaient déjà. J’adore Paul Auster de toute façon donc je suis ravie qu’il soit dans la shortlist.
    C’est la 1ère fois qu’il est nommé : évidemment si vous lisez cet article depuis le début, vous avez appris que le Man Booker Prize n’est ouvert aux américains que depuis 4 ans, et Paul Auster n’a pas publié de livre depuis 7 ans… Un peu de maths et le tour est joué.

  • Colson Whitehead n’y est pas. Le fameux auteur du non moins célèbre désormais, The Underground Railroad, (paru sous le même titre aux Éditions Albin Michel, traduit de l’anglais par Serge Chauvin) n’est pas sur la liste. Pas de grand chelem donc pour le lauréat du Pulitzer et du National Book Award. C’est une bonne nouvelle pour tous les auteurs américains ou anglo-saxons de tous les prix à venir cette année : il y a de l’espoir. En effet, depuis la parution de son fabuleux roman, Colson Whitehead emporte tout sur son passage, et il est difficile pour ses collègues de se frayer un chemin entre les rails…
    C’est une grosse surprise, donc, mais cela laisse la place à d’autres talentueux romanciers qui n’ont pas eu la même couverture médiatique (néanmoins méritée).
  • Le favori c’est George Saunders. J’ai l’impression de n’entendre parler que de ce roman depuis des mois, il me paraît donc logique qu’il soit dans la shortlist. Lincoln In The Bardo est aussi le premier roman de George Saunders, mais il n’est pas un débutant pour autant : il est fameux pour ses nouvelles. Le « pitch » du livre est simple : le fils du président Abraham Lincoln vient de mourir ; Willie entame alors un dialogue avec son père endeuillé. C’est par la forme qu’il se démarque : c’est un roman choral qui fait parler des esprits, avec énormément de dialogues, qui questionne la relation entre les vivants et les morts, en mélangeant fiction et faits historiques.

 

Je n’ai pas mentionné Ali Smith, ni Moshin Hamid en détails ici, mais ce sont aussi des habitués des sélections et leur place dans la shortlist n’est pas volée. Leurs romans traitent respectivement du Brexit et de l’immigration, et ils ont déjà été sélectionnés pour plusieurs prix. C’est la 4ème fois qu’Ali Smith figure dans la dernière ligne droite du Man Booker ; Moshin Hamid en est lui, à sa deuxième nomination.

Vous pouvez lire mon article sur la longlist si vous voulez en savoir plus sur la sélection originale.

En tout cas c’est une shortlist très intéressante, et plus surprenante que prévue, et j’ai hâte de savoir qui succèdera à Paul Beatty.

Réponse le 17 octobre prochain !

Happy reading 😉

Prix

Man Booker Prize 2017 : la « longlist »

Si en France, l’automne va de pair avec la rentrée littéraire et sa déferlante de récompenses, au Royaume-Uni, c’est l’été que les choses sérieuses se préparent : le Man Booker Prize est le prix littéraire le plus prestigieux du monde anglophone et c’est toujours à la fin du mois de juillet que le jury annonce sa 1ère sélection.

Pour rappel le Man Booker récompense les romans de fiction écrits en langue anglaise, provenant de n’importe quel pays pourvu qu’ils aient été publiés au Royaume-Uni.

 

Nous connaissons donc depuis hier, 27 juillet, les 13 titres en compétition et si vous suivez ce blog, vous allez forcément reconnaître certains romans dont je vous ai déjà parlé cette année !

 

Treize à la douzaine

Man Booker Prize 2017 – Longlist

 

4 3 2 1 par Paul Auster (US) (Faber & Faber)
Cela fait sept années que l’auteur new-yorkais n’avait pas publié un roman… 4 3 2 1 c’est l’histoire des quatre vies parallèles de Archibald Isaac Ferguson : 866 pages qui couvrent différents choix et donc 4 destins différents pour un seul personnage. Un réel tour de force littéraire qui couvre un demi-siècle de l’Histoire des Etats-Unis, auquel s’est attelé l’auteur de Sunset Park et de The New York Trilogy. 

Vous pouvez retrouver une interview de Paul Auster traduite par mes soins pour le Eponine & Azelma ici.

 

Days Without End par Sebastian Barry (Irlande) (Faber & Faber)
Le jeune Thomas McNulty, âgé de 17 ans à peine, arrive aux Etats-Unis, seul, au début des années 1850, après avoir fui la Grande Famine irlandaise, sa famille ayant péri des suites de cette catastrophe. Sans le sou, il débarque dans le Missouri et fait la connaissance d’un autre adolescent solitaire : John Cole. Ils finissent tous deux par tomber amoureux et s’engagent dans l’armée américaine qui se bat alors contre les amérindiens. Ils vont alors vivre au rythme des combats et tenter de fonder une famille atypique pour l’époque.

Ma critique de Days Without End est disponible par ici.

 

The History of Wolves  par Emily Fridlund (US) (Weidenfeld & Nicolson)
Il s’agit d’un premier roman : on suit les premiers pas dans l’adolescence de Linda, âgée de 14 ans, une jeune fille un peu gauche et différente, au sein d’une communauté rurale du Minnesota.

 

Exit West par Mohsin Hamid (Pakistan-UK) (Hamish Hamilton)
L’histoire se déroule dans un pays sans nom, en plein Moyen-Orient : un jeune couple démarre une relation amoureuse en pleine guerre civile. Ils doivent trouver un moyen de sortir du pays, au fur et à mesure que le conflit s’embrase.

Solar Bones par Mike McCormack (Irlande) (Canongate)
Le roman se compose d’une seule phrase de 200 pages : Marcus Conway, attablé dans la cuisine se remémore les grandes phases de sa vie.

Reservoir 13 par Jon McGregor (UK) (4th Estate)
Rebecca, 13 ans, disparaît alors qu’elle est en vacances avec sa famille dans le centre de l’Angleterre. Les villageois de Peak District se mettent à rechercher la jeune fille, mais la vie doit reprendre son cours en parallèle. On suit alors l’activité du village et les difficulté que vont éprouver ses habitants à reprendre leur activité, tout en n’abandonnant pas les recherches.

Elmet par Fiona Mozley (UK) (JM Originals)
C’est également un premier roman : Daniel et Cathy sont frère et soeur et grandissent seuls dans une maison bâtie par leur père. L’atmosphère tourne au vinaigre entre leur père et les habitants du village.

 

The Ministry of Utmost Happiness par Arundhati Roy (Inde) (Hamish Hamilton)
Il s’agit d’un roman qui traite de la région du Cachemire, disputée par l’Inde et le Pakistan. Une saga indienne qui démarre dans les rues de New Delhi et qui va suivre une batterie de personnages.

Lincoln In The Bardo par George Saunders (US) (Bloomsbury)
Habitué des nouvelles, George Saunders publie là son 1er roman : le fils du président Abraham Lincoln vient de mourir ; Willie entame alors un dialogue avec son père endeuillé.

Home Fire par Kamila Shamsie (UK-Pakistan) (Bloomsbury)
Isma arrive aux Etats-Unis afin de terminer ses études, interrompues lors de la mort de sa mère. Issue d’une fratrie de 3 enfants, elle s’inquiète pour ses frères et soeurs restés à Londres, notamment pour son petit frère disparu alors qu’il voulait vivre comme son père, djihadiste lui aussi disparu. Elle rencontre alors Eamonn, le fils d’un politicien britannique, de confession musulmane. Les destins de leurs deux familles vont alors s’entrechoquer.

 

Autumn par Ali Smith (UK) (Hamish Hamilton)
Il s’agit du premier tome d’une série de quatre livres, comme les quatre saisons.  Autumn est le premier ouvrage de fiction « post-Brexit ». Le roman est ambitieux : il se veut une analyse sociale et une méditation sur 2016. Et cette prise de distance passe par des personnages : Daniel est centenaire, sa voisine Elisabeth née en 1984 a l’avenir devant elle, dans un pays divisé par le référendum et laissé en pièces juste avant l’été. L’histoire de cette amitié possède en vérité plusieurs couches et de flashback en flashback, Ali Smith essaie de comprendre la société d’aujourd’hui : ces murs, ces barrières, qui se dressent petit à petit entre les peuples, ces divisions qui rendent fou…et le temps qui passe.

Vous pouvez aller lire une interview d’Ali Smith que j’ai traduite à l’automne dernier par ici.

Swing Time par Zadie Smith (UK) (Hamish Hamilton)
Le livre est un grand roman social sur l’amitié entre deux filles aux origines diverses, dans le Londres des années 80 à 2000. Tracey et la narratrice (qui n’est jamais nommée) se rencontrent à l’adolescence. Elles ont une passion commune pour la danse. Seul problème : Tracey a beaucoup de talent mais la narratrice n’en a pas autant, elle a les pieds plats. Tracey parvient à ses fins en intégrant une compagnie de danse, tandis que son amie abandonne les chorégraphies et part sur les routes, devenant l’assistante personnelle d’une chanteuse à succès. Le roman repose sur les différences entre les deux amies et leurs destins respectifs : est-on plus heureux lorsque l’on quitte son pays pour réussir ? Comment gérer l’échec ? Au centre du livre  également, la relativisation des étiquettes sociales de chacun des personnages. Et évidemment l’amitié féminine, l’adolescence et la famille.

The Underground Railroad par Colson Whitehead (US) (Fleet)
La star de cette année 2016/2017 : The Underground Railroad a déjà remporté le National Book Award et le Prix Pulitzer (article sur le Prix Pulitzer 2017 ici).
Le roman chronique le parcours d’une jeune esclave, Cora, qui décide de s’évader d’une plantation, en 1812. Dans sa fuite, Cora tue un jeune garçon blanc et devient alors une criminelle recherchée. Elle prend un train pour s’enfuir de ce Sud oppressant. Le train en question, va s’arrêter dans plusieurs états qui représenteront chacun une façon différente de traiter l’esclavage aux Etats-Unis.
Dans une sorte de « Voyage de Gulliver » , Cora va arpenter le territoire américain et entamer une odyssée sans fin dans un monde pré-guerre civile. Le roman souligne la volonté féroce de Cora de s’en sortir dans cette Amérique brutale et sans concession pour les afro-américains, et sa quête de liberté.

The Underground Railroad paraîtra le 23 août prochain aux Éditions Albin Michel, traduit de l’anglais par Serge Chauvin.

 

Qu’en penser ?

144 publications ont été soumises au jury : le résultat combine, comme souvent, premiers romans et habitués, il n’y a donc pas de grosse surprise.

On compte donc 4 américains, 4 britanniques, 2 britanno-pakistanais, 2 irlandais et une indienne. Arundhati Roy, justement, a déjà remporté le Booker Prize il y a 20 ans ; pour leur part Ali Smith, Zadie Smith, Sebastian Barry et Mohsin Hamid ont déjà plusieurs fois été sélectionnés pour le prix sans toutefois le remporter.

Les deux outsiders sont Fiona Mozley et Emily Fridlund, qui sont les moins connus de la liste. Mais comment passer devant Paul Auster, Zadie Smith ou encore Colson Whitehead ?

Avec The Underground Railroad, Colson Whitehead emporte tout sur son passage depuis sa publication fin 2016, y aura-t-il donc un réel suspense cette année ?

Il faut noter que le Man Booker Prize a été ouvert aux américains en 2014. Paul Beatty a été le premier auteur de cette nationalité à le remporter l’année dernier avec The Sellout. Si cette décision a permis de faire connaître un bon nombre d’auteurs issus des Etats-Unis aux lecteurs britanniques, il faut dire qu’à rassembler tous les auteurs anglophones dans les mêmes prix, on se retrouve vite avec les mêmes gagnants.

Si Colson Whitehead mérite amplement son succès et ses récompenses, je serais, pour ma part, ravie qu’une petite place soit laissée à un autre gagnant cette fois, comme Sebastian Barry dont j’ai adoré le Days Without End.

C’est le seul que j’ai vraiment lu de toute la liste, mais je possède dans ma bibliothèque AutumnSwing Time, The Underground RailroadThe Ministry of Utmost Happiness, et 4 3 2 1

Je vais donc pouvoir commencer à lire certains d’entre eux, et attendre la shortlist !

La liste resserrée sera annoncée le 13 septembre prochain, et le grand gagnant sera révélé le 17 octobre !

Prix

Baileys Women’s Prize For Fiction 2017 : la shortlist

On connaît enfin les 6 romans nommés pour le Baileys Women’s Prize For Fiction 2017 ! Ils ont été révélés lundi soir et si le choix fût difficile pour le jury, il a pu en surprendre quelques-uns, moi compris!

La liste

Sans plus attendre voici la liste des sélectionnés :

Stay With Me par Ayọ̀bámi Adébáyọ̀̀  (éd. Canongate, Nigérianne)

The Power par Naomi Alderman (éd. Viking, Britannique)

The Dark Circle par Linda Grant (éd. Virago, Britannique)

The Sport of Kings par C.E. Morgan (éd. 4th Estate, Américaine)

First Love par Gwendoline Riley (éd. Granta, Britannique)

Do Not Say We Have Nothing par Madeleine Thien (éd. Granta, Canadienne)

 

Baileys Women’s Prize Prize For Fiction 2017 -Shortlist

 

 

Je vous avais parlé de la longlist ici  et les 16 nommés avaient ravi tout le monde. Cette sélection était particulièrement formidable. Le choix final ne pouvait donc décevoir personne, mais il est surprenant à plus d’un titre.

Plusieurs romans sortis de cette liste avaient pourtant fait l’unanimité chez les critiques, et dans les librairies : il s’agit plus précisément de The Essex Serpent (Sarah Perry), The Lesser Bohemians (Eimear McBride), ou encore de Hag-Seed (Margaret Atwood).

Ces trois-là ne sont donc pas sélectionnés au grand étonnement de tous ! Mais qu’importe ils ont déjà remporté quelques prix et ont été nommés à plusieurs autres prix.

D’autres ont été conservés dans la shortlist alors qu’ils n’étaient pas forcément attendus comme The Sport of Kings (C.E. Morgan), ou encore Do Not Say We Have Nothing (Madeleine Thien), le premier pour son sujet pas forcément grand public (une saga familiale d’élevage de chevaux de courses), le second car il a déjà été nommé pour la longlist du Man Booker Prize 2017 et n’avait pas été sélectionné dans la shortlist.

Cela laisse finalement de la place aux romans dont on a moins entendu parler cette année.

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Prix

Baileys Women’s Prize For Fiction 2017 : la « longlist »

Ce 8 mars est la Journée Internationale des Droits des Femmes ; et si on vous parle de féminisme ou d’égalité salariale dans la plupart des médias, sur ce blog je vais vous parler de littérature féminine, avec l’annonce de la 1ère sélection du Baileys Women’s Prize For Fiction !

Ce prestigieux prix féminin, annonce tous les ans sa « longlist » autour du 8 mars, c’est donc une tradition ; mais loin d’être un prix  féministe, le Baileys récompense n’importe quelle oeuvre de fiction, rédigée en anglais par une femme, et sortie entre le 1er avril de l’année précédente et le 31 mars de l’année en cours. Je vous en avais expliqué tous les détails dans cet article il y a quelques mois.

Cette année les juges avaient annoncé 12 nommées, au final il y en a 16 ! Signe que la littérature féminine anglo-saxonne se porte bien et que le choix fût difficile.

La longlist a été annoncée à 00h01, heure anglaise, donc 01h01, heure française et je suis, bien sûr, restée éveillée car c’est un prix que j’adore : on y déniche de fabuleux romans et l’ambiance et la communication autour de ce prix est toujours très sympathique.

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Hop sur la pile !, News

Calendrier Littéraire de l’Avent 2016

Joyeux Noël à tous et je vous souhaite plein de beaux livres sous le sapin !69-425x356-santa-reading-i

 


Décembre oblige, voici le premier Calendrier Littéraire de l’Avent d’Eponine & Azelma !

Les meilleurs livres de l’année 2016 vont défiler sur 25 jours… Certains ont déjà eu l’honneur d’un post sur le blog, mais d’autres, pas du tout. Il n’y a aucun classement de compétition ; je vous les présente par ordre de parution. Tous ont connu un énorme succès cette année dans les pays angle-saxons. Voici donc l’occasion de vous faire une petite liste, et pourquoi pas d’en mettre quelques-uns sous le sapin !

Bonus : 25 Décembre 
Harry Potter and The Cursed Child – J.K Rowling

Harry Potter and the cursed child, par J. K. Rowling, Jack Thorne, John Tiffany

Harry Potter and the cursed child, par J. K. Rowling, Jack Thorne, John Tiffany

Je sais, le calendrier de l’Avent est censé se terminer le 24 décembre, mais j’ai eu envie de boucler cette liste par un best-seller de l’année qui colle bien avec le matin de Noel : Harry Potter and The Cursed Child ! On ne présente plus le sorcier le plus célèbre du monde et d’ailleurs ! On a tout lu et entendu sur ce dernier « tome » de la saga. Pas vraiment un livre, pas vraiment la suite, pas vraiment bien… bref toujours est-il que le script de cette pièce n’est pas très long et une histoire de sorciers, même ayant grandi, reste une histoire d’Halloween parfaite et une lecture de circonstance. Comme tout le monde le sait, Harry Potter a grandi, employé du Ministère de la Magie il est père de trois enfants. Albus Potter, l’un des trois, a du mal à gérer son héritage et son entrée à Pouillard va être un peu bousculée. Pour certains c’est une grande déception, pour d’autres un plaisir régressif, peu importe Harry Potter c’est incontournable ! Alors à défaut de pouvoir aller voir la pièce à Londres, on se contente de ce 8ème opus.

Harry Potter and the cursed child – J. K. Rowling, Jack Thorne, John Tiffany
Editeur : Little Brown
Pages : 352 pages
Année : 2016

24 Décembre
Moonglow, par Michael Chabon

Cover de Moonglow - Michael Chabon

Moonglow – Michael Chabon

Moonglow est une sorte d’ovni littéraire : il s’agit de mémoires, racontées par le petit-fils d’un vieil homme mourant. Les confessions grand-père ont été inspirées par la vie du propre grand-père de l’auteur, le romancier juif-américain Michael Chabon, et par les multiples anecdotes qu’il lui a racontées à la veille de sa mort. Le livre fourmille donc de flashbacks, de questions sur l’identité, et de secrets de famille… Le personnage du grand-père et même celui de la grand-mère du narrateur, sont tous deux admirablement bien construits et émouvants. Evidemment on ne connaît pas la part de vrai et de faux dans ces histoires, mais est-il nécessaire d’en savoir plus ? Le roman brasse des sujets, et des moments de vie aussi divers que l’Holocauste, la santé mentale, la passion des fusées… Bref un joyeux désordre qui forme une vie et qui a construit la famille du narrateur. Michael Chabon tient là l’un de ses meilleurs romans, lui qui ne l’oublions pas, a remporté le Prix Pulitzer en 2001.

Moonglow – Michael Chabon
Editeur : Harper
Pages : 448
Année : 2016

23 Décembre
The Mothers, par Britt Bennett

Cover de The Mothers - Brit Bennett

The Mothers – Brit Bennett

The Mothers est un premier roman dont l’intrigue se noue autour d’un secret : après le suicide de sa mère, la jeune Nadia lycéenne, âgée de 17 ans, s’entiche de Luke, le fils du pasteur. Nadia tombe enceinte et part à la clinique pour avorter. Elle ne dit rien à personne et ment à tout son entourage, ainsi qu’à Aubrey sa meilleure amie qui n’a elle-même jamais connu sa mère.
On suit ensuite le destin de ces trois personnages : Nadia, Luke, et Aubrey, dans leur vingtaine. Les relations sont compliquées : Luke et Aubrey se sont mariés et Nadia les voit construire leur relation et ne peut s’empêcher de se projeter. Doit-elle regretter les ratés de sa relation avec Luke ? Son avortement ? Le livre s’appelle The Mothers car finalement c’est une histoire, basée non pas sur la maternité, mais sur les mères : la mère absente d’Aubrey, la suicide de la mère de Nadia, l’avortement de cette dernière… Tous les personnages ont vécu des traumatismes, et dans cette petite communauté chrétienne et afro-américaine, il y a des événements qu’il vaut mieux ne pas révéler.  La jeune voix de Brit Bennett est rafraîchissante et elle brosse le portrait de ses personnages avec une grande acuité : les difficultés à sortir de l’adolescence, les choix à assumer. Ce livre a été très bien accueilli par les critiques et Brit bennette est clairement une jeune auteure de 26 ans à surveiller !

The Mothers – Brit Bennett
Editeur : Riverhead Books
Pages : 288
Année : 2016


22 Décembre

Swing Time, par Zadie Smith

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News, Prix

Man Booker Prize 2016 – Longlist

Le 27 juillet dernier le jury du Man Booker Prize a annoncé les titres des 13 romans en compétition cette année pour la remise du prix littéraire le plus prestigieux dans le monde anglophone.

Qu’est-ce que le Man Booker Prize ?

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Il s’agit d’un prix littéraire créé en 1968, qui récompense les romans de fiction écrits en langue anglaise, provenant de n’importe quel pays pourvu qu’ils aient été publiés au Royaume-Uni.

Le prix portait à l’origine le nom de Booker-McConnell Prize, jusqu’à ce qu’il soit sponsorisé par Man Group en 2002 et change donc de nom.

Depuis cette période, le gagnant remporte la modique somme de 50.000£ (un peu plus de 58.000 euros), et évidemment une gloire internationale puisque le livre lauréat est en général ensuite traduit dans des dizaines de langues.

Il s’agit de la plus forte récompense associée à une œuvre de fiction.

A titre de comparaison, le gagnant du Goncourt remporte lui aussi une renommée certaine, mais assortie d’un simple chèque de … 10 euros.

Parmi les gagnants on peut citer les célèbres :

  • Salman Rushdie en 1981 avec Midnight’s Children (« Les Enfants de Minuit » chez Stock en 1983)
  • Kingsley Amis en 1986 avec The Old Devils (« Les Vieux Diables » chez  Littérature européenne, coll. Douze étoiles en 1988)
  • Margaret Atwood en 2000 avec The Blind Assassin (« Le Tueur Aveugle » chez Robert Laffont en 2000)
  • Julian Barnes en 2011 avec The Sense of an Ending (« Une fille, qui danse, » chez Mercure de France en 2013)

En 2015, c’est le jamaïcain Marlon James qui a remporté le Man Booker Prize avec A Brief History Of Seven Killings. Le livre sortira le 17 août prochain en France sous le titre « Brève Histoire de sept meurtres » aux éditions Albin Michel.

Brève Histoire de sept meurtres par marron James (Man Booker Prize 2015) - éd. Albin Michel

Brève Histoire de sept meurtres par marron James (Man Booker Prize 2015) – éd. Albin Michel

A brief History Of Seven Killings by Marlon James (Man Booker Prize 2015) - éd. OneWorld Publications

A brief History Of Seven Killings by Marlon James (Man Booker Prize 2015) – éd. OneWorld Publications

De quoi ça parle ? En 1976, 7 hommes font irruption dans la chambre d’hôtel de Bob Marley en Jamaïque et lui tirent dessus le blessant en plusieurs endroits.  Deux jours plus tard le chanteur donne un concert comme si de rien n’était. Mais il disparaît ensuite du pays et ne revint pas avant deux ans. marron James imagine alors une biographie de ces hommes racontée par les témoins voire certains fantômes, par les tireurs, par les membres du gouvernement… bref plus de 600 pages racontant la drogue, les complots, mettant en scène la CIA et le FBI autour de dizaines de personnages. Une vraie fresque rocambolesque… Et du coup la couverture française du livre me semble bien pauvre par rapport à l’édition anglaise et son vinyl plus évocateur de l’époque. Mais c’est mon avis !

Qui sont les 13 sélectionnés cette année ?

Man Booker Prize - Longlist 2016

Man Booker Prize – Longlist 2016

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