Max Porter, Dylan Thomas Prize 2016 | Eponine & Azelma

Grief Is The Thing With Feathers by Max Porter
News, Prix

Max Porter remporte l’International Dylan Thomas Prize 2016 avec Grief Is The Thing With Feathers

Samedi dernier, les anglais ont rendu hommage au poète gallois Dylan Thomas, comme tous les ans à la même date. C’était également le jour de l’annonce du lauréat de l’International Dylan Thomas Prize.

Comme je vous l’ai expliqué il y a quelques semaines sur le blog, l’International Dylan Thomas Prize récompense un ouvrage en anglais rédigé par un auteur âgé de moins de 39 ans.

C’est Max Porter qui a remporté la 10ème édition, et la mise… puisqu’il empoche 30.000 £ au passage (38.000 €).

Max Porter, écrivain

Max Porter, lauréat de l’International Dylan Thomas Prize 2016

Son livre Grief Is The Thing With Feathers, publié par Faber & Faber, est son premier roman. Il a été qualifié « d’exploit extraordinaire en prose imaginative » par le jury du prix.   

Le livre, mi-roman, mi-fable, raconte l’histoire de deux jeunes garçons qui doivent faire face à la mort soudaine de leur mère. En plein milieu de cette période de désespoir, un corbeau rend visite à la famille, mais pas n’importe lequel : celui du recueil de poèmes Crow  de Ted Hugues, dont le père de famille est un grand admirateur et spécialiste. L’oiseau va alors jouer le rôle de baby-sitter et de guérisseur en aidant la famille à faire son deuil.

Crow par Ted Hughes

Crow by Ted Hughes (Faber & Faber, 1970)

Pour information Ted Hughes est un (si ce n’est le plus grand) poète anglais. il a même été nommé poète officiel de la Reine en 1984, jusqu’à sa mort en 1998. Il a été mariée à la poétesse américaine Sylvia Plath, ayant même été accusé d’être à l’origine du suicide de cette dernière. Son recueil de poèmes Crow, paru en 1970 chez Faber & Faber, est son oeuvre la plus remarquable.

C’est une suite de poèmes qui tournent autour d’un seul personnage, Crow, oiseau dont la description est empruntée à la mythologie notamment la mythologie chrétienne. Il représente évidemment le deuil et la mort. Ces poèmes ont été écrits par Ted Hughes pendant une période noire située entre les deux suicides de ses deux femmes.

Voici d’ailleurs un extrait de ce recueil, un poème intitulé Crow Blacker Than Ever.  

 

« When God, disgusted with man,
Turned towards heaven,
And man, disgusted with God,
Turned towards Eve,
Things looked like falling apart. 

But Crow Crow
Crow nailed them together,
Nailing heaven and earth together-

So man cried, but with God’s voice.
And God bled, but with man’s blood. 

Then heaven and earth creaked at the joint
Which became gangrenous and stank-
A horror beyond redemption. 

The agony did not diminish. 

Man could not be man nor God God. 

The agony

Grew. 

Crow

Grinned

Crying: “This is my Creation,” Flying the black flag of himself. »

C’est donc ce corbeau qui intervient dans le roman de Max Porter.

Le jury a apparemment été très ému par le livre et par la façon dont Porter a réussi à utiliser l’image de l’oiseau pour l’inclure subtilement dans son histoire. cette façon de faire est selon lui très poétique et rend donc hommage d’une certaine façon à la sensibilité de Dylan Thomas dont le prix porte le nom.  L’un des membres du jury, le Professeur Dai Smith (Swansea University) lui a prédit une carrière éblouissante lors de la remise du prix. L’auteur a déclaré que tout ce qui arrive aux enfants du livre a été inspiré par sa propre histoire, lui-même ayant perdu son père à l’âge de 6 ans.

Max Porter est rédacteur en chef et éditeur chez Portobello Books depuis 2012, il travaille également pour Granta, la revue littéraire éditée par la maison d’édition.

 

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