Baileys Women's Prize 2017: shortlist | Eponine & Azelma

Prix

Baileys Women’s Prize For Fiction 2017 : la shortlist

On connaît enfin les 6 romans nommés pour le Baileys Women’s Prize For Fiction 2017 ! Ils ont été révélés lundi soir et si le choix fût difficile pour le jury, il a pu en surprendre quelques-uns, moi compris!

La liste

Sans plus attendre voici la liste des sélectionnés :

Stay With Me par Ayọ̀bámi Adébáyọ̀̀  (éd. Canongate, Nigérianne)

The Power par Naomi Alderman (éd. Viking, Britannique)

The Dark Circle par Linda Grant (éd. Virago, Britannique)

The Sport of Kings par C.E. Morgan (éd. 4th Estate, Américaine)

First Love par Gwendoline Riley (éd. Granta, Britannique)

Do Not Say We Have Nothing par Madeleine Thien (éd. Granta, Canadienne)

 

Baileys Women’s Prize Prize For Fiction 2017 -Shortlist

 

 

Je vous avais parlé de la longlist ici  et les 16 nommés avaient ravi tout le monde. Cette sélection était particulièrement formidable. Le choix final ne pouvait donc décevoir personne, mais il est surprenant à plus d’un titre.

Plusieurs romans sortis de cette liste avaient pourtant fait l’unanimité chez les critiques, et dans les librairies : il s’agit plus précisément de The Essex Serpent (Sarah Perry), The Lesser Bohemians (Eimear McBride), ou encore de Hag-Seed (Margaret Atwood).

Ces trois-là ne sont donc pas sélectionnés au grand étonnement de tous ! Mais qu’importe ils ont déjà remporté quelques prix et ont été nommés à plusieurs autres prix.

D’autres ont été conservés dans la shortlist alors qu’ils n’étaient pas forcément attendus comme The Sport of Kings (C.E. Morgan), ou encore Do Not Say We Have Nothing (Madeleine Thien), le premier pour son sujet pas forcément grand public (une saga familiale d’élevage de chevaux de courses), le second car il a déjà été nommé pour la longlist du Man Booker Prize 2017 et n’avait pas été sélectionné dans la shortlist.

Cela laisse finalement de la place aux romans dont on a moins entendu parler cette année.

La shortlist dans le détail

Pour l’instant je n’ai lu que 2 des 6 nommés : Do Not Say We Have Nothing et The Power. Ma préférence va pour le premier que j’ai a-do-ré ! J’ai été très déçue qu’il ne soit pas sélectionné pour la finale du Man Booker Prize, et je suis rassurée de voir que Madeleine Thien fait partie de cette shortlist du Bailey’s.

Je vote et milite pour qu’elle remporte ce Prix!

Mais peut-être que mon opinion changera lorsque j’aurais lu les quatre autres : oui je compte bien m’y mettre et essayer de les lire tous. Je possède déjà The Dark Circle, et The Sport of Kings. Il faut donc que j’aille acheter les deux restants… quelle corvée n’est-ce pas ? 😉

 

Stay With Me par Ayọ̀bámi Adébáyọ̀̀ 

 

 

L’histoire se passe au Nigeria ; Yejide est désespérée : elle essaie d’avoir un enfant mais n’y arrive pas, malgré plusieurs tentatives médicales. Elle subit en parallèle la pression de son mari et de sa belle-famille. Sa belle-mère décide alors de trouver une nouvelle femme pour son fils. La jalousie et le sentiment de trahison vont alors l’envahir et plus rien ne sera jamais pareil.  Ayobami Adebayo tient là un roman intense sur la vie maritale, et le désir d’être mère dans le Nigeria des années 80.

Ayobami Adebayo est née à Lagos en 1988. Après avoir étudié la littérature à l’université, ainsi que l’écriture, elle se lance dans la rédaction de nouvelles. Lauréate d’une bourse, elle s’est ensuite  attelée à la rédaction de  Stay With Me, qui est donc son premier roman. 

 

 

 

The Power par Naomi Alderman 

J’ai lu ce livre il y a quelques semaines à l’annonce de la longlist. Je l’ai beaucoup aimé car son thème central est assez formidable … Plusieurs portraits de jeunes filles ou femmes s’entrecroisent, des femmes qui se sont réveillées un matin avec un « pouvoir » : le pouvoir de tuer. Une sorte de puissance électrique qu’elles ne parviennent pas toujours à contrôler. Petit à petit, toutes les adolescentes du monde entier obtiennent ce pouvoir. La situation sociale s’inverse alors : les hommes ont peur des femmes. Ils doivent se protéger, ils deviennent vulnérables. Naomi Alderman inverse totalement la situation et la tendance actuelle : le féminisme est à son paroxysme dans ce roman, que l’on pourrait qualifier de thriller fantastique. J’ai beaucoup aimé l’écriture de Naomi Alderman, les portraits croisés, et surtout cette idée géniale au coeur du roman, d’inverser le pouvoir au sens propre comme au figuré. Malgré cela, mon bémol se situe tout de même autour du caractère « Young Adult » de ce roman. Je ne suis pas fan de littérature fantastique habituellement, et l’association « fantastique » et « adolescentes » me fait penser aux sagas pour jeunes ados. Je n’ai donc pas réussi à rentrer dedans en me projetant dans ces personnages. Mais néanmoins cette idée est audacieuse et pourrait bien plaire au jury ! 

Naomi Alderman est déjà un écrivain accompli : elle a publié trois romans, reçu l’Orange Award for New Writers et le Sunday Times Young Writer of the Year Award. C’est donc une habituée des sélections de prix littéraires et on lui souhaite bonne chance !

 

The Dark Circle par Linda Grant

J’ai ce roman en stock, et je vais l’attaquer bientôt ! J’aime beaucoup le pitch de ce livre et il semble assez facile à lire. L’histoire se déroule en 1949, à la sortie de la Seconde guerre mondiale. Nous sommes dans le Kent, en Angleterre, et deux adolescents, jumeaux, sont pris en charge dans un sanatorium après avoir été diagnostiqués de la tuberculose.
Enfermés dans cet établissement stérile, ils vont rencontrer des personnalités hors du commun. Ils vont alors défier l’autorité des médecins grâce, notamment, à un nouveau patient, un marin américain avide de rébellion.

Linda Grant est anglaise, née à Lievrpool, et résidant aujourd’hui à Londres. Elle a publié plusieurs ouvrages de fiction et essais. Titulaire d’une multitude de prix, elle a déjà fait partie plus d’une fois de la sélection du Man Booker Prize. Sa sélection pour le Baileys n’est donc pas une surprise !

The Sport of Kings par C.E. Morgan

 

Je suis en train de commencer celui-ci, je ne sais donc pas du tout dans quoi je m’engage… Une histoire de chevaux et de courses hippiques ne me paraît pas passionnante au premier abord mais sait-on jamais… Hellsmouth est une pouliche fougueuse et indomptable ; elle appartient à la famille Forge, qui règne sur le sport hippique dans le Kentucky. La famille compte bien faire de ce cheval son prochain champion. Henry Forge et sa fille Henrietta vont tout faire pour. 

Lorsque Allmon Shaughnessy, un jeune homme afro-américain sorti de prison, mais très ambitieux, vient travailler sur la propriété des Forge, il s’allie avec Henry, pourtant raciste et plein de préjugés, pour que leur cheval devienne le meilleur.  Il s’agit donc a priori d’une saga épique, qui interroge sur l’ambition et le racisme au sein d’une famille dévouée à la réussite, et titulaire d’une immense fortune et de tous les privilèges qui en découlent. 

C.E. Morgan est elle-même originaire du Kentucky ; elle a étudié l’anglais et la théologie à l’université. Elle est déjà l’auteur d’un premier roman qui s’intitule All The Living.

First Love par Gwendoline Riley

 

Encore une fois, ce livre raconte l’histoire d’un couple marié. Neve est un écrivain, dans la trentaine, mariée à un homme plus âgé, nommé Edwyn. Neve se souvient de ses choix, et des évènements passés de sa vie, qui l’ont menée là où elle est aujourd’hui.  Elle se remémore notamment, ses difficultés relationnelles avec sa mère ou encore avec ses anciens compagnons. Des cicatrices qui influencent son couple aujourd’hui. 

Gwendoline Riley  est née à Londres en 1979. Elle est l’auteur de plusieurs romans et lauréate du Betty Trask Award et du Somerset Maugham Award. First Love est son cinquième roman.

 

Do Not Say We Have Nothing par Madeleine Thien (éd. Granta, Canadienne)

Cover de Do not say we have nothing - Madeleine Thien

Voilà mon chouchou de l’année 2016, et ma préférence pour le Baileys 2017 : une saga familiale complexe retraçant l’histoire de la Chine du 20ème siècle, avec pour héros, des musiciens, sans cesse pris dans les tourments de la politique du pays. Au début du roman nous sommes en 1990 et nous rencontrons Marie, 10 ans ; elle est issue d’une famille d’immigrés chinois réfugiés à Vancouver, et vient de perdre son père qui s’est suicidé. Elle vit donc avec sa mère, qui tente de faire bonne figure. Quelques mois plus tard, Ai-Ming, 19 ans, sonne à la porte et se présente comme une amie de la famille : elle aussi vient de quitter la Chine suite aux événements de Tiananmen. Les deux jeunes filles s’entendent comme des soeurs et elles échangent sur le passé de leurs deux familles. La vie de leurs ancêtres nous replonge alors dans un siècle d’histoire de la Chine, depuis les années 40 jusqu’aux années 2000.

Les tortures, les détentions, les interdictions, les protestations, rien n’a été épargné aux parents et grands-parents de Marie et Ai-Ming. Le fil rouge de l’histoire est la relation entre les deux pères des deux jeunes filles : Kai, le père de Marie, était le professeur de musique de Sparrow, le père d’Ai-Ming. Leur amitié domine tout le livre, et la musique prend alors une place centrale dans l’histoire. C’est une fiction fabuleuse, surtout pour ceux qui n’y connaissent absolument rien en Histoire chinoise, comme moi… On plonge directement dans la vie de tous ces personnages, on s’attache à Marie et on aimerait comme elle comprendre d’où vient son père et pourquoi il s’est suicidé sans explication. Le livre est très bien écrit, extrêmement émouvant, ponctué de textes de chansons, de poèmes, de sigles chinois, et évidemment de notes de musique. Vous aurez sûrement besoin d’une feuille de papier pour établir un arbre généalogique afin de ne pas vous y perdre mais on s’identifie à tous les personnages et l’on tourne les pages comme celles d’un thriller. L’un des plus beaux livres de 2016 !

Madeleine Thien est un écrivain mondialement salué. Elle est l’auteur de plusieurs nouvelles mais aussi de deux romans, Certainty (2006) et Dogs at the Perimeter (Granta, 2012), ce dernier ayant gagné le Frankfurt Book Fair’s 2015 LiBeraturpreis. Ses livres ont été traduits dans 23 langues et ses essais ont été publiés dans de grands quotidiens nationaux. Elle-même fille d’immigrants chinois,Do Not Say We Have Nothing est son roman le plus personnel. Elle habite à Montréal au Canada.

 

Vous voilà donc informés sur la shortlist du Baileys Women’s Prize For Fiction 2017. Je souhaite bonne chance aux 6 femmes qui seront très difficiles à départager. Le résultat sera annoncé le 7 juin prochain, ce qui me laisse un peu de temps pour lire ceux que je n’ai pas encore lus. L’article sera également mis à jour à l’annonce du résultat !

 

Happy reading !

 

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