Three book reviews | Eponine & Azelma

Critiques

3 Book Reviews

J’ai lu ces trois livres ce mois-ci, trois livres fortement recommandés par les critiques, les booktubers, les libraires etc… Donc trois livres que je m’attendais à adorer ce qui n’est finalement pas le cas pour tous. C’est pour cette raison que je ne leur accorde pas un post entier à chacun.

Sachez que ces trois livres sont très différents les uns des autres, n’ont rien à voir entre eux que ce soit au niveau du genre, de l’histoire, des personnages etc… mais pourquoi pas en parler dans un même article !

 

The Essex Serpent, par Sarah Perry : mon préféré.

The Essex Serpent by Sarah Perry - éd. Serpent's Tail

The Essex Serpent by Sarah Perry – éd. Serpent’s Tail

 

Comment ne pas acheter ce livre juste pour la couverture ?? Les toqué(e)s de bouquins comme moi savent que parfois il suffit d’un rien pour déclencher un achat, et la couverture de ce livre est absolument sublime et donne envie de se balader avec dans le métro, rien que pour le plaisir d’avoir l’objet à la main, comme une pochette ou un petit sac.

Bon, passés ces commentaires très peu littéraires, ce livre est génial et je vous le recommande chaudement. Nous sommes dans l’Angleterre victorienne de la fin du 19ème siècle et nous partons à la rencontre de Cora Seaborne, fraîchement veuve et plutôt soulagée… Mariée à, feu, un aristocrate anglais et vivant dans un manoir en plein coeur de Londres, elle décide de s’exiler, à la mort de son mari un peu violent, à la campagne avec son petit garçon. Elle choisit le village de Aldwinter, dans l’Essex. Pourquoi ? Parce que Cora s’intéresse fortement à la biologie et à l’archéologie et qu’une rumeur fait état d’une drôle de créature peuplant les côtes d’Aldwinter, baptisée par les habitants « Essex Serpent« .

Elle s’y installe donc avec son fils, et sa « gouvernante », la jeune Martha. Elle va alors rencontrer le pasteur du village, William Ransome, marié avec enfants. Une relation amicale va alors naître entre ces deux-là que tout oppose : Cora est une naturaliste qui ne croit pas à la religion et qui croit en l’existence de la bête affreuse dont on lui a parlé ; William lui pense que l’existence de l’Essex Serpent ne peut être démontrée et que cette rumeur provient de la perte de foi des habitants du village qui trouvent dans cette créature une façon de croire à autre chose, et une raison de se réunir autour du sentiment de panique.

S’en suivront des conversations à n’en plus finir, des lettres, des situations cocasses qui donneront envie au lecteur qu’il se passe quelque chose entre les deux…

En dehors de ces deux fortes personnalités, on trouvera également plusieurs autres personnages tels que le médecin de feu Monsieur Seaborne, de qui Cora et Martha sont restées très proches, ou le couple d’amis de Cora qui lui présenteront le pasteur et sa famille.

Je ne vous en dis pas plus sur l’histoire pour ne pas spoiler ! Les personnages sont extrêmement bien construits, l’histoire est tortueuse mais on rentre dedans très vite grâce au fabuleux décor que nous dresse Sarah Perry : d’abord le Londres des années 1890, puis l’Essex terre natale de l’auteur, charmante campagne anglaise que l’on a l’impression de parcourir. Et surtout Cora représentée comme une forte tête, intelligente, cultivée, qui ne pleure pas la mort de son mari sous des chapeaux à la mode… Elle se fiche bien des apparences, et se moque de la bienséance, tout en composant une héroïne parfaite de la fin du 19ème siècle. on croirait presque que le roman a été écrit cent ans plus tôt. le livre est drôle, ironique, aborde des sujets fantastiques tels que la superstition et la foi, mais aussi la société des années 1890, l’amitié.

Sarah Perry n’est pas une inconnue des étagères de best-sellers des librairies anglaises puisqu’elle a rencontré un énorme succès avec son premier roman After Me Comes The Flood en 2014. Avec The Essex Serpent, Sarah Perry a reçu des critiques élogieuses des plus grands quotidiens nationaux britanniques, elle a même été comparée à Bram Stocker ou Charles Dickens par le poète John Burnside sur la 4ème de couverture.

« The Essex Serpent »

Auteur : Sarah Perry
Editeur : Serpent’s Tail
Pages : 418

The Girls par Emma Cline : le livre (trop) attendu

The Girls, by Emma Cline - Penguin Random House UK

The Girls, by Emma Cline – éd. Penguin Random House UK

 

The Girls, c’est le livre que tout le monde attendait cet été. Premier roman d’Emma Cline, 27 ans, qui a reçu rien que pour son manuscrit, deux millions d’euros d’avance de la part de son éditeur. Le roman s’est arraché sur le marché et c’est finalement Random House qui a emporté le deal. Les droits d’adaptation du film ont été également vendus.

Rien qu’avec ces informations on devrait s’attendre à un cataclysme littéraire !

Le début du roman nous met en présence d’Evie Boyd, cinquantenaire, qui se remémore son adolescence difficile à la fin des années 60. Evie n’entretient pas de bonnes relations avec ses parents fraîchement divorcés. Surtout avec sa mère qu’elle ne supporte plus et dont elle n’apprécie pas le nouveau compagnon. Dans la moiteur d’un été californien, elle se prend d’affection pour une bande de filles qu’elle observe souvent à la dérobée. Un jour elles se rencontrent, et Evie est appréciée par la joyeuse troupe. Elle se rapproche notamment de Suzanne qu’elle vénère, et découvre que cette bande de filles qui vivent dans un ranch appartient en fait à une sorte de secte ou de culte qui ressemble à la fameuse »famille » de Charles Manson.

Charles Manson , l’un des plus célèbres criminels américains, fut notamment le commanditaire de l’assassinat de l’actrice américaine Sharon Tate, épouse à l’époque du réalisateur Roman Polanski, et alors enceinte de huit mois. Elle et quatre de ses amis seront sauvagement tués en 1969 à Los Angeles.

Evie se retrouve donc intégrée à cette « famille » menée par l’équivalent de Manson : un certain Russell Hadrick. Elle va donc se retrouver mêlée à certains actes barbares que vous découvrirez plus tard dans le livre.

The Girls ressemble en fait à sa couverture : tout le roman est empreint de cette espèce de lueur d’été, de cette chaleur qu’évoque le soleil puissant derrière les filles sur la photo ci-dessus. Tout le livre est comme ça, parcouru par un filtre Instagram qui rendrait tout plus clair, plus brillant, plus flou aussi. En cela le roman est merveilleux : la description de l’ennui adolescent y est aussi puissante que dans les films de Sofia Coppola. Avec ce je-ne-sais-quoi de touche hippie californienne en plus qui rend le tout encore un peu plus réussi. On est tout de suite dans l’ambiance, le personnage d’Evie est très bien construit, on comprend ce qui lui arrive, la façon dont elle veut s’émanciper de sa mère, son affection pour cette nouvelle famille qui l’accueille à bras ouverts.

On n’est pas surpris par sa fascination pour Suzanne et pour Russell, un gourou sexuel qui rentre tout à fait dans le stéréotype de l’époque. Le roman est extrêmement bien écrit, il y a du style et des jolies phrases.

Mais voilà, je n’ai pas été emportée complètement par cette histoire. Emma Cline s’est servie d’un fait divers pour créer un roman. LE fait divers. Et du coup on ne voit pas trop quel est le but de la manoeuvre. Peut-être un film aurait-il suffit ? C’est un peu du « tout ça pour ça » pour moi. Certes Charles Manson a fasciné l’Amérique, mais  du coup la trame du livre sent le déjà-vu.

On se doute de comment tout cela va finir, et on ne lit le livre qu’avec cette impatience de savoir comment Evie va réagir face à toutes ces atrocités.
Et là tout tombe un peu à plat.

Evie n’est évidemment pas la pire des filles du groupe, et là aussi finalement on est déçu. Evie nous raconte tout cela d’un peu loin, et on a l’impression que pour que l’on s’attache au personnage et que l’on continue de lire, Emma Cline s’est sentie obligée de nous faire comprendre qu’Evie n’était pas un bourreau et qu’elle est tombée là-dedans par hasard. Finalement on n’en apprend pas plus sur les motivations de tels psychopathes. Vu que la seule personne encore là pour nous raconter les faits est celle qui y a participé le moins.

Bref, beaucoup de bruit pour, certes un beau livre et des personnages hallucinants, mais pas grand chose en terme de chef d’oeuvre…

C’est un bon livre qui se dévore assez rapidement, mais un peu sur-vendu à mon goût.

Le livre sortira en français pour la rentrée littéraire 2016, le 25 août, sous le titre original « The Girls » aux Editions de la Table Ronde, traduit par Jean Esch.

 

« The Girls »

Auteur : Emma Cline
Editeur : Random House
Pages : 355

 

Before The Fall : la déception

Before The Fall, by Noah Hawley - éd. Grand Central Publishing

Before The Fall, by Noah Hawley – éd. Grand Central Publishing

 

Âmes sensibles, si vous prenez l’avion cet été abstenez-vous !

Ce thriller accueilli avec ferveur aux Etats-Unis cette année, pourrait bien vous dissuader de mettre les pieds dans un jet privé (si l’occasion se présentait).

L’histoire est simple : 11 personnes se retrouvent dans un jet privé pour parcourir quelques kilomètres entre Martha’s Vineyard, une île du Massachusetts résidence d’été des riches et célèbres (fief en particulier du clan Kennedy) , et Manhattan.

Le jet appartient à la riche famille Bateman (David, Margaret et leurs deux enfants Rachel et JJ), qui accueille pour le trajet un couple d’amis, Ben & Sarah Kipling. Sont présents également le garde du corps de la famille Bateman, les membres d’équipage, et un peintre new-yorkais prénommé Scott, qui se joint à la troupe à al dernière minute invité par Maggie Bateman.

Evidemment au bout de seize minutes de vol, le jet se crashe en plein Océan Atlantique.

Seuls survivent Scott et JJ, un miracle. Mais lorsqu’ils reviennent à eux, un océan de questions les submergent. Surtout Scott qui doit faire face aux soupçons de la police qui enquête sur le crash, ainsi qu’aux suppositions des journalistes qui l’accusent d’avoir eu une liaison avec Margaret Bateman.

Le livre est découpé en chapitres qui coupent l’histoire principale qui consiste en l’enquête elle-même, pour revenir en flash-backs sur la vie et l’ascension professionnelle de chacun des passagers.

Le suspense est donc grand puisque le but est de comprendre ce qui est arrivé à l’avion, et s’il s’agit réellement d’un accident.

Vu comme ça on s’attend à un suspense de folie, à des twists dans tous les sens, on pense que l’on va aller vers des fausses pistes puis repartir vers d’autres.

Et là : la déception totale. Tout me paraît prévisible. Au fur et à mesure que les choses avancent et que les pions ont été placés, on comprend très vite la fin de l’histoire. En tout cas j’ai compris très vite ce qu’il s’était passé.

En fait Noah Hawley nous promet des pistes qui n’arrivent jamais. C’est très dur à expliquer, mais il nous présente des possibilités intéressantes de coupables ou du moins de raisons de sabotage de l’appareil. Le propriétaire de l’avion est un milliardaire, propriétaire de médias ; son ami Ben est poursuivi par le fisc ; les membres de l’équipage ont un passif. Bref, tout cela pour arriver à une fin mièvre. Que l’on voit venir à partir du moment ou l’on a compris qui était le plus déséquilibré des passagers. ce qui fait que tout ce qui s’est dit avant ne compte plus. Et tout à coup on se dit que toutes ces histoires autour des autres personnages ne servent pas à grand-chose à part à remplir le bouquin. Il n’y a en fait aucune imbrication entre les motifs des uns et des autres et c’est ce qui est dommage. On vous présente plusieurs options et puis vous cochez la bonne à la fin et basta le livre est fini.

Sans parler des quelques situations absurdes : Scott qui reconnaît l’étoile du nord en plein traumatisme post-crash et qui nage dans la bonne direction avec JJ sur son dos pour retrouver les côtes. Mais bien sûr. Tout le débat sur l’héritage du petit qui ne sert pas à grand chose à la fin. Les relations de Scott avec les femmes qui ne nous apprennent pas grand chose. Et j’en passe et des meilleures mais je ne peux pas spoiler.

Donc c’est une très grande déception car le début est plutôt bien construit, les personnages très bien dépeints, et puis tout tombe à plat. On sait d’avance que le principal soupçonné n’ rien fait puisque le livre est raconté de son point de vue la plupart du temps.

Et quand on connaît la véritable raison du crash, on ferme le livre en ayant une impression de vide. Et surtout d’avoir perdu son temps.

Bref je ne recommande pas ce livre pourtant très bien côté en ce moment.

Pour information Noah Hawley est un écrivain très respecté qui a publié déjà 4 romans, et qui écrit des scénarios pour la TV : il a été scénariste pour la série Bones et est le producteur exécutif et showrunner de la série Fargo.

Je suis donc encore plus déçue.

« Before The Fall »

Auteur : Noah Hawley
Editeur : Grand central Publishing
Pages : 390

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  • July 2016: Olivia
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