Monthly Archives

avril 2017

Critiques

« A Book Of American Martyrs », par Joyce Carol Oates

Joyce Carol Oates a toujours nourri une passion pour la boxe : comme elle le décrit elle-même, (http://bit.ly/2p3wKfp) ce sport est la « représentation stylisée d’une lutte à mort ».

Elle en a fait plusieurs sujets d’articles, des essais, qu’elle a d’ailleurs compilés dans un livre publié en 1987, qui s’intitule On Boxing (VF: « De La Boxe« , éd. Tristram, traduit par Anne Wicke, 2012)

Each boxing match is a story, a highly condensed, highly dramatic story -even when nothing much happens: then failure is the story

Un match de boxe c’est une histoire, une intrigue hautement condensée, hautement dramatique -même quand rien ne se passe : alors c’est l’échec qui en devient le sujet.

Si chaque match est un roman, A Book Of American Martyrs c’est l’histoire d’un combat. La mise en scène d’ une bataille autour d’un sujet qui divise l’Amérique : l’avortement.

Une lutte à mort pour la vie ou pour la liberté selon le côté duquel on se place. Deux familles sont sur le ring représentées par leur champion. Et chacun croit combattre pour ce qui est juste.

Les deux héros, les deux martyrs de ce livre sont deux militants de leurs causes respectives ; deux hommes qui ne survivront pas au combat. Car si la boxe est un art, un sport, un spectacle qui se termine par un K.O, une démonstration de force et non un homicide en public, Luther Dunphy et Gus Voorhees, eux, ne se contenteront pas de faire les morts, ils y perdront la vie.

 

 

Résumé

A Book of American Martyrs – Joyce Carol Oates

Luther Dunphy et Gus Voorhees vont se rencontrer pour la première et la dernière fois sur le parking de la clinique dans laquelle ce dernier exerce en tant que chirurgien pro-avortement.
Un matin, Luther Dunphy, fervent chrétien et militant anti-IVG, décide d’attendre le docteur Voorhees sur son lieu de travail, armé et bien décidé à éliminer celui « qui tue les embryons ». Sans peine, ni regret, il lui tire dessus, touchant par ricochet le chauffeur du médecin. Les deux victimes décèdent sur le coup, et Luther Dunphy est arrêté sur le champ sans opposer de résistance.
Les deux familles sont brisées, l’événement passionne les médias ; vont s’ensuivre le procès, la prison, les maladresses dans la gestion du deuil, des années de culpabilité, de dépression et de différends familiaux.

Continue Reading

News

Participez à la ré-écriture du manuscrit des Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë !

Il s’agit une initiative fort ingénieuse du Brontë Parsonage Museum, le musée dédié aux soeurs Brontë, qui est situé près de Leeds dans le Yorkshire, en Angleterre.

Hommage à Emily Brontë

Pour célébrer le bicentenaire de la naissance d’Emily Brontë, qui aura lieu l’an prochain, le musée a eu l’idée d’éditer un manuscrit « version 2017 » de Wuthering Heights  (VF: « Les Hauts de Hurle-Vent »), en faisant participer les fans de l’auteure.

Le manuscrit original n’ayant jamais été retrouvé, le Brontë Parsonage Museum pourra ainsi garder une trace écrite du seul roman d’Emily Brontë.

Pour rappel Wuthering Heights a été publié en décembre 1847, trois mois après Jane Eyre , écrit par la soeur d’Emily, Charlotte Brontë . Le livre est alors signé « Ellis Bell » faisant croire au public et aux critiques que l’auteur est un homme. Emily Brontë est morte six mois après la sortie de son unique roman

Les critiques ne furent pas des plus élogieuses à sa sortie : le roman fut considéré comme controversé, gothique, et étrange, notamment par rapport à la cruauté des personnages. Longtemps sous-estimé par rapport à Jane Eyre, il est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands classiques britanniques, dont la noirceur et l’intensité rappellent les tragédies grecques ou shakspeariennes.

Continue Reading

Prix

Les Prix Pulitzer 2017 en littérature

Les 21 récompenses, que l’on appelle les « Pulitzer Prizes », ont été remises hier soir à New York, à l’Université de Columbia, comme le veut la tradition.

Si vous voulez en savoir plus sur l’histoire du Prix Pulitzer vous pouvez lire l’article que je lui avais consacré l’année dernière ici.

Sans plus attendre voilà les 5 gagnants qui nous intéressent sur Eponine & Azelma : les lauréats des catégories Fiction, Biographie, Histoire, Poésie et Document.

 

Prix Pulitzer de la Fiction 2017 : « The Underground Railroad » par Colson Whitehead (éd. Doubleday)

The Underground Railroad – Colson Whitehead

Best-seller du New-York Times, et lauréat du National Book Award, The Underground Railroad est décidément le livre de l’année aux Etats-Unis. Il se murmure même que Barry Jenkins, le réalisateur du film Moonlight, devrait porter cette histoire à l’écran sous forme de série pour Amazon dans les mois à venir.

Continue Reading

Prix

Baileys Women’s Prize For Fiction 2017 : la shortlist

On connaît enfin les 6 romans nommés pour le Baileys Women’s Prize For Fiction 2017 ! Ils ont été révélés lundi soir et si le choix fût difficile pour le jury, il a pu en surprendre quelques-uns, moi compris!

La liste

Sans plus attendre voici la liste des sélectionnés :

Stay With Me par Ayọ̀bámi Adébáyọ̀̀  (éd. Canongate, Nigérianne)

The Power par Naomi Alderman (éd. Viking, Britannique)

The Dark Circle par Linda Grant (éd. Virago, Britannique)

The Sport of Kings par C.E. Morgan (éd. 4th Estate, Américaine)

First Love par Gwendoline Riley (éd. Granta, Britannique)

Do Not Say We Have Nothing par Madeleine Thien (éd. Granta, Canadienne)

 

Baileys Women’s Prize Prize For Fiction 2017 -Shortlist

 

 

Je vous avais parlé de la longlist ici  et les 16 nommés avaient ravi tout le monde. Cette sélection était particulièrement formidable. Le choix final ne pouvait donc décevoir personne, mais il est surprenant à plus d’un titre.

Plusieurs romans sortis de cette liste avaient pourtant fait l’unanimité chez les critiques, et dans les librairies : il s’agit plus précisément de The Essex Serpent (Sarah Perry), The Lesser Bohemians (Eimear McBride), ou encore de Hag-Seed (Margaret Atwood).

Ces trois-là ne sont donc pas sélectionnés au grand étonnement de tous ! Mais qu’importe ils ont déjà remporté quelques prix et ont été nommés à plusieurs autres prix.

D’autres ont été conservés dans la shortlist alors qu’ils n’étaient pas forcément attendus comme The Sport of Kings (C.E. Morgan), ou encore Do Not Say We Have Nothing (Madeleine Thien), le premier pour son sujet pas forcément grand public (une saga familiale d’élevage de chevaux de courses), le second car il a déjà été nommé pour la longlist du Man Booker Prize 2017 et n’avait pas été sélectionné dans la shortlist.

Cela laisse finalement de la place aux romans dont on a moins entendu parler cette année.

Continue Reading