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avril 2016

News

Alice au Pays des Merveilles : la collection d’un bibliophile mise en vente à Londres

Décidément le 150ème anniversaire de la publication de Alice’s Adventures in Wonderland, par Lewis Carroll, n’en finit plus d’être célébré ! Et c’est tant mieux car ces hommages permettent de faire de très belles découvertes.

Comme par exemple ces livres exposés à Londres chez Peter Harrington Books, enseigne spécialisée dans les livres rares. Cette exposition intitulée « The works of Lewis Caroll from the library of an English bibliophile » compte 69 ouvrages, tous proposés à la vente et visibles sur place à la librairie (Peter Harrington Books 43 Dover Street, London, W1S 4FF) jusqu’au 6 mai prochain.
Vous pouvez d’ailleurs consulter le catalogue ici : http://www.peterharrington.co.uk/rare-books/lewis-carroll-catalogue-119/

Les livres proviennent en fait de la collection d’un amoureux d’Alice au Pays des Merveilles et de Carroll, un anglais âgé de 80 ans  qui a resté souhaité anonyme. Après avoir écumé les librairies et les ventes aux enchères pendant plus de 40 ans à la recherche de la perle rare, il a décidé aujourd’hui de se séparer de toutes ses trouvailles.

Chez Peter Harrington, forcément on saute de joie : les livres relatifs à Alice au Pays des Merveilles se font de plus en plus rares et surtout les premières éditions. Il faut rappeler que c’est à la base un livre pour enfants, les premiers exemplaires sont donc passés de petites mains en petites mains, de générations en générations, et ceux qui ont survécu à l’usure du temps sont souvent dans un état très approximatif.

Grâce à l’anniversaire de la publication des livres, « Alice » est revenue à la mode et les libraires sont dépassés par les demandes d’exemplaires rares et signés.

Que peut-on découvrir dans cette collection ? 

On trouve plusieurs exemplaires de livres écrits par Lewis Caroll, qui ne sont pas forcément tous liés à Alice au Pays des Merveilles, mais évidemment les plus côtés sont ceux qui concernent la petite fille espiègle.

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Critiques

« The Little Red Chairs » par Edna O’Brien

The Little Red Chairs est le 24 ème livre d’Edna O’Brien, romancière irlandaise, âgée aujourd’hui de 85 ans. Publié l’année dernière en version originale, il paraîtra en septembre prochain en France chez Sabine Wespieser éditeur  sous le titre Les petites Chaises Rouges.
Le coeur du livre est consacré au Mal avec un grand « M » : comment un homme au passé trouble peut-il chambouler la vie d’un petit village reculé ? Et plus particulièrement d’une habitante, dont la vie va se trouver dévastée par cette rencontre…

Qui est Edna O’Brien ?

Portrait d'Edna O'Brien

Edna O’Brien

Née le 15 décembre 1930 à Twamgraney en Irlande, Edna O’Brien fit scandale dans son pays en 1961 après la publication de son premier roman The Country Girls, 1ère partie d’une trilogie éponyme : les descriptions trop équivoques de la sexualité féminine, vaudront à ce premier livre et aux deux autres tomes de la trilogie d’être interdits en Irlande. Féministe, dans un pays conservateur, catholique et nationaliste, elle fut comparée immédiatement à d’autres grands auteurs irlandais considérés comme sulfureux et provocateurs, James Joyce ou Frank O’Connor. Comme eux elle contribuera à alimenter le révisionnisme culturel irlandais.

Malgré une éducation catholique assez stricte, elle se maria en 1952, après avoir obtenu son diplôme de pharmacienne, eu deux enfants, mais divorça au milieu des années 60, son couple n’ayant pas survécu au succès de The Country Girls. Elle se consacrera ensuite entièrement à ses livres, nouvelles et pièces de théâtre. Parmi ses succès on trouve : A Pagan Placeen 1970 (en français Les Païens d’Irlande, chez Gallimard) ; House of Splendid Isolation, en 1994 (en français La Maison du splendide isolement, chez Fayard) ; Down by the River , en 1998 (Tu ne tueras point, chez Fayard) ; The Light of Evening, 2006 (en français Crépuscule irlandais chez Sabine Wespieser).

Elle écrivit également en 1981, une pièce intitulée Virginia consacrée à Virginia Woolf, et prît goût à la biographie avec des travaux sur James Joyce ou Lord Byron.

Récompensée à de multiples reprises par des prix littéraires, elle est notamment lauréate de l’ Irish PEN Lifetime Achievement Award, le Kingsley Amis Award ou encore du Los Angeles Times Book Prize.

Elle réside aujourd’hui à Londres.

 

« The Little Red Chairs »

Tolstoï disait qu’il ne pouvait y avoir que deux bonnes histoires dans le monde : « Un Homme en voyage », ou « Un Etranger arrive en Ville ». C’est après avoir entendu cette citation de la bouche du réalisateur qui la filmait pour un documentaire, qu’Edna O’Brien trouva l’inspiration pour écrire The Little Red Chairs, son dernier roman, et le premier depuis 10 ans¹.

The Little Red Chairs by Edna O' Brien (Faber & Faber)

The Little Red Chairs by Edna O’ Brien (Faber & Faber)

Vladimir Dragan débarque à Cloonoila, un petit village irlandais sans histoire, se faisant passer pour un thérapeute sexuel et guérisseur tout droit venu du Montenegro.
Il s’installe et monte son cabinet, suscitant la curiosité des habitants, et l’inquiétude des religieux du coin. De son côté Fidelma, la quarantaine, mariée à Jack désespère depuis des années de tomber enceinte. Elle a pourtant tout essayé mais rien n’y fait. Sa rencontre avec avec « Vlad » va lui porter « chance » ou du moins le croit-elle, puisqu’ils iront tous les deux jusqu’à louer une chambre d’hôtel afin de concrétiser le rêve de Fidelma, qui trompera ainsi Jack pour une seule nuit.
Fidelma enceinte de quelques jours se réjouit, même si les remords d’avoir trompé son mari la rongent. Mais quelques jours plus tard le malheur s’abat sur elle : Vlad est arrêté lors d’une excursion en bus, et sous les yeux des villageois ébahis, accusé de crimes de guerre. Il s’avère que le docteur « Vlad » aurait commis des atrocités pendant la guerre des Balkans. Il est en fait l’un des derniers criminels de guerre les plus recherchés au monde.
Le docteur à peine arrêté, un gang de migrants d’Europe de l’Est venu régler son compte à Vladimir, trouve en Fidelma sa victime idéale. Après tout, le « docteur » étant aux mains de la Justice, Fidelma servira de punching-ball aux jeunes hommes assoiffés de vengeance. Agressée, violée, torturée, Fidelma quitte le village pour Londres et commence un long voyage et une nouvelle vie, cumulant les petits boulots jusqu’à retrouver Vlad au Tribunal de la Haye

La lecture de ce roman magistral ne nous laisse pas indemne. C’est une oeuvre ambitieuse, admirable une fiction qui nous replonge dans les horreurs des années 90, un magnifique conte qui tourne mal.

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News, Prix

Pulitzer Prizes 2016 dans la catégorie « Books »

L’annonce des gagnants des 21 Prix Pulitzer 2016 a été faite hier soir à l’Université de Columbia à New York.

Ce qui nous intéresse sur le blog ce sont les prix « littérature » qui sont au nombre de cinq, et particulièrement celui de la Fiction qui est le plus important, commercialement et médiatiquement bien sûr.
Mais je vais aussi vous parler des 4 autres lauréats de cette catégorie !

Pile de livres représentant les 5 gagnants des Prix Pulitzer 2016 dans la catégorie BOOKS

Les 5 gagnants des Prix Pulitzer 2016 dans la catégorie BOOKS

 

  • Prix Pulitzer Fiction : The Sympathizer, par Viet Thanh Nguyen (éd. Grove Press)

    TheSympathizer_VietThanhNguyen

    The Sympathizer, by Viet Thanh Nguyen – Winner of the 2016 Pulitzer Prize for Fiction

    Ce roman qui est paru en avril dernier a donc raflé la plus grosse distinction du Pulitzer. Son thème central est la guerre du Vietnam et ses conséquences. On suit notamment le parcours d’un officier de l’armée vietnamienne du Sud (ARVN), également espion pour le Nord, après la chute de Saigon en avril 1975. Celui-ci travaille au service d’un Général de l’armée sud-vietnamienne qui, au début du roman, s’apprête, comme beaucoup de soldats, à fuir le pays, et qui doit dresser la liste de tous ceux qui vont l’accompagner sur les derniers vols disponibles. L’officier traître se retrouve sur cette liste et accompagne le Général à Los Angeles d’où il va pouvoir rapporter les moindres faits et gestes à ses supérieurs Viet-Congs. Le roman nous permet d’entrer dans la tête de cet agent double et de comprendre ses multiples facettes, et la nécessité qu’il éprouve de trahir son pays afin de poursuivre ses idéaux.

    Lorsque The Sympathizer est sorti en avril dernier il a obtenu beaucoup d’excellents critiques : « intelligent, implacablement rythmé et sauvagement drôle » dit le Washington Post, « The Sympathizer est à la fois une fiction historique, un thriller d’espionnage, et une satire. La perception qu’ont les américains des asiatiques apporte au livre des commentaires acides des plus délicieux… Nguyen sait de quoi il parle » dit le Los Angeles Times… bref que d’éloges. Le livre a également été choisi comme finaliste du PEN/Faulkner Award 2016 et apparaît sur la liste des 100 meilleurs livres de 2015 du New York Times.

    Mais comme le souligne le Guardian ce matin (http://www.theguardian.com/books/2016/apr/18/viet-thanh-nguyen-the-sympathizer-pulitzer-overlooked), il ne faisait pas partie des favoris pour le prix et ne faisait même pas partie des livres dont on a le plus parlé l’année dernière. C’est limite si The Sympathizer n’a pas été négligé par rapport à d’autres romans qui ont fait fureur en tête des ventes.
    Au lieu de couronner un roman au succès phénoménal, ils ont décidé de donner un coup de projecteur à un livre qui était sorti un peu discrètement, ce qui n’est pas plus mal.

    Nguyen a réagi à son prix hier soir sur sa page Facebook, voici ce qu’il dit : « Merci pour tous vos messages. J’ai vérifié avec des personnes bien réelles présentes dans le bureau de mon éditeur… et ils me disent que The Sympathizer a vraiment gagné le Pulitzer. A moins que ce ne soit une blague dans une autre réalité virtuelle. Je suis stupéfait.  » 

    Viet Thanh Nguyen est né au Vietnam en 1971 et est arrivé aux Etats-Unis avec sa famille en 1975, avec le statut de réfugié. Il a grandi à San Jose, en Californie et est maintenant Professeur (English, American Studies et Ethnicity) à l’USC (University of Southern California).

  • Prix Pulitzer Histoire : Custer’s Trials: A Life on the Frontier of a New America, par T.J. Stiles (éd. Alfred A. Knopf)

    Couverture de Custer's Trials , A Life on the Frontier of a New America - T.J Stiles

    Custer’s Trials , A Life on the Frontier of a New America , par T.J Stiles – Winner of the 2016 Pulitzer Prize for History

    Il s’agit là d’une biographie magistrale du Général Custer, héros de la Guerre de Sécession américaine mais aussi défait face aux tribus indiennes, lors de la bataille de Little Bighorn en 1876.
    T. J. Stiles dépeint le portrait de cette figure historique américaine en analysant sa personnalité et l’héritage qu’il a laissé, tout en démolissant la caricature. Il révèle alors selon son éditeur « une personne plutôt contradictoire et intense, un officier peu sûr de lui malgré ses compétences, intelligent malgré sa bigoterie (…)« .

    Selon les critiques plutôt unanimes sur la qualité et la richesse du travail de Stiles, tout le paradoxe de Custer réside dans le fait qu’il a aidé à construire l’Amérique moderne tout en refusant de s’y adapter.
    Le San Fransisco Chronicle parle d’un « portrait nuancé, complexe et convaincant » ; The New York Times Book Review en parle ainsi : « S’il y a bien un écrivain qui peut faire oublier le dernier combat de Custer, au moins pour quelques centaines de pages, c’est bien T.J. Stiles… Stiles est un biographe accompli et sérieux, mais il est plus que cela. C’est un écrivain talentueux, avec la qualité rare de pouvoir compiler des années de recherches et en faire sortir une histoire lumineuse et captivante. »

    Il s’agit du second Prix Pulitzer de T. J. Stiles, il avait gagné le précédent en 2010 pour une autre biographie, celle de Cornelius Vanderbilt. (The First Tycoon: The Epic Life of Cornelius Vanderbilt)

    Il a réagi à sa victoire en la qualifiant de « complètement et totalement inattendue… un cadeau du Ciel« 

  • Prix Pulitzer NonFiction : Black Flags: The Rise of ISIS, par Joby Warrick (éd. Doubleday)

    Couverture du livree Black Flags : The Rise of ISIS, par Joby Warrick - Winner of the 2016 Pulitzer Prize for Non-Fiction

    Black Flags : The Rise of ISIS, par Joby Warrick – Winner of the 2016 Pulitzer Prize for Non-Fiction

     

    The Rise of ISIS se traduirait en français par « L’ascension de DAECH ».
    Evidemment d’actualité, ce livre est surtout centré sur le portrait de Abu Musab Al-Zarqawi, fondateur de l’organisation qui deviendra bien plus tard l’Etat Islamique. Un tableau étoffé par les développements récents et les documents qu’il a pu se procurer grâce à ses contacts en Jordanie et au sein des services secrets américains. Sans pitié,  Joby Warrick critique également les erreurs et les faux pas commis par les Etats-Unis, qui ont pu alimenter l’avancée de Daech et de ses leaders en Syrie et en Irak.

    Il nous explique notamment comment Zarqawi, basé d’abord dans le nord de l’Irak, s’est vu propulsé à la tête d’une vaste insurrection lors de l’invasion américaine de 2003. Des centaines de radicalisés se sont ralliés à sa cause lorsque les généraux américains l’ont faussement identifié comme le lien entre Hussein et Ben Laden. Un combat qui continue aujourd’hui malgré sa disparition en 2006.

    Sous le nom d’Al-Qaida, d’Etat Islamique, ou de Daech les admirateurs de Zarqawi ont continué à avancer , et ont saisi l’opportunité de la Guerre en Syrie pour poursuivre le rêve de leur chef : la création d’un califat islamique.

    Joby Warrick rend compte avec précision de l’ascension de Zarqawi, mais certaines critiques lui reprochent  d’avoir réalisé une biographie plutôt qu’une analyse, et de n’avoir pas poussé assez loin l’exposé de ce qu’il promet dans le sous-titre du livre : la montée en puissance et l’avenir de Daech.

    Joby Warrick est reporter au Washington Post depuis 20 ans. Il a déjà gagné un Prix Pulitzer en tant que journaliste en 1996 pour un papier sur l’environnement.

  • Prix Pulitzer Biographie : Barbarian Days: A Surfing Life by William Finnegan (éd.Penguin Press)

    Barbarian Days A Surfing Life, by William Finnegan - Winner of the 2016 Pulitzer Prize for

    Barbarian Days A Surfing Life, by William Finnegan – Winner of the 2016 Pulitzer Prize for Biography

     

    Barbarian Days par William Finnegan est en fait une auto-biographie. Une ode au surf, la seule obsession de sa vie. William Finnegan a grandi entre Hawaii et la Californie et il a très vite commencé à dompter les vagues du Pacifique, parcourant le monde pour pratiquer son sport. Sportif mais pas seulement. Amateur de littérature il devient néanmoins écrivain et reporter de guerre.

    Mais il n’a jamais perdu de vue l’océan. Ses mémoires sont en fait une ode à la vague, et malgré ses années passées du côté de l’horreur en tant que journaliste, il semble que sa passion ait finalement rempli sa vie. Il faut être amateur d’eau, d’écume et avoir le pied marin pour apprécier ce livre à sa juste valeur. Car d’après les critiques élogieuses, chaque vague, chaque journée de surf est racontée dans le détail comme s’il sortait de l’eau juste avant de prendre son stylo.

     

    Certains considèrent toutefois que le livre est un peu long et que ses 464 pages noient le lecteur sous trop de détails à propos d’un sport qui finalement n’est pas très populaire ni très accessible.

    William Finnegan est l’auteur de plusieurs ouvrages : Cold New World, A Complicated War, Dateline Soweto, et Crossing the Line. il a gagné de nombreux prix en journalisme, il est rédacteur au New Yorker depuis 1987 et habite à Manhattan.

  • Prix Pulitzer Poésie : Ozone Journal, par Peter Balakian (éd. University of Chicago Press)

Couverture de Ozone Journal, by Peter Balakian - Winner of the 2016 PulitzerPrize for Poetry

Ozone Journal, by Peter Balakian – Winner of the 2016 PulitzerPrize for Poetry

Le recueil de poèmes de Peter Balakian, Ozone Journal est une suite 54 histoires, racontées par un homme ayant découvert les ossements de victimes du génocide arménien dans le désert syrien, en 2009, accompagné d’une équipe de journalistes. Elles représentent des parties de sa vie : la fin de son mariage, son cousin atteint du SIDA, sa vie de parent célibataire.

Des poèmes qui parlent à la fois d’histoire et de douleurs personnelles.

Peter Balakian, né le 13 juin 1951 dans le New Jersey, est l’auteur de 6 autres recueils de poèmes, ainsi que plusieurs ouvrages en prose comme The Burning Tigris (HarperCollins, 2003) sur le génocide arménien, best-seller du New York Times.

Il est également souvent invité à la télé américaine pour ses émissions d’actu, et ses essais sont régulièrement édités par le Boston Globe, le New York Times Magazine, la New York Review of Books etc…

 

News, Prix

Pulitzer Prizes 2016 : prologue

Si je vous dis Harper Lee, Philip Roth, Donna Tartt, Richard Ford… vous me direz « ils sont tous américains », oui mais pas que. Ils ont en commun d’avoir remporté le prestigieux Prix Pulitzer de la fiction.

Le Prix Pulitzer c’est quoi ?

Avant même d’aller plus loin, sachez que l’on dit « The Pulitzer Prizes » au pluriel car ce sont 21 récompenses qui sont remises en même temps dont 5 en littérature.
Les autres couvrent le journalisme bien sûr, le théâtre (et les comédies musicales), et la musique.

Le Prix Pulitzer, au sens large, est l’un les plus importants au monde, chaque gagnant repartant avec 10.000 dollars ainsi qu’un certificat, sauf UNE catégorie : le prix du journalisme de Service Public. Le lauréat de cette dernière catégorie est doté une médaille en or.
Pour être éligible il faut être citoyen américain : les journalistes et les entreprises de presse méritantes doivent être américains ainsi que les écrivains, les compositeurs de musique etc…

Qui était Joseph Pulitzer ?

Photo de Joseph Pulitzer

Joseph Pulitzer

Né le 10 avril 1847 en Hongrie et mort le 29 octobre 1911 à Charleston en Caroline du Sud, Joseph Pulitzer était un journaliste américain. Il a notamment travaillé au St. Louis Post Dispatch et au New York World. Parallèlement il est devenu une figure du Parti Démocrate, luttant férocement contre la corruption, et a même été élu au Congrès. Une guerre l’a opposé pendant des années au célèbre William Randolph Hearst et son New York Journal, créant ainsi le « journalisme jaune »: ce qu’on appelle aujourd’hui le sensationnalisme.Il a également beaucoup fait pour le journalisme au sens large, insistant par exemple sur la formation des journalistes à un niveau universitaire.

En 1892 c’est lui qui demande au président de l’Université de Columbia de fonder la première école de journalisme des Etats-Unis, en lui faisant un don pour la construction du bâtiment ; devant le refus de l’université il lègue à l’institution 2.000.000 de dollars afin que son voeu se réalise après sa mort. Ce sera fait en 1912 : la Columbia University Graduate School of Journalism est née.

En 1904, Joseph Pulitzer rédige son testament et en plus de ce souhait, il appelle à la création d’un prix portant son nom, qui devait récompenser 13 catégories : 4 en journalisme, 4 en littérature, 4 en théâtre et 1 pour l’éducation. Les prix commencèrent à être remis en 1917, six ans après son décès.
Les lauréats sont désignés en Avril et c’est le président de l’université de Columbia à New York, qui décerne les prix sur recommandation du jury, composé en général de spécialistes dans chaque catégorie.

 

 

Les changements au fil des années

Evidemment depuis la mort de Pulitzer, quelques changements ont été effectués dans les catégories. La métamorphose de la presse suite à l’expansion des éditions en ligne des différents médias, a nécessité de proposer de changer un peu les règles. Le contenu en ligne est donc reconnu aujourd’hui au même niveau que le contenu papier et depuis 2009 les papiers qui ne sont que d’origine numérique ont le droit de concourir.

Le Prix Pulitzer pour la musique s’est également beaucoup développé. En 1997, le jury a récompensé une oeuvre de jazz, alors que jusque là seul le classique pouvait être récompensé.

 

Les Prix Pulitzer de la Littérature

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Revenons à la littérature, il y a donc 5 sous-catégories de Pulitzer pour ce domaine :

  • Fiction : oeuvre écrite par un auteur américain, de préférence dont le sujet porte sur la vie américaine.
  • Histoire : oeuvre documentaire traitant de l’Histoire des Etats-Unis (dans cette catégorie l’auteur peut être de nationalité étrangère tant que le livre traite des Etats-Unis).
  • Biographie ou auto-biographie : oeuvre rédigée par un auteur américain.
  • Poésie : oeuvre originale rédigée par un auteur américain.
  • Essai : oeuvre documentée, de « non-fiction » par un auteur américain n’étant pas éligible à d’autres prix dans la catégorie Littérature.

Les livres doivent avoir été publiés aux Etats-Unis d’abord, et doivent avoir été commercialisés avant la remise du prix.

C’est le prix de la Fiction qui focalise l’attention dans cette catégorie : l’an passé c’est Anthony Doerr qui a remporté le prix avec All The Light We Cannot See (« Toute la Lumière que Nous Ne Pouvons Voir« , paru en français chez Albin Michel).

Couverture de All The Light We Cannot See - Anthony DOERR

All The Light We Cannot See – Anthony DOERR (Fourth Estate)

Toute La Lumière Que Nous Ne Pouvons Voir - Anthony Doerr (Albin Michel)

Toute La Lumière Que Nous Ne Pouvons Voir – Anthony Doerr (Albin Michel)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La particularité du Pulitzer c’est qu’aucune liste de nommés ne filtre avant les résultats : on ne connaît le gagnant et la liste d’auteurs en course que lors de l’annonce finale.

Pour suivre l’annonce c’est sur le site internet ou les réseaux sociaux !

http://www.pulitzer.org
@PulitzerPrize

 

 

 

Peinture de Henri Rousseau sur un tigre surpris par une tempête dans la jungle
Articles traduits

Pourquoi aucune adaptation du « Livre de la Jungle » ne pourra jamais traduire le génie du livre original de Kipling

A l’occasion de la sortie du film, « The Jungle Book » réalisé par Jon Favreau, et développé par les studios Disney, Patrick Hennessy s’est penché pour The Telegraph sur la vie et l’oeuvre de Rudyard Kipling, trop souvent délaissée au profit du dessin animé de 1967. L’imagination brillante de Kipling ne pourra selon lui jamais vraiment être retranscrite dans les adaptations de son oeuvre. J’ai traduit l’article pour le blog, et inséré les mêmes photos. 

Traduction (libre) de l’article de Patrick Hennessey « Why no Jungle Book film can match the imaginative brilliance of Kipling’s original tales » daté du 13 avril 2016 et paru sur le site de The Telegraph.

On pourrait légitimement penser que Rudyard Kipling possède quelques détracteurs dans l’Inde moderne. Aujourd’hui célèbre, plus que célébré, surnommé le « prophète de l’impérialisme britannique« , il est facile d’imaginer que le souvenir qu’a laissé Kipling en Inde puisse être teinté, au mieux, d’une maladresse compréhensible, au pire de dédain. Le Punjab a la mémoire longue et peu ont pardonné à Kipling son soutien au Général Dyer, le Boucher d’Amritsar.

Pourtant lorsque je suis parti sur les traces du jeune auteur au Pakistan et en Inde, pour réaliser le documentaire « Kipling’s Indian Adventure« , de Lahore à travers les plaines du Punjab jusqu’aux pieds des montagnes de l’Himalaya, ainsi qu’à Shimla la résidence d’été du Raj, j’ai découvert que non seulement Kipling était très connu, mais que beaucoup de ses oeuvres étaient plutôt bien perçues, et même enseignées à l’école – bien plus qu’ici en Grande Bretagne.

Et peu importe où j’allais où à qui je parlais, l’une de ces histoires était adorée plus que toutes les autres : The Jungle Book (« Le Livre de la Jungle »).

Bien sûr ce succès doit beaucoup au dessin animé de Walt Disney sorti en 1967, la dernier film que Disney ait supervisé lui-même. Dans le Mall, la rue principale de Shimla, à l’ombre du gothique Gaiety Theatre – symbolisant sûrement l’apothéose du Raj – j’ai pu discuter de l’héritage de Kipling avec un groupe de jeunes étudiants. Et à la première mention du Livre de la Jungle, l’un d’entre eux s’est mis à siffler « Il en faut peu pour être heureux« .

Le dessin animé de Disney du Livre de la Jungle

Le Livre de la Jungle, 1967. CREDIT: DISNEY

 

C’est probablement une chance que Rudyard Kipling n’ait pas vécu assez longtemps pour constater les libertés que Disney a pu prendre avec son livre. Mais en dépit de ces divagations bien éloignées du texte original, ce film est parvenu joyeusement et obstinément, à graver l’une des plus belles créations de Kipling dans le coeur de dizaines de millions de spectateurs ; et rien que pour cela il mérite d’être applaudi. Peu importe ce que l’on peut penser des opinions politiques de Kipling, The Jungle Book (1894) et The Second Jungle Book (1895) forment l’une des plus belles oeuvres de la littérature anglaise, un conte allégorique aussi intemporel que les fables d’Aesop, ou qu’Alice au Pays des Merveilles, la fantaisie magistrale écrite par Lewis Caroll, ou encore Le Vent dans les Saules de Kenneth Grahame (1908).

Le Livre de la Jungle est une oeuvre atypique dans la carrière de Rudyard Kipling parce qu’elle n’est que pure imagination. Kipling était un spécialiste de l’observation et du souvenir ; son expérience adolescente de journaliste, l’a transformé en génie de l’analyse et de la représentation. Dans ses premiers écrits, Kipling pouvait décrire aussi précisément les nuits chaudes et étouffantes de l’ancienne cité de Lahore que les caprices des élites dirigeantes perchées dans les montagnes de Shimla, aussi rigoureusement l’impiété des baraques militaires que le désespoir séduisant de la fumerie d’opium.

Baloo et Mowgli dans le rmake du Livre de la Jungle

Baloo et Mowgli dans The Jungle Book (2016) CREDIT: DISNEY

 

Mais les « Livres de la Jungle » sont différents. Tout d’abord ce ne sont pas des compte-rendus journalistiques mais des rêveries, très différentes, donc, de ses précédents travaux. Ces livres représentent l’inquiétant conflit dans la vie et l’oeuvre de Kipling, entre la brillance imaginative et la condescendance patricienne.

Une lecture nuancée, en particulier des premiers textes de Kipling, révèle quelque chose de plus complexe que la figure réactionnaire de l’imagination populaire. Plain Tales from the Hills (« Simples contes des collines »), reflète cette ambiguité : une critique acerbe des faiblesses coloniales est soulignée par une empathie inhérente envers l’Inde. (…)¹

Neel Sethi interprète de Mowgli dans Le Livre de La jungle

Neel Sethi interprète Mowgli dans The Jungle Book (2016) CREDIT: DISNEY

 

Au premier abord, Le Livre de la Jungle restitue la jungle et ses habitants de manière respectueuse. Mais, comme les étudiants de Shimla me l’ont fait remarquer, Mowgli (nommé comme le héros d’un autre roman de Kipling, Kim) n’est pas à sa place dans la jungle ; au lieu de cela il projette une supériorité sur les animaux, qui, finalement jure, lorsque la fière panthère et le puissant ours se soumettent au petit d’homme.

Dans tous les contes qui se déroulent dans la jungle, on entend parler de la Loi de la Jungle, un code de la raison et de la noblesse qui selon certains critiques serait devenu la philosophie de vie de Kipling, à son petit niveau : le travail est récompensé, les plus âgés sont respectés, le courage et l’humilité sont les maîtres-mots et l’individu doit se subordonner à la meute. Il est clair dans le Livre de la Jungle que les animaux qui obéissent à la « Loi » sont supérieurs à ceux qui ne s’y soumettent pas ; il est difficile de ne pas y voir un parallèle gênant entre l’exclusion, par Kipling, de l’Homme-Singe qui vit en dehors de la « Loi », et le rejet de tous ceux qui voulaient secouer le joug de l’Empire britannique, que ce soit en Irlande, en Afrique du Sud ou en Inde.

Shere Kahn dans Le livre de la Jungle 2016

Shere Khan dans The Jungle Book (2016) CREDIT: DISNEY

 

Kipling a longtemps suggéré que le Livre de la Jungle avait été partiellement inspiré par une histoire oubliée, celle d’un chasseur de lions qui finit par vivre avec eux; le chasseur se bat ensuite aux côtés des lions contre de méchants babouins.
Bien que le jeune Kipling ait expliqué avoir piqué le symbole des lions au « Boy’s Own paper » (ndlr : journal créé au 19ème siècle destiné aux enfants), ils sont devenus une métaphore puissante pour illustrer sa politique impériale.

En fait Kipling a écrit Le Livre de la Jungle dans un lieu aussi éloigné que possible du monde de Mowgli, à l’université de Bliss à Brattleboro, dans le Vermont aux Etats-Unis. Il s’agit de la première maison de Kipling alors jeune marié, construite sur la vallée de la rivière du Connecticut où « de décembre à avril, la neige se dépose aux rebords des fenêtres ». Kipling a attribué son inspiration littéraire à son « démon », une sorte d’impulsion créative involontaire, mais l’éloignement géographique a semblé joué dans la libération de son imagination. Pendant l’écriture du Livre de la Jungle, Kipling a confié à un journaliste avoir rassemblé tout ce qu’il a pu « entendre ou rêver à propos de la jungle indienne », en y mettant un soupçon de merveilleux.


Photo du remake du Livre de la Jungle 2016

The Jungle Book 2016 CREDIT: DISNEY

 

L’ambition rétive de ses sept ans de formation en Inde et son insatisfaction après son séjour à Londres, laissèrent place au bonheur familial. La première fille de Kipling, Josephine naît en 1892,alors qu’il commence juste à travailler sur l’histoire de Mowgli; sa deuxième fille, Elsie, vient au monde en 1896, juste après la parution du Second Livre de la Jungle. En 2010, une inscription manuscrite non signée a refait surface, rédigée soi-disant de la main de Kipling, dédiant le Livre de la Jungle à Joséphine, « pour qui il a été écrit par son père ».

Il est impossible de ne pas voir dans le Livre de la Jungle, une innocence joyeuse, que Kipling perdit lorsque Joséphine mourut cinq ans plus tard d’une pneumonie, une tragédie qui aiguisa sa désillusion à l’égard de la Guerre des Boers. S’ensuivit une autre catastrophe, la Première Guerre Mondiale, dans laquelle il perdit son fils, John. Elsie, sa seconde fille, racontait qu’il avait pris l’habitude de réciter des passages du Livre de la Jungle aux enfants, les lumières éteintes dans une chambre semi-obscure; lorsque Kipling écrit en 1920 que « la douleur devient plus forte lorsque la paix arrive car l’on pense alors à ce qui aurait pu être », il est poignant de constater que la génération sacrifiée fut celle des enfants pour lesquels il avait écrit ces histoires.

Le Roi Louie dans le remake du Livre de la Jungle 2016

King Louie, dans The Jungle Book (2016) CREDIT: DISNEY

 

Kipling se retrouve aujourd’hui revalorisé, et même peut-être redevient-il à la mode. Dans son excellente biographie, Kipling Sahib (2008), Charles Allen – l’arrière petit-fils du magnat de la presse Sir George Allen, qui prit sous son aile l’adolescent Kipling, journaliste débutant – attire l’attention sur « Ruddy », l’adolescent transgressif, qui ricanait devant les prétentions coloniales de ses aînés à Lahore, et Shimla et qui s’est immergé dans la culture autochtone Indienne bien plus que tous ses contemporains. En 2008 cette même année, le jour du Dimanche du Souvenir, la BBC a diffusé une adaptation de la bienveillante pièce My Boy Jack, (« Mon fils Jack) » qui traite de la mort du fils de Kipling en 1915, en son premier jour de combat.

Aujourd’hui le remake de Disney du Livre de la Jungle – qui sera suivi en 2018 par une adaptation de la Warner Bros : Jungle Book: Origins – ,  dans une éblouissante version en 3D, va pouvoir faire découvrir Kipling, à une nouvelle génération.
Que ces nouveaux films arrivent à retranscrire ou non la chaleur et l’humour du dessin animé original, peu importe, il suffit de se replonger sérieusement dans la version originale du livre de Kipling pour découvrir un véritable chef d’oeuvre.

¹ : Je me suis permise de couper cette petite partie qui rapporte des extraits d’une nouvelle « Beyond the Pale » que je ne veux pas m’aventurer à traduire, l’article étant compréhensible et gardant tout son sens, sans.

Sourcehttp://www.telegraph.co.uk/books/what-to-read/why-no-jungle-book-film-can-match-the-imaginative-brilliance-of/

Vivien Leigh (as Titania) dans "A Midsummer Night’s Dream"
Articles traduits

Être une femme et jouer Shakespeare dans l’Angleterre du 17ème siècle

Si vous passez par Londres, en bon fan de littérature, vous devez allez voir l’exposition « Shakespeare In Ten Acts » qui s’ouvre demain, 15 avril, et se tiendra jusqu’au 6 septembre, à l’occasion des 400 ans de la mort du dramaturge.
L’exposition est à la British Library (forcément) et elle survole 400 ans et plus d’histoire Shakespearienne : des premières productions sur scène aux adaptations les plus récentes. On y trouve des costumes, des manuscrits, des livres etc…
Et on y parle notamment de la libération des actrices, qui à l’époque n’avaient pas le droit de jouer les personnages féminins sur scène. 

Le Guardian (plus précisément son supplément du dimanche, The Observer) nous raconte comment les comédiennes se sont émancipées et ont réussi à s’imposer sur scène au 17ème siècle.

Traduction (libre) de l’article de Vanessa Thorpe « Secret lives of women who broke taboo to act in Shakespeare », daté du Dimanche 10 avril 2016, paru dans The Observer.

Will Kempe, Richard Burbage, et David Garrick, grandes figures du théâtre élisabéthain , n’ont jamais réussi à graver leurs noms dans le marbre, mais ils ont conservé jusqu’à aujourd’hui une jolie réputation sur les planches.
Mais qu’en est-il des actrices qui ont joué à leurs côtés ? Leurs noms ainsi que leurs réputations, ont été complètement oubliés.

Jusqu’en 1660, les rôles féminins dans les pièces de Shakespeare étaient majoritairement interprétés par de jeunes garçons ou de jeunes hommes. Mais de nouvelles recherches menées par la British Library ont révélé les détails des carrières de quelques-unes de ces actrices, qui ont osé joué des personnages shakespeariens sur scène, en dépit des interdictions et des préjugés.

Taxées à l’époque de prostituées, ou au mieux, de jolies diversions, ces six ou sept grandes actrices ont dû se battre pour se faire une place au sein de compagnies exclusivement masculines. Tout en repoussant régulièrement les avances des riches spectateurs, prêts à payer de petits extras pour assister aux changements de costume…

La British Library détient d’ailleurs une copie d’un incroyable prologue, destiné à l’époque, à avertir le public de la présence d’une réelle actrice sur scène un soir de représentation. Pour la première fois une véritable femme va jouer Desdemona dans Othello.
Ecrit par l’acteur et poète Thomas Jordan, à l’hiver 1660, le prologue promet que cette actrice est  « loin d’être ce que l’on peut appeler une prostituée, en Desdémone blessée par le Maure ».

Ces mots, originellement prononcés devant le public sur la scène du théâtre Vere Street à Lincoln’s Inn, avec d’autres documents très rares, composent  le cœur de l’exposition « Shakespeare In Ten Acts », qui célèbre les 400 ans de la mort de l’écrivain. Le prologue de Jordan souligne la puissance sexuelle de ce moment historique, tout en essayant de diminuer son importance :

 «I come unknown to any of the rest,

to tell you news, I saw the Lady dress’t,

the woman plays to day, mistake me not,

No man in Gown, or Page in Petty-coat,

A woman to my knowledge, yet I cann’t

(If I shoud dye), make affidavit on’t.»

On pourra également voir dans cette exposition, une copie originale de la proclamation royale datée de 1662, ayant permis aux femmes d’apparaître sur une scène professionnelle. Depuis 1647, une ordonnance puritaine avait complètement interdit les représentations théâtrales, mais treize ans plus tard, deux troupes, l’une dirigée par William Davanant, l’autre par Thomas Killigrew, obtiennent l’autorisation de se produire sur scène.
C’est deux ans après, que Charles II, grand fan de théâtre, décrète officiellement que « tous les rôles féminins mis en scène par l’une de ces deux troupes pourront être interprétés par des femmes ».

C’est la compagnie de Killigrew qui choisit de mettre en scène Othello en cet hiver 1660 ; la commissaire de l’exposition Zoë Wilcox, pense savoir quelle est l’identité de l’actrice qui a joué ce fameux premier rôle féminin, bien qu’une note gribouillée sur le prologue, suggère qu’il aurait pu s’agir d’une certaine Mademoiselle Morris. « Il y a très peu de preuves écrites, mais on pense qu’il s’agissait d’une certaine Ann Marshall. C’est ce qui semble le plus logique ,» dit-elle.

Ann Marshall, connue aussi sous le nom de Mademoiselle Quin, devint une star du théâtre, tout comme sa sœur, Rebecca.
Pendant un temps on a cru que la première Desdemona féminine avait été jouée par Margaret Hughes, une actrice qui finira par rejoindre la troupe originale du Théâtre Royal de Drury Lane, et connaîtra une grande carrière ; elle deviendra également la maîtresse du Prince Rupert, un cousin de Charles II.

Margaret Hughes, l'une des premières actrices à avoir fait carrière au 17ème siècle. Photo : Kean Collection/Getty Images.

Margaret Hughes, l’une des premières actrices à avoir fait carrière au 17ème siècle. Photo : Kean Collection/Getty Images.

Parmi les autres grandes actrices qui osèrent passer le pas, on trouve également Ann Barry et Mary Saunderson (ou Mademoiselle Betterton), la première à avoir interprété Juliette dans Roméo et Juliette et Lady Mcbeth.

Mais ces nouvelles stars provoquèrent de violentes réactions. Le 3 janvier 1661, après une représentation de The Beggars’ Bush par la troupe de Killigrew, Pepys écrivit : « c’est la première fois que je vois des femmes arriver sur scène. »
Durant plusieurs années, ces femmes ont plus été perçues comme des objets de curiosité pour des fans voyeuristes, qui prenaient une pièce de théâtre pour un peep show.

L’exposition propose également de découvrir les pages d’un journal, le Female Tatler, qui déplorait alors une nouvelle mode : les hommes venaient au théâtre et demandaient à s’asseoir dans les coulisses pour regarder les actrices mettre leurs costumes, au lieu de regarder la pièce dans la salle.
Le travestissement ne manqua pas de provoquer certains frissons sexuels parmi les spectateurs, et ces changements ont entraîné une moralisation de la société. Lorsque la délinquante (ndlr : pickpocket) Moll Cutpurse (de son vrai nom Mary Frith), la fameuse « Roaring Girl » londonienne qui avait l’habitude de s’habiller en homme, est devenue le sujet d’une pièce populaire et est apparue sur scène afin de promouvoir le spectacle, elle fut arrêté pour indécence.

De même, Edward Kynaston, un acteur qui avait continué d’interpréter des femmes malgré tout, développa un très grand attrait parmi les hommes et les femmes. « Ses riches admiratrices féminines sortaient avec lui régulièrement rien que pour se promener publiquement à ses côtés, alors qu’il était encore en costume shakespearien » raconte Zoë Wilcox.


Maxine Peake et Dame Harriet Walter , deux actrices contemporaines ayant joué des rôles shakespeariens masculins dans des productions récentes, témoignent pour cette cette exposition, dans des interviews vidéo . Les deux  comédiennes soulignent le travestissement et la fluidité de l’interversion des genres qui ont toujours existé dans les pièces du dramaturge.
« Evidemment, je connaissais l’histoire des gens qui jouaient Hamlet au temps de Ellen Terry , et Sarah Bernhardt », a déclaré Harriet Walter , qui a joué Brutus dans Jules César au sein d’un casting entièrement féminin au Donmar Warehouse à Londres . « Mais il y avait beaucoup plus… il y avait bien plus d’actrices jouant des rôles masculins, que ce que nous en savons aujourd’hui. Alors telle est la question : pourquoi n’a-t-on pas plus écrit là-dessus? ».

Source : http://www.theguardian.com/culture/2016/apr/10/secret-lives-of-women-shakespeare

 
News, Prix

Baileys Women’s Prize For Fiction : la shortlist.

Nous ne connaissons pas très bien les prix littéraires anglo-saxons ici en France, ils sont pourtant très reconnus et souvent attribués à des auteurs très talentueux.
Après la shortlist de l’International Dylan Thomas Prize, dont je vous parlais la semaine dernière, c’est le Baileys Women’s Prize For Fiction qui a annoncé sa dernière liste d’écrivains en compétition avant la remise du prix, le 8 juin prochain.
Et comme le nom du prix l’indique il ne s’agit que de femmes, chez les nommées comme dans le jury !

Baileys Women's Prize for Fiction 2016 - le Jury

Baileys Women’s Prize for Fiction 2016 – Jury

 

Qu’est-ce que le Baileys Women’s Prize For Fiction ?

Le Baileys Women’s Prize For Fiction récompense chaque année la meilleure oeuvre de fiction, par une femme, rédigée en anglais, dans le monde.
L’histoire de la création du prix remonte à 1992, lorsqu’un groupe de journalistes, libraires, et critiques littéraires ont remarqué que l’année précédente le prestigieux Man Booker Prize n’avait gardé aucune femme dans sa shortlist.
Encore mieux, ils ont réalisé que seulement 10 pour cent de femmes faisaient partie des shortlists pour le Booker Prize, depuis sa création !
Le prix a donc été créé et lancé en 1996. Il s’est d’abord appelé le « Orange Prize for Fiction » et a été attribué pour sa première édition à Helen Dunmore pour A Spell of Winter.
Il change ensuite de nom en 2013, lorsque les fondateurs du prix décident d’avoir recours à des fonds privés, et devient le « Women’s Prize For Fiction ».
Un an après BAILEYS devient le sponsor officiel du prix et depuis il porte le nom du Baileys Women’s prize for Fiction.

Parmi ses lauréates on peut citer : Carol Shields (1998) Chimamanda Ngozi Adichie (2007), Marilynne Robinson (2009).
La gagnante de l’année dernière était Ali Smith pour How To Be Both.

Couverture du livre How To be Both par Ali Smith

How To Be Both by Ali Smith – Winner of the 2015’s Baileys Women’s Prize For Fiction

 

La Shortlist 2016

Baileys Women's Prize for Fiction 2016 - Shortlist

Baileys Women’s Prize for Fiction 2016 – Shortlist

 

  • The Green Road by Anne Enright (Vintage Publishing)

Les enfants de Rosaleen Madigan, tous expatriés, reviennent en Irlande lorsque leur mère leur annonce qu’elle veut vendre la maison de famille. Ils se retrouvent tous alors pour un dernier Noel dans le bien familial, chacun avec leur vie, leurs griefs les uns contre les autres et surtout contre leur mère qui ne les a jamais épargnés…

Anne Enright est un auteur irlandais lauréate du Man Booker Prize 2007 pour The Gathering. Elle a déjà obtenu plusieurs prix avec The Green Road sorti en mai dernier chez Vintage Publishing.

The Green Road par Anne Enright

The Green Road by Anne Enright

 

  • The Improbability Of Love by Hannah Rothschild (Bloomsbury Publishing PLC)

Lorsqu’Annie McDee tombe sur une affreuse peinture en cherchant un cadeau pour un homme peu recommandable elle ne se rend pas compte de l’importance de sa découverte.
Elle se retrouve propulsée malgré elle dans la vie artistique londonienne, au milieu de riches oligarques russes, d’acheteurs désespérés et d’escrocs qui veulent tous mettre la main sur son tableau-un chef d’oeuvre du 18ème siècle qui a pour titre « The Improbability of Love ».
A force d’enquêter sur l’origine de son tableau, Annie va non seulement découvrir la liste des prestigieux anciens propriétaires, mais aussi de sombres secrets de l’Histoire européenne. Le long chemin qu’elle emprunte va également lui redonner envie de tomber amoureuse…

C’est le 1er livre d’Hannah Rothschild, philanthrope et réalisatrice britannique. Elle connaît son sujet puisqu’en août 2015, elle est devenue présidente du conseil d’administration de la National Gallery à Londres. c’est la première femme à accéder à ce poste prestigieux. Cela faisait 25 ans qu’elle travaillait à ce premier roman, salué par la critique.

The Improbability Of Couverture de The Improbability Of Love by Hannah Rothschild

The Improbability Of Love by Hannah Rothschild

 

  • A Little Life by Hanya Yanagihara (Pan Macmillan)

Willem, JB, Malcolm et Jude quatre amis qui se sont connus à l’université dans le Massachusetts s’installent ensemble à New York afin de trouver un job.
Au fil des années, leurs relations deviennent plus compliquées, tendues par le succès et l’orgueil. Bientôt c’est Jude qui va leur poser problème, devenu un avocat très talentueux mais un homme brisé et dépressif, traumatisé par une enfance affreuse dont il pense qu’elle va le hanter pour toujours.

Ce livre assez long et décrit comme dépressif par beaucoup de lecteurs est pourtant devenu l’un des best-sellers de l’année en 2015! Toutes les critiques sont unanimes pour louer les qualités littéraires de l’auteur américaine dont c’est le 2ème livre. Elle arrive à dépeindre avec émotion les relations humaines, les limites de l’amitié, le masochisme et la souffrance. Mais aussi la réussite et l’ascension professionnelle.

Couverture de A Little Life by Hanya Yanagihara

A Little Life by Hanya Yanagihara

 

  • The Glorious Heresies by Lisa McInerney (John Murray General Publishing Division)

Un meurtre va affecter la vie de cinq marginaux en Irlande.
Ryan, 15 ans, est un dealer qui ne veut pas mal tourner comme son alcoolique de père, dont l’obsession pour son voisin détraqué menace de ruiner sa famille.
Georgie est une prostituée dont la volonté de se convertir va avoir de dangereuses répercussions.
Maureen, la meurtrière accidentelle, revient à Cork après 40 ans d’exil et découvre que son fils Jimmy est devenu l’un des plus grands gangsters de la ville.
En cherchant l’expiation pour son crime, Maureen menace de détruire tout ce pour quoi son fils a travaillé, tandis que ses actions risquent de donner un coup de projecteur à la pègre irlandaise.

The Glorious Heresies a été nommé Livre de l’année par The Irish Times, Sunday Independent et le Sunday Business Post en 2015 et est apparu sur la liste de plusieurs prix cette année.

Il s’agit du premier roman de Lisa McInerney écrivain irlandais, qui s’est fait connaître en tenant un blog sur la classe ouvrière.

The Glorious Heresies by Lisa McInerney

The Glorious Heresies by Lisa McInerney

 

  • Ruby by Cynthia Bond (Hodder & Stoughton General Division)

Ephram Jennings n’a jamais oublié la jolie fille aux longues tresses qui courait à travers les bois de Liberty, leur petite ville d’enfance du Texas profond. Pour Ruby Bell, Liberty n’était qu’un lieu de violence et d’abus qu’elle a fui pour le New York glamour des 50’s. Des années plus tard, de retour chez elle, Ruby 30 ans doit faire face à nouveau au racisme de son enfance et à la haine de toute une ville. Témoin de cet acharnement, Ephram doit choisir entre la loyauté à sa soeur qui l’a élevé, et l’amour de la femme qu’il aime depuis tout petit.

Comparée à Toni Morrison et louée par Oprah Winfrey, Cynthia Bond dénonce ici le racisme ordinaire d’une petite ville du sud des Etats-Unis et arrive à parler d’amour et de religion dans un contexte violent et sordide. Peut-on échapper à son destin ?

Couverture pour Ruby de Cynthia Bond

Ruby by Cynthia Bond

A noter, le livre est paru en France, sous le même titre, traduit de l’anglais par Laurence Kiefé, aux éditions Christian Bourgois.

 

  • The Portable Veblen by Elizabeth McKenzie (HarperCollins)

Veblen est une anti-consumériste convaincue. Elle est passionnée, enthousiaste, traductrice amateur de Norvégien, et elle croit fermement que l’écureuil gris qui la suit partout peut comprendre plus de choses qu’il n’y paraît.

Son fiancé Paul est un neuro-scientifique, fils de hippies, qui n’a pas trop le temps pour les écureuils. Ses travaux récents l’ont rapproché de Cloris Hutmacher, une sacrée séductrice, héritière d’un empire pharmaceutique, promise à la gloire et au succès grâce à un sombre contrat la liant au Secrétariat de la Défense. Tout va alors se compliquer…

Il s’agit du 2ème roman de l’américaine Elisabeth McKenzie, dont la lecture s’avère, pour les critiques, agréable et amusante. Un roman sur les familles dysfonctionnelles et surtout l’engagement et le mariage.

The Portable Veblen by Elizabeth McKenzie

The Portable Veblen by Elizabeth McKenzie

 

 

Hop sur la pile !

Peut-on trouver plus jolie que cette édition de Peter Pan ?

Je crois que je sais ce que je vais lire ce week-end…

Aujourd’hui je suis tombée complètement par hasard, sur cette édition de PETER PAN :

Couverture de Peter Pan by J.M Barrie (Penguin - Puffin Books)

Peter Pan by J.M Barrie (Penguin – Puffin Books)

 

Je crois que c’est le plus joli livre de poche que j’ai jamais vu !

Il est tout mignon, avec sa couverture à l’ancienne et ses pages faussement râpées.

Peter Pan by J.M Barrie (Penguin - Puffin Books)

Peter Pan by J.M Barrie (Penguin – Puffin Books)

Je ne connaissais pas du tout cette collection de chez Penguin US. Le livre fait apparemment partie de la série Puffin Chalks, qui ne compte que quelques titres pour l’instant comme “Alice au Pays des Merveilles” ou “Le Magicien d’Oz”.

Dommage qu’il n’y en ait pas plus, car ils sont vraiment irrésistibles !

Je n’ai jamais lu Peter Pan, comme beaucoup d’autres sûrement qui se sont contentés du dessin animé de Walt Disney. Alors c’est l’occasion je vais rattraper mon retard !

Et comme dirait J.M Barrie…

Peter Pan by J.M Barrie (Penguin - Puffin Books)

Peter Pan by J.M Barrie (Penguin – Puffin Books)

 

Hop sur la pile !

Hop Sur La Pile #1

Il y a quelques jours j’ai commandé ces trois livres et je les attends avec impatience ! La prochaine chronique sera peut-être sur l’un de ceux-là.

  • “The Little Red Chairs” par Edna O’Brien (Faber & Faber) 320p.
  • “The Long Shadow Of Small Ghosts” par Laura Tillman (Scribner) 256p.
  • “The Year of the Runaways” par Sunjeev Sahota (Picador) 480p.

 

« The Little Red Chairs« 

Le dernier et 24ème livre d’Edna O’Brien était très attendu, le précédent remontant à plus de dix ans. L’auteur, d’origine irlandaise, s’est inspiré du personnage de Radovan Karadzic, le Boucher des Balkans, pour nous parler du mal et de la fascination qu’il exerce sur l’Homme.

The Little Red Chairs by Edna O' Brien (Faber & Faber)

The Little Red Chairs by Edna O’ Brien (Faber & Faber)

Plot

Vlad, un soi-disant guérisseur venu tout droit d’Europe de l’Est, s’installe dans un village irlandais et au fil des jours suscite la fascination des habitants. Une femme en particulier, Fidelma, s’amourache du « docteur ». Mais tout s’écroule lorsque l’homme est arrêté : il n’est pas guérisseur mais criminel de guerre. Direction donc La Haye et son Tribunal, où il sera non seulement confronté à ses crimes mais aussi à Fidelma qui a traversé l’Europe pour le retrouver.

Il va sans dire que chaque livre d’Edna O’Brien se doit d’être lu, donc sans même savoir ce que je peux en attendre je l’ai commandé et j’espère le lire vite. Les critiques sont plutôt élogieuses et le sujet semble prenant donc… à voir !

 

« The Long Shadow Of Small Ghosts« 

Il s’agit du 1er livre de Laura Tillman, (@latillman) journaliste originaire du New jersey, ayant travaillé pour The New York Times, The Wall Street Journal, ou The Nation  entre autres.

The Long Shadow Of Small Ghosts

The Long Shadow Of Small Ghosts by Laura Tillman (Scribner)

Plot

Le 11 mars 2003, à Brownsville au Texas (l’une des villes les plus pauvres des Etats-Unis), un couple assassine ses trois jeunes enfants. A la suite de cet horrible fait divers, certains voisins décident qu’il faut détruire l’immeuble où a eu lieu le crime, le décrivant comme un immeuble hanté. Cinq ans plus tard Laura Tillman couvre l’histoire pour le journal local et se pose cette question : peut-on parler d’ « immeuble du mal » ? Son enquête va la mener bien plus loin que cette simple question.  Ses recherches vont l’emmener sur les traces de cette famille dysfonctionnelle, et la faire s’interroger sur les effets à long terme d’un crime sur toute une communauté. Une fois que les reporters et le chagrin détalent, que reste-t-il du fait divers et de ses conséquences ?

J’ai beaucoup vu passer ce livre dans les articles résumant les sorties du mois et les livres à lire absolument et son sujet m’a intrigué. Je ne suis pas absolument sûre que ce crime affreux possède un très grand intérêt littéraire, du moins sur 250 pages, mais l’angle me plaît bien et le travail journalistique de Laura Tillman semble très abouti. La qualité littéraire demeure un mystère, mais je l’ai mis dans mon panier et je l’attends avec impatience !

« The Year of the Runaways« 

Le 2ème roman de Sunjeev Sahota sorti il y a 6 mois a déjà été sélectionné pour plusieurs prix littéraires dont le Man Booker Prize 2015 (raté de peu), et l’International Dylan Thomas Prize 2016,(IDTP, la shortlist 2016) et c’est ce qui a attiré mon attention.

Book cover of The year of The Runaways by Sunjeev Sahota

« The year Of The Runaways » by Sunjeev Sahota (Picador)

Plot

Le livre raconte l’histoire d’une indo-britannique et de trois jeunes indiens immigrés en Angleterre, la façon dont ils y sont arrivés, les raisons qui les y ont amenés et la manière dont ils vont survivre. Colocataires dans une maison à Sheffield où vivent treize personnes expatriées comme eux et cherchant à s’en sortir, les trois hommes se battent pour se faire une place dans leur pays d’accueil, tout en faisant face à la violence, au racisme et au système de castes qui a émigré avec eux.

Le roman est plus que jamais d’actualité, et Sunjeev Sahota est maintenant un habitué de ce genre de thèmes puisqu’il s’est fait connaître en Grande-Bretagne en traitant d’un autre sujet brûlant : le terrorisme.

Son 1er roman « Ours Are the Streets » inspiré par les attentats du 7 juillets 2005 à Londres, a remporté le prix Granta en 2013 qui récompense les meilleurs jeunes auteurs britanniques.

Toutes les critiques que j’ai pu lire pour l’instant encensent l’ouvrage, mais elles précisent bien qu’il faut s’accrocher les cent premières pages… Je vous tiens au courant !

 

 

 

 

 

News

Un manuscrit de Sherlock Holmes estimé à 375.000 Euros

Le brouillon de la nouvelle « The Case of the Greek Interpreter« , rédigée par Sir Arthur Conan Doyle en 1893 pourrait atteindre les 375.000 euros, lors d’une vente aux enchères chez Bonhams le 11 avril prochain à New York.

Cette histoire dans laquelle on rencontre pour la première fois le frère de Sherlock Holmes, Mycroft, a été publiée à sa sortie par The Strand Magazine ou encore Harper’s Weekly. Elle fait également partie des douze histoires publiées sous le titre « The Memoirs of Sherlock Holmes« .

Photo du manuscrit de Conan Doyle pour l'aventure de Sherlock Holmes, "The adventure of the Greek Interpreter"

Manuscript for Conan Doyle’s The Adventure of the Greek Interpreter

 

Au sein de cette vente on trouvera également plusieurs autres feuillets signés de la main du papa de Sherlock Holmes comme un extrait de « The Hound of The Baskervilles » la plus célèbre des histoires du détective anglais. Une page d’autant plus précieuse qu’elle serait l’un des seules feuilles restantes du manuscrit original du livre. Les autres ayant été volées ou dispersées lors de l’opération de promotion du roman. Elle est estimée entre 87.000 et 137.000 euros.  Cette page possède encore plus de valeur aux yeux des collectionneurs puisqu’elle relate une conversation entre Holmes et Watson à propos de l’affaire.

 

Cette vente aux enchères intitulée  « Fine Literature » proposera également des manuscrits de Jack Kerouac, de Jack London ou Henry Miller.